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JABO: l’hommage de F. Nguema Ebane « c’était un homme d’Etat et un Juriste rigoureux »

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Il était l’un, sinon le proche collaborateur de Jules Aristide Bourdès Ogouliguende au Congrès pour la Démocratie et la Justice. Dans Cette interview qu’il accorde à notre rédaction, François Nguema Ebane, secrétaire général Adjoint du CDJ, rend un hommage à son compagnon de lutte. Il reconnait en lui l’homme d’Etat intègre et rigoureux qu’il était. Lecture.

Monsieur Nguema Ebane, pouvez  vous  vous présenter à nos lecteurs ?  

F Nguema Ebane: Je vous remercie de m’offrir l’opportunité de me présenter ce jour à vos lecteurs.  Je suis en effet, militant du CDJ, secrétaire Général de ce parti depuis sa création en juillet 1994.

Architecte (DPLG) de formation, et ayant assuré des années durant (de 1978 à 1996) des lourdes responsabilités au sein des Ministères de l’Habitant et des Domaines, je me suis engagé avec d’autres compatriotes depuis les années 1980/1990 dans la lutte pour la restauration de la démocratie et le multipartisme.

C’est dans ce cadre que j’ai participé à la Conférence Nationale de 1990, puis pris part à la naissance du Parti Socialiste Gabonais (PSG) qui a lui-même donné naissance au FAR (Forum Africain pour la reconstruction) en févier1992.

En juillet 1994, avec d’autres militants venus du FAR (notamment feu Jean Pierre NZOGHE –NGUEMA et Pierre KESSANY) et du PLD (notamment) feu Marc Saturnin NAN NGUEMA  et Lucette NKIE) et les amis de Jules Aristide BOURDES OGOUGUENDE, candidat à l’élection présidentielle de Décembre 1993 (à savoir Vincent MINTSA- MISENE INGUEZA, Arsène RISONGA ou encore Albert YANGARI) nous avons donné naissance au Congrès pour la Démocratie et la Justice (CDJ).

Vous êtes un membre influent du Congrès pour la Démocratie et la Justice, dont Jules Aristide Boudès Ogouliguende était jusqu’à sa mort, il y a quelques jours, le secrétaire général, pouvez-vous, entant que compagnon de lutte, nous parler de ce grand homme ?

Je suis, effectivement le Secrétaire Général Adjoint du CDJ, c’est à dire le principal collaborateur de Mr BOURDES. Bien entendu, l’ayant quotidiennement côtoyé depuis 1993 (en effet nous travaillions déjà ensemble au sein des organismes de l’opposition, et particulièrement le HCR, après la victoire arrachée au père MBA ABESSOLE par Omar BONGO, je suis donc tout à fait à l’aise pour  parler de l’homme JABO, tel que nous l’appelions affectueusement.

C’était d’abord un Homme d’Etat et un juriste Rigoureux

Tout un chacun se rappelle de son passage aux ministères de la fonction Publique et de l’Enseignement Supérieur (recensement des fonctionnaires, création de l’université de MASUKU…)

C’est encore l’Homme d’Etat Rigoureux qui démissionne en 1993 de la fonction prestigieuse de président de l’Assemble nationale, confronté aux embuches et autres difficultés que lui imposait son parti, le PDG, dans la gestion de cette institution.

C’était un Homme Politique intègre  malgré sa démission du PDG en 1993, il n’a pas cessé d’être l’objet des sollicitions de ses anciens amis, soit pour revenir aux prestigieux postes, ou encore  pour gérer les fêtes tournantes de la province de l’Ogooué maritime. Son attitude a toujours été la même : refus de transiger avec le Pouvoir PDG qu’il avait quitté.

C’était un Bon  compagnon au Parti.

Après le départ de NAN NGUEMA, il est resté le seul chef de notre Parti : Il n’était certainement pas de ceux qui sont devenus milliardaires grâce à leur passage aux affaires, mais il était à l’écoute de tous au sein de parti, donnant   un conseil par ci, un coup de main par la, un exemple : au mépris de tous les dangers et même de tous les risques, il a hébergé le HCR au cours des années de braise de 1994.

Comment expliquez-vous son choix sur Jean PING lors de la dernière élection présidentielle ?

Le CDJ ayant convenu de ne pas présenter de candidat à l’élection présidentielle d’Août 2016, il nous fallait donc soutenir le candidat de l’opposition qui nous paraissait avoir les meilleures chances de gagner, et éviter les erreurs des années passées. Indiscutablement, Jean PING, qui sortait des sérails, avait de nombreux atouts et avait déjà parcouru, une année durant tous les coins et recoins de notre pays, avait les meilleures chances pour affronter et battre le pouvoir PDG.

Par ailleurs, le projet politique de M. PING correspondait également à notre propre programme.

C’est pourquoi JABO a adhéré, avec d’autres responsables politiques au processus d’unification de la candidature de l’opposition.

Comment expliquer sa présence au Cercle des Notables de la République ?

Cette question a fait l’objet d’un débat houleux et difficile au sein du Bureau National du CDJ. Mais, et je vous l’ai déjà dit plus haut, JABO était très attaché au « DROIT » mais dans un pays qui n’est pas un état de Droit, ça peut poser problème !

Mais que Faire ?

Reconnaitre la valeur du Bulletin de vote et reconnaitre une victoire à M. PING à plus de 65% des suffrages, ou alors subir le dickat des Bongo et prendre le risque de continuer à aller inutilement aux élections comme depuis 1990. Telle est la question !

Vous avez observé que quelques jours avant, il avait fait une déclaration rejetant catégoriquement l’idée de participer aux élections législatives organisées  par le pouvoir PDG, et revenant apparemment sur ce principe en déclarant que si elle était organisée, il fallait prendre tout le temps…

Mais en réalité, conscient que Jean PING était le seul détenteur de la souveraineté du peuple, il fallait l’épargner de certains écueils.

Il était donc dans ce cercle avec l’idée de sauver ce qui pouvait encore l’être,  malgré l’entêtement d’Ali Bongo et ses amis qui n’en font qu’a leur tête et sans doute veulent-ils voir sombrer le pays !

Après sa disparition, quel avenir pour le Congrès pour la Démocratie et la Justice ?

Le CDJ est un parti politique de l’Opposition né de la fusion de plusieurs autres partis. Il souffre des mêmes maux que les autres partis de l’Opposition.

Malgré les embuches rencontrées sur son parcours depuis sa création, je crois au génie de ses militants pour surmonter ce très mauvais moment que constitue le décès brutal de son leader.

Ils sont nombreux, ces militants qui trouveront, malgré cette perte énorme, les ressources intellectuelles et humaines pour se réorganiser et maintenir ce parti qu’il nous lègue.

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