Eternelle ‘’cour-Bongo-constitutionnelle’’ !

Eternelle ‘’cour-Bongo-constitutionnelle’’ !

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La tour de pise gabonaise toujours fidèle à sa logique : protéger les intérêts du clan

C’est devenu un classique. A chaque fois qu’une plénière de la cour constitutionnelle est retransmise en direct ou en différé par la télévision statutairement de service public, mais qui sert  le clan qui régente le Gabon depuis près de 50 ans, la sentence est connue d’avance : le clan a toujours eu gain de cause. Du coup, la haute cour donne raison à tous ceux qui, depuis sa création, l’ont toujours considérée comme une ‘’cour-Bongo-constitutionnelle’’ mise en place pour protéger les intérêts familiaux.

Aussi, pour faire durer le suspense, on fait un scénario qui doit prouver aux yeux du monde que tout se passe dans les règles de l’art. du vrai bluff ! Que dire de l’interconnexion instaurée entreles médias de service public, les médias proches du pouvoir et l’institution ?Au point que le quotidien L’Union publie trois jours plus tard les conclusions rendues le 25 juillet 2016 ? certainement pour rendre le scénario un peu plus adapté et crédible, et gagner les populations à l’usure. Mais personne n’est dupe.

Dans un contexte où la cour a toujours botté en touche, en récriminant tout requérant avec le reproche de n’avoir pas su respecter la procédure en la matière, et où la haute cour se déclare toujours incompétente, on peut bien se demander pourquoi elle est étiquetée gardienne des lois.

De quelles lois s’agit-il, si la cour constitutionnelle, malgré la kyrielle d’actes de naissance publiés ça et là et appartenant à un seul individu, se cache sur son incompétence, elle qui est gardienne de lois ? Que ferait un simple tribunal de droit commun dans ce cas?

Les Gabonais avaient cru naïvement que les fameux séminaires effectués récemment par la Cour de Mbourantsouo à l’endroit des forces vives de la nation n’avaient pas que valeur pédagogique. Maisqu’ils constituaient aussi  une volonté de la présidente de cette institution à changer de paradigme, surtout que cette dernière fréquente ces derniers temps assidument l’église catholique, dont elle même fait don d’une chapelle. Mais c’était sans compter avec une institution inféodée à un clan, dont la très influente et indéboulonnable présidente qui est à la tête de cette institutiondepuis sa création en 1991, ne faillit jamais à sa mission. C’est pourquoi même le plus grand juriste du monde ne peut trouver à redire face à ses ‘’lumières’’ du droit constitutionnel introuvables dans aucun autre coin du monde. Face à ces juges, tout le monde a tout faux. Sauf le clan.

Apparemment, pour Marie Madeleine Mbourantsouo est ses juges, la constitution du pays peut êtretorturé par  un homme qui a du mal à prouver sa filiation avec ses parents officiels,  cela ne peut susciter aucune curiosité de la part des garants de la constitution qu’ils sont. Pourtant, la multiplication de plusieurs actes de naissance, en sept ans, à elle seule suffit pour qu’une vraie justice se penche sérieusement. Mais hélas !

Face à ce qui apparaît comme une évidence pour le commun des mortels, les neuf ‘’sages’’ ont toujours su trouver quelques subterfuges pour sauver le clan. Peut-être qu’à leurs yeux, les intérêts égoïstes comptent plus qu’une patrie dont la réputation est sérieusement écornée  avec cette affaire de plusieurs actes de naissance appartenant  à un seul individu.

Mais l’histoire prend toujours date. Et tous ceux qui ont toujours été aux antipodes de la bonne marche du monde, ont été inscrits dans les poubelles de l’histoire. Une sale réputation qui, malheureusement, rejaillit souvent sur une descendance pourtant innocente.

Melchior Ndabeyene

 

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