Accueil Politique Elections législatives: l’opposition divisée

Elections législatives: l’opposition divisée

PARTAGER
(c)internet.

Avec  l’arrivée de la nouvelle année, le débat sur une éventuelle participation des partis politiques de la Coalition pour une nouvelle république aux élections législatives et locales va se poser avec acuité. Au sein de la galaxie Ping, deux thèses s’affrontent ; les uns estiment qu’aller aux élections c’est cautionner indirectement le régime illégitime d’Ali Bongo et donner à René Ndemezo’o et sa clique de dialogueurs d’Angondje d’être allé à la soupe.

Il ne faut donc pas participer aux prochaines élections législatives, locales, voire sénatoriales, si elles sont organisées par un « pouvoir illégitime ». De plus,   «la fraude constitue l’ADN du PDG », estiment certains. Qui pensent qu’aller aux élections organisées par le pouvoir actuel serait une manière de reconnaître ce pouvoir que la coalition combat. Sur les réseaux sociaux, le débat sur la participation ou pas de l’opposition divise.

Les partisans de la thèse opposée pensent que la politique de la chaise vide est inopérante. Pour ces derniers, l’année 2011 a été une erreur politique pour l’opposition. En effet, «en n’allant pas aux législatives de décembre 2011, on a laissé le PDG avoir le contrôle de toute l’Assemblée nationale avec 114 députés sur 120. Ce qui a donné lieu à des dérapages institutionnels, notamment de nouvelles dispositions dans la Constitution qui ont considérablement renforcé les pouvoirs du président de la république», explique un opposant. «Lors des élections locales, on a participé et on a obtenu quelques mairies et des sièges de sénateurs. Mieux organisés, nous pouvons mieux faire que ça et continuer à faire l’opposition au sein du Parlement, plus nombreux certainement » poursuit notre interlocuteur.

Plus tranchant, cet internaute, se demande pourquoi «ceux qui disent de pas prendre part aux élections organisées par le pouvoir, ne refusent pas de renouveler leurs passeports ou d’en faire établir ? C’est toujours le même pouvoir non ? », se demande-t-il.

C’est donc dire si la non-participation aux futures législatives, tel que l’a recommandé l’Union européenne dans l’une de ses résolutions, serait aussi, pour cette opposition qui s’appuie beaucoup sur la puissance diplomatique pour une véritable démocratisation des pays, une manière de désavouer cette l’institution européenne qui a commis une mission d’observation au Gabon à la présidentielle de 2016. Et c’est parce que l’opposition avait pris part à cette élection que tout le système électoral gabonais avait été mis à nu. Désormais, on sait qu’au Gabon, le pouvoir use du tripatouillage systématique des élections pour se maintenir aux commandes du pays. Pour sûr, un boycott de l’opposition à la présidentielle de 2016, aurait crédité une victoire du candidat du pouvoir.

En un mot comme en mille, ne pas se prévaloir de son droit de vote en refusant de participer à une élection, c’est laisser à d’autres le pouvoir de décider pour vous. Parce qu’un faible taux de participation n’a jamais empêché un dictateur de diriger un pays.

S.B

 

PARTAGER