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Diplomatie : Les  »meilleurs fromages » de la diplomatie gabonaise offerts à l’Ogooué-Ivindo

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Après deux années au Congo Démocratique, Michel-Xavier Biang vient d’être nommé Représentant permanent du Gabon auprès de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) à New-York. Une fonction prestigieuse ! Il s’agit d’un diplomate talentueux qui connaît le système des Nations-Unies, pour y avoir servi, en 2002-2003, comme Conseiller Juridique de Jean Ping, au moment où celui-ci était le président de la 59ème assemblée générale des Nations-Unies. 

Mais au-delà du talent et de la compétence de l’intéressé, tous les observateurs s’accordent à dire, sans vouloir remettre en cause les qualités de l’intéressé, que son appartenance à la province de l’Ogooué-Ivindo est pour beaucoup dans cette  »promotion » dans l’une des grandes places de la diplomatie mondiale. Michel-Xavier Biang qui succède, à New-York, au Woleuntémois Baudelaire Ndong Ella (muté pour sa part à Pékin), est en effet originaire de la même province que le Premier ministre Emmanuel Issozé Ngondet. L’Ogooué-Ivindo dispose aujourd’hui des places diplomatiques les plus prestigieuses, à l’exception de Bruxelles où  »trône » encore Hortense Ngoubili, une originaire de la Léconi-Lékori (Haut-Ogooué).
Après avoir obtenu la Primature et cinq portefeuilles ministériels (avec Alain-Claude Bilie-By-Nzé, Edwige Bétah, Guy Maixent Mamiaka, Chantal Abengdang Mebaley et Patricia Tayé Zodi), l’Ogooue-Ivindo vient de se voir offrir trois des  »meilleurs fromages » de la diplomatie gabonaise, à savoir Paris (Flavien Enongoué), Washington (Michaël Moussa Adamo) et New-York (Michel-Xavier Biang), voire Moscou. En fait, il n’y a que Bruxelles, autre très bon fromage de la diplomatie gabonaise et autre très forte place diplomatique et internationale, qui leur manque…

Une façon de faire qui est en décalage avec les aspirations du Gabonais lambda

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 »On peut tout dire, vous pouvez être sûrs que les droits de réponse ne manqueront pas après l’analyse que je fais aujourd’hui, mais il paraît évident que tout ceci n’a pu se faire sans l’onction d’Emmanuel Issozé Ngondet dont l’opinion attend toujours qu’il s’affirme comme une personnalité nationale, et pas seulement comme une  »personnalité provinciale ». Il doit cesser d’apparaître comme le  »chef politique de l’Ogooué-Ivindo » qui fait tout pour faire nommer des proches à des fonctions forcément visibles. Ce n’était pas bien non plus lorsque les ressortissants du Haut-Ogooué occupaient toutes les places fortes de la diplomatie gabonaise. Cette façon de faire la politique est en décalage avec les aspirations du Gabonais lambda », souligne un Professeur d’histoire et de sciences politiques de l’Université Omar-Bongo (UOB).

Trop de régionalisme tue la cohésion et l’unité nationales

Au Gabon,  »chaque poste, chaque promotion, chaque sanction » a des conséquences géopolitiques.  »L’arrivée d’Emmanuel Issozé Ngondet au  »2-décembre » est donc grandement bénéfique pour les ressortissants de l’Ogooué-Ivindo. Sa nomination paraît être au bénéfice exclusif de ses frères et soeurs de la province.  »Trop de régionalisme et d’ethnisme tue la cohésion nationale », lance en guise de conclusion l’universitaire cité plus haut.

N.T

 

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