Accueil Politique Gabon : Quelle presse de l’opposition ?

Gabon : Quelle presse de l’opposition ?

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Le sujet est d’actualité ces derniers temps, suite aux tracasseries juridico administratives dont font face les entreprises de presse privées, surtout, celles dont les lignes éditoriales ne caressent pas forcément dans le sens du poil. Pour la clameur publique, cette presse est systématiquement suspendue parce qu’elle est de l’opposition. Il est vrai que la fréquence des sanctions et suspensions de la Haute autorité de la communication (HAC) donne cette impression.

Du côté des autorités politico administratives du pays, même au plus haut niveau, cette image de la presse de l’opposition accolée à cette catégorie des médias reste intacte. Sans que personne ne précise exactement quel journal appartient à tel parti de l’opposition. Un environnement de préjugés qui relève tout de même de l’inculture et de l’ignorance.

Un journal dit de l’opposition est normalement un organe d’un parti politique de l’opposition reconnu comme tel. Ce journal est la caisse de résonnance du parti qui l’a créé. Dès le début des années 90, les partis politiques qui se sont créés, pour certains, ont créé leurs titres : le RNB pour le journal Le Bûcheron et Radio et Télé Liberté, le PGP pour le journal Le Progressiste, Le PLD pour le journal Gabon Libre et Radio Fréquence Libre, pour ne citer que ces quelques exemples. Ces journaux étaient soutenus et financés par les partis politiques qui les encadraient et par les membres desdits partis.

Quid de la presse actuelle ? Nés à la fin des années 90, ces journaux ou organes de presse ont été créés par des individus et autres journalistes qui ont voulu continuer à exercer leur métier, après avoir mal vécu l’expérience des journaux des partis politiques. Avec l’entrée en vigueur de la loi n°019/2016 du 9 août 2016 portant Code de la communication en République gabonaise, tous les journaux et autres médias se sont mués en entreprise de communication. Aux antipodes donc des organes de presse des partis politiques cités plus haut.

Questions: quelle est cette presse de l’opposition qui fait tant jaser et dont les responsables sont si souvent accusés de traitrise à chaque fois qu’ils sont perçus à côté d’un homme politique qui n’est pas de l’opposition ou une autorité du pays ? La presse, parce que critique par essence, doit-t-elle se muer en officine politique de l’opposition ? Le penser, c’est ignorer le rôle et la responsabilité sociétale de la presse.

S’il est vrai que lors des grandes élections politiques, certains titres prennent une position identique à celle de certains candidats de l’opposition, il n’est pas formellement dit que cette presse est acquise à l’opposition. Autrement dit, une presse libre digne de ce nom n’appartient à aucun camp politique.

Pour être plus précis, la presse membre de l’organisation patronale des médias (Opam) se veut libre et critique, en tenant, bien sûr, compte des exigences inhérentes aux entreprises et des lois sur la presse.

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