Accueil Politique Elections/Transparence : UNE AIGUILLE DANS UNE MEULE DE FOIN

Elections/Transparence : UNE AIGUILLE DANS UNE MEULE DE FOIN

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Transport des urnes, souvent dans des milieux inconnus/DR.

« Le Conseil Gabonais des Elections interpellé ». Ce titre du quotidien pro-gouvernemental « l’Union », peut/doit faire sourire plus d’un Gabonais surtout lorsque, très peu regardant sur les méthodes du système Bongo sous Omar lui-même, le journal de Lin-Joël Ndembet ne s’offusquait nullement de ce qu’il qualifie aujourd’hui de « nombre de faits curieux sur certains sièges et dans certaines circonscriptions » comme « la présence de plusieurs candidats d’un parti politique sur un même siège » au « premier siège du troisième arrondissement de Libreville (…) dans le département de la Noya (Cocobeach) » au « siège unique de Port-Gentil » et au « premier siège du 2ème arrondissement de Libreville où le un candidat « se retrouve avec deux suppléants différents ».

Pour notre confrère, manifestement à la recherche de la transparence, « face à ces situations pour le moins curieuses, l’opinion airerait savoir ce que prévoit la loi dans ce genre de cas ». Et de rappeler au CGE que « dans des scrutins aux enjeux multiples comme ceux d’octobre prochain, leur organe doit être exempt de tout soupçon »

« l’Union » ergote sur des curiosités constatées ici et là dans le cadre des opérations pré-électorales en cours. Préoccupation louable si la motivation est portée par la recherche de la transparence, mais…

Où se trouvait donc « l’Union » lorsque la Cour constitutionnelle a invalidé 21 bureaux dans le 2ème arrondissement de Libreville pour lesquels elle n’a pas fait reprendre les votes, deux mois après, comme l’exige la loi ?

Où se trouvait « l’Union » lorsque, en 1990, on reprit le vote trois fois à Ntoum ?

Qu’a dit « l’Union » quand Mboumbou Miyakou a prononcé les résultats d’une présidentielle en faveur d’Omar Bongo alors que le dépouillement des votes par Mme la Gouverneure de la place de Libreville n’était pas achevé mais donnait déjà Mba Abessole largement en tête ?

Que fit « l’Union » quand, pour faire échouer le futur maire bûcheron de Libreville, on organisa deux votes ?

Comment expliquer que, quinze jours après avoir écrasé le PDG d’Omar Bongo à Libreville, en décembre 1996, le même électorat librevillois fasse « perdre » les candidats bûcherons à la députation ? « l’Union » s’en était-elle offusquée en son temps ? Quid des passeports distribués aux étrangers par milliers ?

A côté des « faits curieux » relevés par « l’Union », nous venons là de lister du lourd. « l’Union » donne le sentiment de faire mine de rechercher la transparence comme on recherche une aiguille dans une meule de foin, ça fait démocrate, on en convient. Mais, cela ne trompera pas grand monde. Nous sommes en plein système Bongo. Le 31 août 2016 nous l’a vigoureusement rappelé. « l’Union », véritable amplificateur du pouvoir en place, le sait également. Il sait qu’il n’y aura pas de transparence. Il ne peut y en avoir sous le système Bongo.

Les « Sages », conduits par Mba Abessole et Ogouliguende l’avaient prédit, à leur façon. Même le militant de l’Union Nationale, Charles Mba, rencontré par un Jean-Yves Ntoutoume pour qui l’homme ne se fait aucune illusion : « les élections législatives et locales du 6 octobre prochain, l’homme est contre quelques déclarations démagogiques de certains de son camp politique  (la coalition pour la nouvelle république), à propos d’une prétendue gouvernance du pays par l’opposition, si elle sort des législatives avec la majorité des sièges à l’Assemblée nationale : «C’est d’autant plus démagogique que la nouvelle constitution donne tous les pouvoirs au chef de l’Etat même si l’opposition a la majorité  au parlement», souligne-t-il. Lui qui décortique minutieusement les lois du pays avec une expérience d’ancien sénateur d’Oyem. Pour lui, aller à ces élections peut se limiter à «avoir une tribune pour que l’opposition fasse passer officiellement son discours.» dans un contexte où la place publique est interdite aux opposants du régime de Libreville. »

Les curiosités « décelées » par « l’Union » qui commande au CGE de s’expliquer sont du petit bois. Les Gabonais ont vu pire. Et, comme on le dit, qui peut le plus peut le moins.

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