Accueil Politique Élections 2018: Le CND grand absent du débat électoral…

Élections 2018: Le CND grand absent du débat électoral…

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Le siège du CND à Libreville/DR.

Depuis le gel de ses activités en avril dernier par son Président sortant, Me Séraphin Ndaot Rembogo, pour des raisons de trésorerie explique-t-il,  le Conseil National de la Démocratie est invisible sur le terrain. Mieux, il est absent, voire aphone dans le débat électoral des législatives et locales en cours. Son absence à ce débat politique capital pour l’avenir du pays serait-il synonyme de dissolution définitive ?

Institution censée réguler la démocratie, le Conseil National de la Démocratie n’a plus fait signe de vie depuis le début du processus électoral lié à l’organisation jumelée des élections législatives et locales d’octobre prochain. Pourtant, des problèmes naissent déjà dans certains états-majors politiques presqu’abandonnés à eux-mêmes quant à la désignation des candidats devant prendre part à ces scrutins. En effet, la tension est montée d’un cran ces derniers jours entre le Centre des Libéraux Réformateurs et le Parti Démocratique Gabonais, tous deux de la galaxie présidentielle sur la paternité de certains candidats investis. Le Parti de Jean Boniface Assélé, leader du CLR, reproche à son allié d’avoir investi contre son gré, et sans consentement préalable,  cinq militants d’envergure issus de ses rangs en tête desquels, l’actuelle mairesse du 6ème arrondissement de la commune de Libreville, Mme Eliane Frida Mindoungani, investie aux législatives par le PDG alors qu’elle n’avait jamais démissionnée du CLR. Or, la loi électorale en vigueur en République Gabonaise précise dans ce cas de figure que Mme Mindoungani aurait dû démissionner du CLR,  au minimum 4 mois avant la tenue des élections pour être investi par le PDG. Mais une procédure qui n’aurait pas été respectée par la mairesse sortante du 6ème Arrondissement de Libreville ; fort heureusement, l‘erreur vient d’être corrigée par le PDG qui a fait marche arrière, en remplaçant Eliane Frida Mindoungani par  Placide Nzoghé, maire adjoint sortant dudit arrondissement.

Les PDGistes habitués aux coups bas ont voulu imposer leur investiture contre nature à  Tonton Associé, qui avait qualifié ces investitures du PDG de façon-façon, de « braquage électoral », devant ses militants encore en état de choc,  il y a quelques jours. Avant de rétorquer comme un bon « Codo retraité » qu’il allait renvoyer l’ascenseur aux PDGistes en réinvestissant à son tour ces mêmes militants aux législatives et locales pour le compte du CLR. « Le PDG veut faire la guerre avec le CLR, on va faire la guerre » a pesté le Général à la retraite qui vient de gagner cette première bataille  de paternité des militants. Un débat de chiffonniers qui pouvait être tranché en amont du vivant du Conseil National de la Démocratie, comme il avait fait en son temps avec les deux tendances de la défunte UDL de Jean De Dieu Ekouaghe Anzele et Jean Emane Ayoune qui se livraient une guerre de leadership des années durant sur le terrain pour la paternité du parti. Mais le débat fut vite tranché par le CND, qui donna raison au second. Que gagne le pouvoir en voulant tuer  le Conseil National de la Démocratie ? Où la cinquantaine d’agents qui le composent croupit toujours dans la misère avec trois ans d’arriérés de salaires. Pourtant cette institution, si elle est redynamisée, peut être encore utile en jouant par exemple le rôle d’arbitre, voire de juge dans certains conflits entre partis politiques sans qu’on ait forcement recours à d’autres institutions profanes pour trancher. Et,  en cette période post investiture et pré- électorale,  le CND devait être appelé à la rescousse pour passer aux cribles les listes des différents candidats investis par les formations politiques aux législatives et locales d’octobre prochain,  en s’appuyant sur le fichier du ministère de l’Intérieur pour vérifier si ces différents candidats  militent régulièrement dans ces partis où ils ont été investis. Ce sera aussi pour le CND  une façon de contribuer efficacement à la vitalité de notre jeune démocratie qui a du mal à décoller. Mais aussi, de saisir la période des élections pour mettre hors d’état de nuire tous les fossoyeurs de la démocratie gabonaise. Enfin, le CND pouvait aussi jouer le rôle de pédagogue en convoquant les différents candidats à ces élections  province par province pour qu’ils s’imprègnent du code électoral et de la constitution, des outils souvent ignorés par ces derniers.

Le CND  a besoin aujourd’hui d’une véritable thérapie curative afin de jouer le rôle qui devrait être le sien en cette période électorale, même s’il est vrai qu’une partie des Gabonais ne cernent pas, jusqu’à ce jour, ses missions depuis sa création, cette catégorie de citoyens milite pour sa dissolution en cette période d’austérité. La polémique est ouverte sur la dissolution ou non du CND…seule « Dame Austérité » aura le dernier mot.

 

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