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Gabon: entre statu quo et inconnu

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©DR.

Ce n’est pas trop s’avancer que d’affirmer qu’au niveau de la classe politique –hormis, officiellement le PDG et ses alliés (mais pas tous) -, la messe est dite. Tout le monde est bien conscient que le pays est à cheval entre le statu quo et l’inconnu. Cet extrait du Dr en droit, Raphaël Bandenga-Lendoye de l’Union Nationale, résume assez bien la situation : « La décision de la Cour […] indique qu’elle peut être le siège d’un pouvoir d’exception qui est redoutable en raison de sa capacité à imposer son interprétation et sa perception du fonctionnement des institutions et des pouvoirs publics. Sous ce prisme, elle peut donc cumuler un pouvoir constituant, un pouvoir exécutif et un pouvoir judiciaire d’autant plus redoutable qu’elle est l’interprète privilégié d’une Constitution dont elle peut déformer la lettre et l’esprit en imposant son interprétation erronée. »

Manifestement, nombreux semblent s’accorder sur cette description du danger qui couve au sein de la nation gabonaise. Déjà, le cercle des notables de la République, bien avant l’affaire de l’article 13 de la Constitution, avait déconseillé la tenue des derniers simulacres d’élections dans les délais prévus à l’époque (avril 2018), leur préférant d’abord une réconciliation nationale : « Dans ce délai, il nous paraît, en effet, impossible d’organiser des élections dignes et transparentes. Nous souhaitons que ces élections n’entraînent pas de nouvelles contestations comme toutes celles que nous avons connues depuis 1990. Nous ne pouvons plus nous permettre de rater ce tournant, ce qui risquerait de nous entraîner dans une guerre civile » avaient-ils alors argumenté. D’où : « …au-delà de l’organisation des élections, il y a le problème des relations entre nous. Nous sommes divisés : à l’intérieur de nos communautés, de nos partis politiques, de nos familles et même à l’intérieur de nous-mêmes…. C’est pourquoi nous préconisons, avant d’entreprendre quoi que ce soit, une Réconciliation Nationale. Nous avons besoin de nous parler, de nous apprécier à nos justes valeurs  pour pouvoir décider sereinement ensemble. »

Les récentes interventions des différents partis et forces de la Coalition pour  la Nouvelle République, du PGP à  Eyeghe Ndong, en passant par les Souverainistes, l’UPL et autres ont toutes mis le doigt sur le danger que représente aujourd’hui la situation à haut risque dans laquelle se trouve le Gabon avec l’absence constatée d’Ali Bongo doublées de voraces appétits pouvoiristes probables dans les hautes sphères de l’Etat. De concert, l’Union nationale a souligné la gravité de la situation : « Le non-respect de la Constitution est, bien souvent, la cause de nombreuses crises que connaît notre continent » dixit Ondo Edou, son porte-parole. Le danger perçu et ainsi mis au jour devrait logiquement impulser un mouvement d’unification de tous ceux qui s’opposent aux derniers tripatouillages anticonstitutionnels en date de la Cour.

Deux appels patriotiques, celui de Jean Ping, des Notables de la République, et du RPG, par la voix de son secrétaire exécutif, ont appelé au rassemblement de tous sans distinction de partis. Mais pour faire quoi ? Le respect stricto-sensu de la Constitution, comme réclamé par Eyeghe Ndong, samedi dernier ? La «  rupture avec le système défaillant et anachronique actuel » comme dénoncé par le RPG ? Le retour à la reconnaissance et au respect de la légitimité populaire de Jean Ping ?

Tout ce beau monde gagnerait à se mettre à tracer une route qu’il faut bien tracer pour s’éviter à la fois le statu quo et l’inconnu.

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