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Gabon : Vous avez dit unité ?

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Cocobeach hier première étape de l'Estuaire/©DR

Entamée, il y a plusieurs semaines par  la province du Haut-Ogooué, la tournée du Directeur de cabinet d’Ali Bongo, a connu son épilogue le week-end dernier, au stade de Nzeng Ayong, dans le sixième arrondissement de Libreville, avec une surprise de taille : la présence, en ces lieux, du chef de l’Etat, himself,  Ali Bongo Ondimba.

 Ce qu’on peut retenir du message, c’est l’unité des filles et fils du pays, afin de développer le Gabon qui unit tous ses enfants. Un message contrasté juste à la fin de cette tournée par l’exclusion du gouvernement d’un soutien de taille d’Ali Bongo, en la personne d’Arnaud Engandji, le désormais ancien ministre de l’Equipement des Infrastructures et des Travaux publics, muté la veille au ministère de la Décentralisation, puis finalement viré. L’ancien patron de Gabon Oil Compagny (COG)  a-t-il  boudé pour être aussi vite ‘’bougé’’ ? Nul ne le sait.

Au regard de cette exclusion qui a coïncidé avec la fin de la tournée de Brice Laccruche Alihanga, on est en droit de s’interroger sur l’unité prônée par le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat. Une unité qui a longtemps fait défaut, depuis l’accession d’Ali Bongo à la magistrature suprême, en 2009. Où le ‘’Tsun’Ali’’ n’avait pas épargné tous ceux et toutes celles qui ont soutenu, ou soupçonné d’être proche à un candidat autre qu’Ali Bongo. Une véritable chasse à l’homme avait été effectuée à l’encontre de ces Gabonais qui ont naïvement cru être dans une démocratie où chacun est libre de choisir son camp politique et où le Chef de l’Etat est le Président de tous les Gabonais, quel que soit le camp politique.

Une situation que le dialogue politique d’Angondjé, convoqué par Ali Bongo, n’a réellement pas trouvée d’issue. Les préalables posés par l’opposition dite républicaine, à l’instar de la libération de quelques  prisonniers politiques, ayant été irrecevables. Dix ans donc après l’avènement d’Ali Bongo aux commandes du pays, la fracture entre les Gabonais reste toujours perceptible. L’appel à l’unité des filles et fils du Gabon ne devait-il pas se solder par un acte fort ? Si oui, lequel.

Au Cameroun voisin, pour ne prendre que cet exemple, le dialogue politique de seulement cinq jours, a suffi pour que 333 prisonniers politiques sortent de prison après neuf mois de détention. Au Gabon, le dialogue d’un mois a conservé les prisonniers dans les geôles. Quid des effets palpables de la récente tournée de BLA ? Wait and see.

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