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Gouvernement : le coup raté

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Michel Menga m’Essone, Jean de Dieu Moukagni Iwangou, et David Mbadinga apparaissent comme le fretin attrapé la semaine dernière dans le marigot de l’opposition gabonaise. Menu, le fretin, même si Moukagni a finalement dit oui. L’immanquable quotidien « l’Union » s’est offert une « une » de circonstance pour son week-end : « Gouvernement Issoze Ngondet III : OUVERT A L’OPPOSITION ».

Au moins les choses s’éclaircissent, Patrick Eyogo, Jonathan Ntoutoume, Carmen Ndaot, Biendi Maganga Moussavou ne feraient donc pas partie de l’opposition. Souligné par le journal de Lin Joël Ndembet, qui, comme la Cour de Pise, penche toujours du même côté, il y a fort à parier qu’il doit dire certainement tout haut ce que Ali Bongo pense tout bas. Et, si tel est le cas, que font alors DN, le PDS, et le PSD dans le camp de l’opposition au niveau du CGE ? Par ailleurs, on peut être saisi par le doute quant au rôle finalement joué par Michel Menga et David Mbadinga, membres à part entière du collège électoral composé pour la commission ad hoc chargée de mettre en place le bureau du Centre Gabonais des Elections, tout au long du vote qui a propulsé Bibalou Koumba à la présidence du CGE.

En tous cas, le feuilleton que les Gabonais vivent depuis la décision de la Cour constitutionnelle de dissoudre l’Assemblée nationale et de démissionner le gouvernement indiquent que, pour Ali Bongo et son équipe, il est surtout question de faire la démonstration que le pouvoir parvient, malgré vents et marées, et à contre-courant d’une communauté internationale, et surtout européenne, à sortir peu à peu le pays d’une crise analysée comme telle par tout le monde.

Mais, au bout du compte, si le démenti de Kévin Nzigou et la déclaration de RHM se confirment, le fretin sera bien menu. Bien avant la prestation de serment et le premier conseil des ministres d’Issoze III, le jeune avocat, vice-président du parti – l’US – présidé par Jean de Dieu Moukagni Iwangou, avait été joint au téléphone par la rédaction de Gabon Media Time. Un extrait de cette conversation a été retranscrite dans un article intitulé « Moukagni Iwangou déclinerait à nouveau sa nomination au Gouvernement ! » paru le 4 mai 2018 sur gabonmédiatime.com sous la plume d’Henriette Lembet

Sûr de lui, Kévin Nzigou, sans hésiter confirme la position du président de l’US. « L’Union et Solidarité ne peut intégrer le gouvernement d’un système à l’agonie composant la cour du Roi Bongo avec la modification constitutionnelle intervenue le 30 avril par la cour constitutionnelle ».  Mais, déjà, notre confrère poursuit : « Une autre source proche du président de l’US également jointe par notre rédaction affirme cependant que Moukagni Iwangou ne déclinera pas cette nomination. «Sa décision a été prise au terme de plusieurs consultations de personnalités de son bord politique», confie-t-elle….La présidence de la République quant à elle, se disait surprise par cette annonce et rassurait qu’il n’y aurait pas de défection de la part du président de l’Union et Solidarité, qui a une nouvelle «confirmé» qu’il sera présent à la prestation de serment… » lundi et au conseil des ministres qui s’est tenu mardi dernier. De son côté, au Rassemblement Héritage&Modernité, on constate : « Suite à l’annonce de la composition du Gouvernement, en date du 04 mai 2018, …que Monsieur Michel MENGA M’ESSONE, Secrétaire Général de notre formation politique a été nommé aux fonctions de Ministre d’Etat, ministre de l’Habitat…le RHM prend acte de la décision du susmentionné et porte à la connaissance de tous que notre parti rejette toute participation à un quelconque gouvernement formé et dirigé par Ali BONGO…C’est donc à titre personnel que Monsieur Michel MENGA M’ESSONE fait son entrée au Gouvernement. Sa décision n’engage pas le RHM. Aussi, en application des dispositions de l’article 132 de nos Statuts et en attendant l’application des dispositions subséquentes, Monsieur Michel MENGA M’ESSONE ne peut plus assumer les fonctions de Secrétaire Général du RHM. »

 Quant à David Mbadinga, nommé ministre du Commerce, ce vendredi 4 mai 2018, dans le gouvernement Issoze Ngondet III, le président d’une des branches de l’Union des patriotes gabonais loyalistes (UPG-L), joint au téléphone par Gabonactu.com, a dit sa satisfaction d’avoir été nommé ministre du Commerce.

La pêche n’a pas vraiment été miraculeuse. Au total trois « opposants » dont deux qui se heurtent déjà à des voix discordantes au sein de leur propre parti, et un troisième qui est loin d’avoir terminé sa phase d’implantation dans le pays. Demeurent en dehors de ce gouvernement les partis des deux principaux candidats, Oye Mba de l’Union nationale et Guy Nzouba Ndama de « Les Démocrates », qui ont permis la conclusion de l’accord du 16 août 2016 au Rond-Point de Nkembo qui a proclamé la candidature unique de l’opposition à la dernière présidentielle.

Nous ne parlons même pas de Jean Ping dont la présence ou celle d’un des siens dans ce gouvernement aurait, tout à l’avantage de BOA, clos, pour un certain temps, au moins jusqu’en 2023, le débat gabono-européen sur la crise électorale et postélectorale gabonaise. Il est bien loin d’être clos.

BOA doit bien se faire à l’idée que, même si Jean de Dieu Moukagni Iwangou a finalement prêté serment aux côtés de Michel Menga m’Essone et de David Mbadinga, il aura raté son coup. Déjà, aux dires de son propre camp, DN, le PDS, le PSD ne représentent pas, à leurs yeux, l’opposition. En outre, dans les « 41 », aucune prise significative. L’essentiel du banc a donc contourné le filet. Jusqu’à quand ? C’est vrai, c’est une très bonne question.

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