Libre propos: Fiscalité vampirique de l’Etat-Bongo : Tirer le diable par la...

Libre propos: Fiscalité vampirique de l’Etat-Bongo : Tirer le diable par la queue

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Le chef de l'Etat, Ali Bongo Ondimba.

Dans une de nos adresses, nous disions que  lorsqu’un individu n’est pas en équilibre avec lui-même, sa politique ne sera pas la science de gouverner un Etat et de diriger les relations avec les autres Etats, mais une propension à exercer la tyrannie, à faire couler le sang des compatriotes, à les tuer, et à les massacrer, avec en prime, la ruse, la roublardise et le mensonge érigés en mode de gouvernement.

La ruse et la roublardise, les clients des banques le vérifient à leurs dépens. Désormais, lorsqu’un client sollicitera un crédit bancaire à la consommation, celui-ci devra faire face à une surtaxe. Cela se passe sans discernement. A l’exemple des retraités, alors qu’ils demandent au Gouvernement que leur soient rétribués les « Services rendus » à l’Etat, ceux-ci viennent de se voir indexés d’une surtaxe avec effet rétroactif pour des engagements pris en 2016.

Ainsi donc, habile prédateur, habité par le souci de toujours  disposer de davantage d’argent nécessaire aux diverses forfaitures et fanfaronnades devenues de plus en plus onéreuses, le « Gouvernement pléthorique des sports et des loisirs, chargé de l’organisation des Coupes d’Afrique des Nations (CAN) et autres activités ludiques, vient de faire une avancée «qualitative» dans sa quête de la solution finale, contre ces « bouts de bois de Dieu », qui vivent pratiquement avec presque rien, en créant en catimini, sans raison, de façon péremptoire, comme à son habitude, une surtaxe du petit crédit à la consommation.

L’inscription luciférienne des actes de crédit aux Domaines, malgré les frais de dossiers déjà acquis, hormis la taxe sur la valeur ajoutée et nonobstant l’assurance décès préalablement exigée aux personnes déjà admises à la retraite, poursuit un double objectif :

  • reconstituer les ressources du trésor public devenu exsangue du fait des turpitudes de ce Gouvernement pléthorique des sports et des loisirs, chargé d’organiser les Coupes d’Afrique des Nations et autres activités ludiques;
  • rembourrer les comptes et les poches des mêmes cleptomanes.

Notre étonnement est incommensurable face à cette farouche et étrange opposition à la relance économique par le biais d’un levier aussi incontestable que la consommation intérieure. En d’autres termes, on ne peut pas susciter la relance économique en augmentant les taxes à tout va, sans payer la dette intérieure.

Mieux, le Gabon est un pays naturellement riche aussi bien de son capital humain, de son potentiel minier que de sa biodiversité.En faisant uniquement preuve d’intelligence et de dextérité managériale, la conjonction de cet ensemble de facteurs devrait inéluctablement autoriser au pays les marges financières indispensables à son développement économique et social projeté, programmé.

Aussi, est-il tout simplement inadmissible de vouloir faire du Gabon, un pays fiscaliste à outrance,bursal, qui aurait vocation plutôt à tanner à l’excès, voire à mort les honnêtes masses laborieuses, qu’à redistribuer équitablement les fruits de la« croissance ».

Au lieu de passer du temps à faire tant de bruit autour d’un œuf au lard comme ce Dialogue mal à propos des vautours, dont la finalité est de terminer le travail de sape contre le Gabon commencé par le père Lion, roi des animaux, et poursuivi par l’enfant Lion, il est important de scruter les vraies pistes de cette crise multiforme qui gangrène le pays.

Seuls des funambules, des jongleurs de l’économie et de la politique seraient tentés de faire croire que c’est dans les comptes des pauvres clients de banque qu’il faut chercher les milliards mesquinement détournés et malignement planqués dans les paradis fiscaux.

Il faut arrêter de se prélasser ou s’adonner à des activités extra professionnelles, concupiscentes, derrière les portes capitonnées et à l’air conditionné. Seul ce Gouvernement pléthorique des sports et des loisirs, chargé de l’organisation des Coupes d’Afrique des Nations et autres activités ludiques,  sait où se trouve l’argent dilapidé :

  • C’est ce Gouvernement qui a « épargné » aux dépens des équipements structurants et socio collectifs tant espérés par les populations des neufs provinces du pays, en exécutant chaque année une partie congrue du budget en faveur des activités ludiques ;
  • C’est encore lui qui a positionné aux entournures financières des personnes liges pour siphonner, à volonté, sans sourciller, les deniers publics ;
  • C’est enfin lui qui a imaginé les agences comme structures efficaces de détournement de l’argent du contribuable dans leurs comptes privés et de captation des ressources de l’Etat.

