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Elections 2018 : Démocratie Nouvelle a- t-il une chance d’avoir un député sans Patrick Eyogo Edzang ?

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Patrick Eyego Edzang/(c)DR.

Député sortant du siège de la commune de Bitam, Patrick Eyogo Edzang frappé d’inéligibilité pendant cinq ans par la cour constitutionnelle ne se présentera pas aux prochaines élections d’octobre 2018. Du coup, la question de la qualité des candidats de Démocratie Nouvelle (DN) et les chances de réussite de ces derniers, lors des joutes à venir suscitent des interrogations.

Sur 143 sièges, repartis dans les 9 provinces du pays, le parti Démocratie Nouvelle, a maximisé ses chances dans trois  provinces, à savoir l’Estuaire, l’Ogooué Ivindo  et le Woleu- Ntem.  Dans les autres provinces,  ils ont préféré laisser les sièges aux partis politiques, les mieux outillés et dont le travail de terrain a été  bien huilé.  C’est notamment le cas, de la province du Moyen Ogooué, de l’Ogooué Lolo, du Haut Ogooué  et de la Nyanga.  Dans ces localités, DN  n’a pas voulu présenter de listes, sans doute, pour éviter de tourner au ridicule.

A côté du problème de la représentativité dans l’ensemble du pays, il y a  la question des candidats investis par le parti. Avant les investitures, Patrick Eyogo Edzang, l’actuel ministre de l’Energie, était l’une des grandes chances du parti de René Ndemezo’Obiang, la décision de la cour constitutionnelle n’ayant pas été revue,  beaucoup d’observateurs de la vie politique du pays pensent que, ce parti pourrait bien sortir de cette élection sans un député. Des hypothèses, qui pourraient être avérées, eu égard aux bruits de bottes dans les provinces et localités où les candidats de Démocratie Nouvelle vont se présenter.

Dans la commune de  Mitzic, le ministre Délégué, Jonathan Ntoutoume NGome,   sera opposé à Louis Philipe Nkoghe Meyé, du Parti Démocratique Gabonais et  au  secrétaire exécutif de l’Union Nationale, Minault Zima Ebeyard, dont on affirme être le mieux placé dans cette localité. En ce qui concerne Jonathan Ntoutoume Ngome, les populations de cette localité, lui reprocherait son manque d’ouverture, ce dernier depuis qu’il est ministre aurait, semble-t-il, oublié les moments difficiles qu’il passait au côté des populations.  Aucune aide ou assistance financière, pour les populations en difficultés dans sa localité. Il a d’ailleurs été  surnommé «  l’harpagon » de Mitzic  à cause de ses multiples  scènes d’argent et conflits avec ses collaborateurs et membre de sa famille.

 Et sachant qu’en politique, « les peignes afro », c’est-à-dire les « radins »  réussissent difficilement, le ministre pourrait vivre des moments difficiles lors de la campagne.  Leader des étudiants, il y a quelques années,  Nicolas Ondo, va défendre les couleurs de Démocratie Nouvelle, dans le canton Nyé, dans la province du Woleu- Ntem. Aucune expérience politique à ce jour, absence de moyens financiers, il sera difficile pour ce jeune homme, bien qu’il soit un excellent orateur, de pouvoir prendre ce siège. Constat identique, dans le Haut Como à  Medouneu, où l’enseignant  Jean Daniel Nguema,  fait ses débuts en politique. Contrairement aux autres candidats de DN, ce dernier peut espérer aller au deuxième tour avec l’absence du patron de ce siège, Eva Jean Marie.    Dans la province de l’Estuaire,  l’ancienne activiste, Annie Léa Meyé, va tenter de convaincre les populations du 1er arrondissement de Libreville. Comme le jeune leader des étudiants, Annie Léa Meye, risque de faire  de la figuration. En cause, les moyens financiers et la superficie de l’arrondissement. Les circonscriptions  de Libreville ne sont pas les petits villages de Bitam ou d’Oyem, ou il suffit de faire quelques petits porte à porte, pour convaincre les résidents.   Sauf si, René Ndemezo’Obiang, compte vider ses comptes bancaires, pour financer la campagne de cette dernière. Idem, dans le deuxième arrondissement de la commune de Libreville, où Norbert Ngoua Mezui, ancien collaborateur politique de Jean Eyeghe Ndong, va devoir batailler fort, pour contourner les pièges des partisans de l’ancien Premier Ministre de feu Omar Bongo, qui n’ont toujours pas digéré, son nouveau positionnement avec le pouvoir en place, au sortir du dialogue d’Angondjé.

Le seul siège qui reste encore prenable pour Démocratie Nouvelle, est sans doute, le siège de la commune de Bitam, que Patrick Eyogo Edzang, avait conquis  de haute lutte, en août 2015, comme candidat de l’Union Nationale. Ce dernier, n’étant pas candidat, il est clair que,   Gaspar Obiang Nkoulou, le candidat de DN,  va devoir faire preuve de sacrifices pour convaincre les habitants de Bitam, qui commencent à donner raison à certains opposants, qui affirmaient que, René Ndemezo’Obiang,  regardait plus ses intérêts que ceux des populations gabonaises. Ainsi, Patrick Eyogo Edzang, n’étant pas candidat, les populations de Bitam, vont-ils faire confiance au candidat investi par DN ? La question mérite d’être posée, car, pour que ce siège soit conquis  par l’opposition, il avait fallu que toute l’opposition gabonaise  se mettent derrière Patrick Eyogo Edzang, pour démontrer au camp d’en face, qu’ils étaient très fort sur le terrain. DN, a-t-il le même potentiel à Bitam?

Affaires à suivre !

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