Eviter le pire et opter pour une sortie de crise politique honorable:

Eviter le pire et opter pour une sortie de crise politique honorable:

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professeur Wilson André Ndombet

Depuis quelques mois, sinon plus, notre pays, le Gabon, s’enfonce inexorablement vers une crise politique inédite. En dépit d’une culture de paix, en réalité, plus entretenue par une agitation de la peur du chaos par les différents pouvoirs successifs au Gabon, on peut sans risque de se tromper que notre pays a, toutefois, échappé au pire; pour ne pas dire aux affres de la guerre. Aussi, peut-on en dire autant aujourd’hui compte tenu du contexte politique lourd et de la mobilisation de toute la société gabonaise? À qui pourrait-on incomber la responsabilité de ce glissement progressif vers le chaos?

1/- de la responsabilité inégale des partisans:

Si l’on analysait cette dernière en comparant la part qui incomberait aux acteurs politiques, il apparaîtrait les deux postures suivantes:

1°- Une responsabilité fautive du régime au pouvoir:

Comme on peut l’imaginer la responsabilité du parti au pouvoir est fortement liée aux conditions nébuleuses et frauduleuses de monopolisation du pouvoir, précisément depuis 2009, avec l’avènement au pouvoir de Mr Ali Bongo. Personne n’ignore que son accession au pouvoir est contestée depuis lors à cause de la contestation de sa nationalité, en tant que gabonais d’origine. Celle-ci découle du doute non seulement de la véracité de son affiliation parentale, mais aussi des procédures d’élaboration de ses différents actes de naissance produits à l’occasion de sa candidature à la Magistrature suprême. Beaucoup de mes prédécesseurs ont abordé cette question…

Cependant, cette question soulevée depuis lors n’a pas été résolue et voilà que des membres mêmes de la famille de Mr Ali Bongo s’en mêlent pour attester de la véracité de la manœuvre dolosive face au respect des conditions du cahier de charges de ladite candidature à la présidence de la République gabonaise, selon les termes de l’article 10 de sa Constitution.

Pire encore, apparaissent des interrogations graves sur des complicités administratives des institutions en charges de dire le droit en la matière. Lesquelles interrogations sont remises au goût du jour, considérant que le même processus de validation pourrait être de nouveau emprunté et, du coup, fausser les règles du jeu à l’occasion des prochaines élections présidentielles d’août 2016.

Il semble qu’on aurait de bonnes raisons de ne pas en douter, si l’on observe l’éternité ou les présidences quasi à vie offertes à leurs responsables respectifs et au soupson porté sur le dernier jeu de chaises lié au nominations suspendues ou avortées du Ministère de la Justice gabonais.
Par conséquent, il y a comme un entêtement à ne pas vouloir se remettre en question et, enfin, reconnaître les torts qui sont imputables aux conditions d’accession au pouvoir de Mr Ali Bongo. Dans la mesure où il aurait dû s’abstenir, cette fois, de s’empresser à déposer de nouveau sa candidature. Il en a d’ailleurs découlé une parfaite confusion dans les rangs du PDG, parti au pouvoir. Sans interroger le principal intéressé et sa cour.

2°/- Une responsabilité sans faute des nouveaux leaders de l’Opposition?

L’opposition est constituée d’anciens membres du parti au pouvoir devenus tous leaders opposants. Non seulement, en 2009, ils étaient aux sommets de l’État depuis des décennies et tous connaissaient des faits liés à l’histoire de la famille de feu le président Omar Bongo -dont celle de Mr Ali Bongo- et auraient dû dénoncer cette imposture à ce moment-là. Or, comme on le sait, personne n’avait daigné le signifier à la communauté nationale. De ce fait, on pourrait aussi imputer cette responsabilité de complicité de la fraude à beaucoup d’entre eux.

Aussi pourrait-on se demander s’ils y trouvaient alors tous leur compte; en espérant favoriser la continuité du régime des Bongo et de leurs intérêts.
Fort heureusement, ils ont aujourd’hui changé de bord politique. Et leur faute pourrait de ce fait être aujourd’hui atténuée ou pardonnée, parce que ces nouveaux opposants sont devenus le fer de lance de la contestation politique au Gabon. L’opposition ayant perdu ses leaders charismatiques, tous passés à trépas (Rendjambe, Agondjo-Okawe, Oyon’Aba, Mamboundou, etc.).
Considérant ces errements des uns et/ou des autres qui pourraient responsabilisé le plus grand nombre qui savait, ne faudrait-il pas tenter, cependant, de sauver la République par un sursaut patriotique? Ne faudrait-il pas plaider en faveur d’une paix des braves et éviter le pire au Gabon? Et quelles en seraient les clauses de ce nouveau départ?

2/- Pour sauver la République:

La préservation de la République ou la paix des braves ne doit pas revêtir un caractère démagogique, politicien ou devenir un nouveau partage institutionnel du pouvoir made in « Accords de Paris 1994 ». Cette démarche consécutive au contentieux électoral des élections présidentielles de décembre 1993 à été globalement une escroquerie politique à l’endroit du peuple. Les opposants de cette période en accord avec la majorité présidentielle se sont distribués des strapontins au gouvernement. Sans vouloir résoudre les problèmes de pauvreté qui se posaient à la majorité de Gabonais.
Aujourd’hui, la donne à changé. Personne ne pourrait encore supporter ce genre de casting politicien. D’ailleurs c’est une question de survie polique pour tous les acteurs politiques tant du régime au pouvoir que de l’Opposition. La moindre erreur pourrait trahir leur survie ou avenir politique.
C’est pourquoi, sauver la République suppose des solutions les plus finement pensées ou les plus idoines possibles.
Pour ma part, rapidement il faudrait:

1°/- Pour le pouvoir:

_ Surseoir la date de l’organisation des élections pour d’ abord favoriser dans un avenir proche leur déroulement sans suspicion et dans un climat apaisé;
– En profiter pour revoir la Constitution non pas pour abroger l’article 10, mais pour réviser les dispositions relatives au scrutin relatif et revenir au scrutin majoritaire, soit 50, 01;

– Nommer des autorités administratives collégiales du parti au pouvoir et de l’Opposition, gages de transparence;

– Particulièrement, Mr Ali Bongo doit courageusement et humblement renoncer à sa candidature; pour en présenter une autre non contestée –quitte à organiser un nouveau Congrès à cet effet au sein du PDG;

2°- Pour les partis de l’Opposition:

– Accepter le report de l’élection présidentielle d’août 2016 pour un apaisement de la situation politique actuellement trop tendue.

– se battre pour une alternance politique véritable;

– Choisir un candidat crédible pour tous, loin des considérations ethnicistes et partisanes – quitte à organiser un référendum interne et ouvert aux partis de l’Opposition.

Les Gabonais sont à la recherche de véritables hommes d’Etat et d’un nouvel ethos politique. Cette quête doit être guidée par l’humilité, le pardon et la réconciliation nationale.

La paix et la survie du Gabon sont à ce prix.

Le Conseiller Wilson-André NDOMBET ̈

Professeur Titulaire des Universités.

 

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8 COMMENTAIRES

  1. Ich habe diese Brille auch da die bei meinem 46C750 dabei war. Den Tragekomfort empfinde ich aber nicht so toll. Deshalb habe ich mir auf Ebay bei de_hootoo eine andere bestellt. Kostete knapp 55 Euro und sitzt wesentlich bequemer. Ist auch nicht von Samsung und funktioniert trotzdem perfekt.