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Gabon/ Assemblée nationale: Une bien chère institution

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L'immeuble de la Vallée Sainte, siège provisoire de l'Assemblée nationale du Gabon/©DR

Le Palais Léon-Mba va devenir l’institution qui coûte la plus chère dans la République. Non seulement, la location de l’immeuble où l’Assemblée nationale se trouve aujourd’hui a un coût exorbitant, mais en plus, la réhabilitation du siège va coûter plus cher que sa construction.

Près de 2 milliards de francs CFA, précisément 1,920 milliard. C’est ce que coûte la location annuelle de l’immeuble situé en face du supermarché Mbolo-Casino, sur le boulevard Triomphal Omar-Bongo ! L’Etat gabonais en a l’habitude, pourrait-on dire, d’autant plus que le loyer que le Conseil d’Etat paie à La Sablière, dans la ville d’Akanda, est tout juste légèrement inférieur, tout comme la location annuelle du Conseil national de la Démocratie (CND) a un coût là aussi exorbitant, à l’autre bout du boulevard Triomphal ! Le contribuable gabonais paie beaucoup pour que ces institutions-là soient logées dans des immeubles confortables. De très nombreux départements ministériels se retrouvent aussi dans la même situation. C’est le cas du ministère des Affaires étrangères qui a quitté, pour des raisons officiellement inexpliquées, ses locaux du boulevard Triomphal pour le quartier Batterie IV où il loue deux immeubles qui coûte au contribuable la somme de 900 millions CFA, sans que l’on entrevoit parallèlement une volonté politique de réhabilitation ou de réfection des anciens locaux, mais nous pouvons nous tromper sur cet aspect. En tout cas, en face de l’ancienne place des Foires, aucun signe, aucun camion, aucune truelle,…

Car le problème est là : les pouvoirs publics semblent ne pas être pressés d’aller vers la construction de bâtiments publics devant abriter les sièges des institutions. Un siège est-il en construction pour abriter le CND ? La construction de locaux pour le Conseil d’Etat est-elle en gestation ? On constate plutôt en règle générale que le provisoire devient définitif. Pourtant, des solutions de rechange ne manquent pas. On pourrait utiliser des bâtiments publics vétustes et les réhabiliter avant d’y affecter une institution ou un ministère. On aurait fait des économies énormes en affectant provisoirement à l’Assemblée nationale un des bâtiments de l’Hôtel Héliconia d’Angondjé. On aurait fait des économies énormes en y affectant aussi le Conseil d’Etat ou le Conseil national de la Démocratie.

Trouver des bâtiments publics pour loger provisoirement des institutions publiques

L’idée de trouver des locaux publics à l’Agence Gabonaise de Presse (AGP) et à l’Institut Gabonais de l’Image et du Son (IGIS), comme cela s’est fait à Angondjé pour ces deux agences, devait être élargie à d’autres structures publiques. L’Etat aurait gagné au moins plusieurs centaines de millions année après année, et cela lui aurait permis d’investir davantage dans le social, par exemple dans la construction de salles de classe, d’amphithéâtres, de cités universitaires, de restaurants universitaires et de dispensaires. Ces centaines de millions de francs ont malheureusement à l’appel.

Aujourd’hui, l’Assemblée nationale loue un immeuble qui coûte à l’Etat 1,920 milliard de francs. Ces 2 milliards auraient pu servir à des projets plus utiles, et peut-être financer en partie une cité administrative. Que nenni ! Pendant vingt-quatre (24) mois, le contribuable va suer, va transpirer, va saigner ! Comme nous le démontrons plus haut, il y avait des solutions de rechange. Et l’Etat n’a visiblement pas voulu les saisir.

De plus, la réhabilitation du Palais Léon-Mba coûte 10 milliards de francs. Grâce à un don de China Eximbank, cette réhabilitation se fait depuis quatre mois, et va se poursuivre encore pendant les seize prochains mois. L’Assemblée nationale, une bien chère institution !

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