Accueil Politique Gabon : Le mandat présidentiel  sens dessus dessous !

Gabon : Le mandat présidentiel  sens dessus dessous !

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Ali Bongo Ondimba, le chef de l'Etat/©DR

Depuis septembre 2016, et encore plus depuis l’accident vasculaire cérébral d’Ali Bongo Ondimba à Riyad, en Arabie Saoudite, l’Etat gabonais a du mal à fonctionner dans sa normalité. Trop de chefs à la présidence de la République, un gouvernement qui est obligé de se mettre en recul pour  »laisser avancer » les nouveaux chefs du Palais du bord de mer, une administration qui va dans tous les sens, des responsables des entreprises publiques qui tapent goulument dans la caisse, le parti au pouvoir qui a du mal à s’affirmer… Le Gabon est-il mal parti ?

Trop de chefs à la présidence de la République : en plus du secrétaire général de l’institution et du directeur de cabinet du président de la République (DCPR), il y a dorénavant le Coordinateur général des Affaires présidentielles (CGAP). Celui-ci, à la différence de son prédécesseur Jean-Pierre Lemboumba Lepandou sous Omar Bongo Ondimba, a décidé de s’affranchir de toutes les règles. Il va sur le terrain, comme il l’a fait à Fougamou pour une visite sur le site de la centrale électrique qui y est construit. Il lance des campagnes publicitaires, comme dans un lycée de Libreville la semaine dernière avec le programme Smile. Bref, après le cycle BLA et sa tournée interprovinciale d’août à octobre 2019, voici venu le cycle NBV. Et ce n’est pas tout : il a écrit une lettre d’injonction au ministre de l’Enseignement supérieur qui a provoqué la démission du Recteur de l’Université Omar Bongo (UOB), le Pr. Marc Louis Ropivia. Pendant ce temps, l’opinion se demande où est passé Ali Bongo Ondimba. Depuis près de trois semaines, le dispositif de la Garde Républicaine, régulièrement présent sur son trajet entre La Sablière et le palais présidentiel, n’est plus visible. C’est la preuve de son absence à Libreville. Même si le Porte-parolat du Palais du bord de mer n’a pas communiqué dessus, on peut imaginer que le président de la République est reparti à Londres pour raisons de santé.

Où est donc passé le Président ?

Le Président Ali Bongo Ondimba vient donc encore de s’absenter. Des sources généralement bien informées annoncent qu’il sera de retour à Libreville cette fin de semaine ou au plus tard début-mars pour présider un Conseil des ministres et présider les festivités marquant le 52ème anniversaire de sa formation politique, le Parti démocratique gabonais (PDG). Cette absence a de lourdes conséquences sur le fonctionnement de l’Etat et du parti.

En décidant de confier à NBV la mission de suivre l’exécution de toutes les affaires de l’Etat, lui a-t-il expressément demandé d’écrire aux membres du Gouvernement et de descendre sur le terrain ? L’opinion ne comprend pas bien ce qui se passe sur le terrain. Elle a l’impression d’un remake. Depuis BLA, les choses ont changé. Le DCPR d’alors allait en tournée interprovinciale. Le CGAP, lui aussi, se lance dans la même démarche. Une démarche qui sème de la confusion dans les esprits.

Confusion dans les esprits : tout est sens dessus-dessous

Le fonctionnement même de l’Etat est incompréhensible. Qui doit rappeler à l’ordre l’administration ? Si Marc Louis Ropivia n’applique pas une décision prise en Conseil des ministres (parce que le poste de SG-UOB est réservé aux universitaires et non aux administratifs), qui devrait le rappeler à l’ordre ? Qui devrait l’amener à s’y plier ? Est-ce vraiment le Coordinateur Général des Affaires présidentielles par les soins d’une correspondance au ministre de tutelle ? Qui, finalement, gère l’administration ? Est-ce le CGAP ?

Le Gouvernement se met, peut-on observer, en mode recul pour  »laisser avancer » le CGAP. C’est une attitude bien curieuse. En même temps, c’est vrai, n’étant pas membre du Gouvernement, le Coordinateur Général des Affaires présidentielles ne peut recevoir aucune instruction du gouvernement. C’est l’imbroglio total. Tout est sens dessus dessous !

Pour tout dire, dans tout ce prêchi-prêcha, dans tout cet embrouillamini, seul le Secrétaire Général de la présidence de la République a toujours su se tenir à sa place. L’Ambassadeur Jean-Yves Teale, ce vieux compagnon de route d’Ali Bongo Ondimba, est en effet celui qui n’empiète sur le territoire de personne.

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