Accueil Politique Fête de l’indépendance: Discours d’Ali Bongo: entre autosatisfaction, démagogie et piques

Fête de l’indépendance: Discours d’Ali Bongo: entre autosatisfaction, démagogie et piques

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Le chef de l'Etat gabonais/DR
Le traditionnel message à la nation du chef de l’État du 16 août, a manqué de saveur républicaine. Outre l’autosatisfaction, Ali Bongo a manié la démagogie comme pour cacher un bilan qui est loin d’être élogieux.
A la première lecture de ce discours fleuve, on se croirait dans un pays où tout beigne. Mais que seule une poignée de citoyens de mauvaise foi, notamment des syndicats des enseignants, médecins et magistrats voudraient en découdre.
D’ailleurs, c’est cette catégorie de fonctionnaires que le Président a  publiquement visée la veille du 58e anniversaire de l’indépendance du Gabon. Des fonctionnaires, qui, certainement se croyaient dans leur bon droit. Celui de défendre leurs droits de travailleur dans un contexte de mesures d’austérité qui risque de précariser le fonctionnaire. Toute chose qui n’a pas l’air de plaire à l’Exécutif, en premier lieu, Ali Bongo, le président de la République. D’où cette diatribe contre ces médecins «voleurs de médicaments» et ces magistrats et enseignants  »égoïstes » qui ne pensent qu’à leurs intérêts personnels. Bref, ces fonctionnaires en ont eu pour leur grade, ce 16 août là.
Et pourtant, l’Exécutif n’est pas exempt de tout reproche dans les secteurs tels que l’Éducation et la santé, loin s’en faut. Sinon, comment penser que le niveau de l’enseignement baisse au Gabon à cause des seuls enseignants? Alors que dans le même temps, les structures n’ont pas suivi. Autrement dit, quel est le nom de l’école publique qui a été construite depuis 2009? Combien de collèges et lycées sont sortis de terre depuis l’avènement d’Ali Bongo à la tête di.pays, combien d’universités construites? Or, l’Exécutif a promis par exemple 400 salles de classes; des classes hyper équipées en matériels informatiques; la construction des universités à Mouila, Oyem, Port-Gentil…, jusque-là, rien de tout cela n’a vu le jour.
En matière de santé, s’il est vrai que les grands Centres hospitaliers  ont vu le jour, il n’en demeure pas moins qu’ils sont dépourvus de plateaux techniques adaptés. A preuve, le CHU mère et enfant Jeanne Ebori, est toujours fermé au public après un début déconcertant de ses activités. De plus, ces structures hospitalières ressemblent dans leur fonctionnement à des cliniques privées. Où il faut être assuré à la Cnamgs pour y accéder. Mais encore faut-il que cette assurance maladie présente pattes blanches. Et c’est parce que la Cnamgs traîne des impayés auprès de ces structures que les patients meurent aux portes de ces hôpitaux. D’où, la sonnette d’alarme tirée par le syndicat des médecins du secteur public.
Quant à l’autosatisfaction systématique de l’Exécutif, on peut toujours s’en étonner. Surtout dans le domaine de l’emploi. Alors que plusieurs entreprises ferment leurs portes, Ali Bongo estime sur la base de l’identification de 5177 employés à la CNSS que les emplois sont créés à tour de bras. Or, depuis un certain temps, la caisse nationale de sécurité sociale est sur le terrain pour pousser les entreprises à régulariser leurs employés qu’elles embauchent depuis des années sans déclaration à la cnss.
Quid des investisseurs qui courent pour investir au Gabon? Là encore, la démagogie a fait son travail. Classé récemment  par un organisme spécialisé en la matière dans le top 5 des pays les plus dangereux au monde, le Gabon, à travers ses autorités, devraient plutôt travailler à ce que le pays ne demeure pas ce coupe-gorge où sévissent les bandits de grands chemins, alors que près du tiers du budget de l’État est consacré aux forces de sécurité et de défense.
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