Ce petit crédit à la consommation permet seulement de garantir l’incompressible aux masses populaires pour ne pas franchir le seuil de l’inhumanité vers lequel l’arsenal des lois iniques du Gouvernement pousse cette majorité, dont le silence pourtant très bruyant a été mal interprété des années durant, et l’est toujours, par nos dictateurs.

Le bon sens soutenu par l’honnêteté intellectuelle commande le retrait de cette loi abjecte et la restitution des sommes subtilisées des comptes d’où elles ont été cruellement et sans discernement soustraites.

Il faut dire que ces démunis qui tirent déjà le diable par la queue n’ont que leur salaire de misère ou leur modeste pension de retraite pour vivre et survivre. Après avoir, pendant cinq décennies, gravi, à la sueur de leur front, l’équivalent d’un Mont de Cristal, c’est quand même osé de faire croire que ces économies de bouts de chandelle viendront combler l’abîme  créé par les détournements de tant de milliards de francs CFA, dont est à l’origine, ce Gouvernement pléthorique des Sports et des Loisirs, chargé de l’organisation des Coupes d’Afrique des Nations et activités ludiques.

Tous les jours, les révélations faites sur les détournements des deniers publics par les « Emergents » démontrent qu’au Gabon, il ne manque pas d’argent. Celui-ci est planqué çà et là dans les banques à travers le monde, voire les appartements par des individus, pourtant assermentés, chargés de dire le droit et de faire respecter la loi, donc supposé au dessus de tout soupçon. Pendant que les 99,99% des compatriotes tirent par la queue ce« pauvre diable » qui, à force, pourrait la perdre, les 0,01%fêtent des centaines de milliards indûment amassés. Entre nous soit dit, peut-on comprendre qu’au 21ème siècle un individu puisse laisser dormir, «sous le matelas », une somme faramineuse de100 000 euros, soit plus de 65 000 000 F CFA ?

Les scientifiques nous enseignent que le glucagon est une hormone qui, depuis le pancréas, informe le cerveau qu’on est rassasié lorsqu’on a beaucoup mangé. C’est dommage qu’en matière de satiété financière et matérielle, aucune hormone n’est encore identifiée pour signaler au cerveau qu’on est repus. Cette mission devait donc revenir au bon sens, lorsque les cris de détresse, la pauvreté et la précarité du grand nombre sont plus que criardes. Malheureusement, les « Présidents – Bongo »et leur cour sont insensibles à cette valeur,qui depuis des lustres, est la chose la mieux partagée dans toutes les civilisations humaines et même animales.Ainsi, pour ces gloutons, inassouvis de la finance publique, leurs « glucagons » sont inopérants,raison pour laquelle ils sont financièrement et matériellement insatiables : Ils volent toujours, toujours et toujours sans répit, mettant les ressources de l’Etat à rude épreuve.

Même lorsque leurs « hormones de richesse » signalent que le niveau d’abondance financière et matérielle est atteint, ces voleurs« taille patron » n’arrêtent pas.Parce que dans leurs cercles méphistophéliques, l’accumulation de masses monétaires et la possession de biens matériels, véritables addictions, sont  érigées en principes de vie,même si, pour cela, il faut « taper » dans les portefeuilles de ceux qui sont contraints de tirer le diable par la queue.

Par induction, nous pouvons donc en conclure que l’argent est là. Il suffit de le faire revenir par l’entremise d’une opération réellement patriotique dénudée de toute démarche folklorique, comme on le voit avec la fausse opération Mamba dont les véritables motivations échappent encore à beaucoup d’entre nous. Incapables de lire au fond d’un puits sans fond, les Gabonais spéculent et ont tendance à se convaincre que ces spectaculaires arrestations d’anciens collaborateurs du prince, tiennent plus de l’hôpital qui se fout de la Charité.

Le Gouvernement, au lieu d’opter pour des mesures rabougries et inessentielles, se doit de trouver des recettes idoines pour se mettre à l’abri des non-dits de la mise en garde de Madame La Garde à Yaoundé au Cameroun.

N’en déplaise aux « insultologues » et autres « injuriologues » de service qui vont se sentir piqués au vif, j’invite à méditer savamment cette assertion testamentaire de Feu Omar Bongo Ondimba disant que Dieu ne nous a pas demandé de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire, il nous observe et nous sanctionnera le moment venu.

J’espère que, pour tout ce qu’il a fait contre le Gabon, sa sanction est en cours là où il se trouve, et que ceux qui sont au pouvoir méditent cette assertion testamentaire, avant d’arriver aux mêmes conclusions tôt ou tard.

Un homme averti en vaut deux. Que nous dira Boa à la fin de sa désolante mésaventure ?  Viendra-t-il, tout en pleurnicheries et sanglots feints, quérir la clémence ? De qui, du peuple ou de Dieu ? Sur terre, Vox populi vox Dei, la volonté du peuple est volonté de Dieu. Et le jugement sur terre ne conduit jamais à la vie éternelle. A bon entendeur salut.

Bakita Moussavou

Enseignant

 

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