Accueil Politique Elections partielles :La HAC, la grande absente !

Elections partielles :La HAC, la grande absente !

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Le bureau de la HAC lors de sa prise de fonctions/©DR

Par le biais de la Commission d’égal accès aux médias publics, l’instance de régulation des médias au Gabon a été la grande absente des élections partielles qui ont connu leur épilogue le week-end écoulé, avec l’attraction du siège unique de Mouila. Où l’opposant Serge Maurice Mabiala et le candidat du parti au pouvoir, le Pr Léon Nzouba, étaient en lice.

Les observateurs de la vie politique nationale l’ont certainement constaté. Aucun candidat aux législatives partielles, de ce mois d’août, n’est passé à une émission sur les chaînes publiques du pays, pour entretenir son électorat sur son plan d’action. Et pour cause, la Commission d’égal accès aux médias publics, que devrait mettre en place la Haute autorité de la communication, a brillé par son absence. Et pourtant, un président a été désigné pour coordonner les passages des différents candidats, en la personne du conseiller membre Lassény. Les organisations professionnelles, notamment l’OPAM, saisie par la HAC, a, elle aussi, proposé les professionnels des médias audio-visuels, presse écrite et numérique devant constituer ladite commission. Sans suite.

Que s’est-il passé, au point d’ignorer l’ordonnance portant création, organisation et fonctionnement de la haute autorité de la communication qui dispose en son article 34 : « La Haute autorité de la communication veille, dans le cadre des élections politiques et des opérations de référendum, à l’égalité de traitement des candidats et du temps d’antenne entre les partis ou groupements de partis politiques légalement reconnus à l’égalité de traitement des candidats dans les médias publics » ?

Dans les couloirs de la Haute autorité de la communication, on évoque l’absence des moyens financiers qui devaient permettre à la Commission d’égal accès de fonctionner en interne, sur les chaînes publiques de télévision et dans les circonscriptions politiques concernées par ces législatives partielles. Pourtant, selon une source bien informée, un budget de 800 millions de francs CFA, conçu à la HAC, avait été déposé dans les délais, auprès des autorités compétentes pour le fonctionnement de ladite commission. Jusqu’au moment où nous mettions sous presse, l’argent demandé n’était toujours pas disponible.

Une situation aux antipodes des élections couplées d’octobre 2018. Où la Commission d’égal accès a fonctionné à plein régime. « Normal, pour ces élections de l’année dernière, la HAC a reçu un budget de 2 milliards 260 millions de FCFA», indique un proche du dossier. On peut donc comprendre l’enthousiasme qui a régné, lors de la dernière Commission d’égal accès présidée par le conseiller membre, Guy Roger Lendira, où plusieurs médias publics et privés ont pris une part active.

Quid du reliquat ? Là est toute la question. En effet, certaines sources indiquent que les élections couplées d’octobre dernier auraient valu, en tout et pour tout, 420 millions de FCFA. Si tel est le cas, où est donc le grand reliquat (un peu plus d’1.5 milliard de FCFA) ? A quoi a servi cet argent ? Seules les autorités compétentes, notamment la Cour des comptes, pourra éclairer l’opinion, puisque le sujet paraît tabou, même au sein du Collège des conseillers membres. Aucune plénière, selon nos sources, n’a éclairé leur lanterne.

Du coup, beaucoup s’interrogent si le silence observé par les services compétents, suite à la demande des 800 millions pour le fonctionnement de la commission d’égal accès, ne trouve pas son origine sur le flou entretenu sur la gestion de la première manne perçue ?

Nelson Tchimbakala

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