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Front social / Grève aux Affaires étrangères: Maganga Moussavou, symbole d’impuissance ?

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Maganga Moussavou, vice président de la République/(c)internet.

Le vice-président de la République s’est essayé avec beaucoup de risque et sans doute avec beaucoup de légèreté, dans la résolution d’un mouvement d’humeur – celui des agents du ministère des Affaires étrangères. Résultat des courses : il a démontré, selon les membres du syndicat de ce ministère, de l’impuissance…

Nommé au poste de vice-président de la République le 21 août 2017, Pierre-Claver Maganga Moussavou a toujours privilégié Mouila et la Ngounié comme terres d’action, et il effectue de temps en temps des visites de chantiers comme le Palais des Sports de Libreville ou la ZES de Nkok, et cela semble lui réussir. Mais pourquoi ne s’arrête-t-il donc pas à cela puisque ce rôle lui va comme un gant ?  »Aller parler politique sur ses terres molvilloises lui réussit à merveille et visiter des chantiers à Libreville et ses environs, ça lui va aussi », affirme un agent syndiqué du ministère des Affaires étrangères.

Le 18 janvier dernier, Maganga Moussavou a voulu s’essayer dans la résolution des conflits sociaux. Il s’agit du mouvement d’humeur observé par les agents du ministère des Affaires étrangères depuis cinq semaines. Les responsables du syndicat de ce département ministériel lui ont présenté leur cahier de doléances axées essentiellement sur l’amélioration de leurs conditions de travail, notamment le fonctionnement de l’ascenseur, l’existence de l’amiante dans le bâtiment principal, la prime de servitudes diplomatiques et le transport des agents par les bus du ministère (problème de carburant).

Comment le VPR a-t-il pensé pouvoir régler ce problème sans convoquer le PM, le ministre du Budget et le ministre des Affaires étrangères ? Tout seul, il ne pourra jamais rien.

Aucune de ces doléances n’a trouvé un début de solution, ni des promesses de résolution.  »Quand on va chez le vice-président de la République, on se dit qu’on va sortir de chez lui avec quelques satisfactions ; on a pensé qu’il convoquerait le Premier ministre et le ministre du Budget à son bureau et qu’il leur donnerait des instructions, mais il n’en a rien été. Le VPR, c’est le symbole de l’impuissance », affirme un des membres de la délégation qui est allée rencontrer Maganga Moussavou. Un responsable du syndicat a, pour sa part, ajouté :  »il a voulu faire des promesses de traitements de faveur individuels à l’endroit de certains leaders syndicaux pour affaiblir le mouvement de grève, comme cela se fait au Gabon, mais il n’y est pas parvenu ».

Sur la prime de servitude diplomatique exigée par les agents, Maganga Moussavou a estimé que  »l’augmentation des salaires initiée il y a deux ans et demi avait également pour mission de résoudre ce genre de problème ». Il sait pourtant qu’en dépit de l’augmentation de salaire qu’ont eu les fonctionnaires en 2015, il existe des secteurs professionnels qui continuent de donner des primes et indemnités à leurs agents.  »Pour nous, affirme un membre de la délégation des agents syndiqués, il n’était pas suffisamment briefé de la situation, ses collaborateurs ne lui ont pas fait des fiches, et il flottait dans ses explications, et on a bien vu que sa marge de manœuvre est très étroite ».

 »Un factotum sans pouvoir et sans idée » ?  »Marge de manœuvre étroite » ?

Concernant le problème relatif aux bus de transport qui ne peuvent circuler faute de carburant, Maganga Moussavou a proposé aux grévistes de procéder par des cotisations pour pouvoir payer le carburant.  »Cotisez chacun à hauteur de 2500, 3000 à 5000 francs par mois, et ça ira ». Une telle proposition émanant de celui qui est le n°2 du pays est si surprenante que les grévistes en ont tiré la conclusion que  »Maganga Moussavou est un factotum sans pouvoir et sans idée »…

Résumant en un mot cette rencontre avec le vice-président de la République, le responsable du syndicat cité plus haut indique :  »le VPR nous a donné des réponses alambiquées, fantaisistes et inimaginables ». De toutes les institutions, le n°2 du pays est constitutionnellement celui qui a paradoxalement le moins de pouvoir. C’est dur d’être VPR au Gabon… Maganga Moussavou est sans doute en train de s’en rendre compte.
Nelson Tchimbakala

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