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Diplomatie Gabon-France: L’action de Flavien Enongoué se limite-t-elle à  »chasser du résistant » ?

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Flavien Enongoué, Ambassadeur du Gabon en France/(c)gabonreview.

En poste depuis juin 2017 à Paris, l’ambassadeur du Gabon se montre visiblement peu intéressé par les dossiers relatifs à la coopération entre les deux pays. Depuis son arrivée dans la capitale française, les seuls actes posés par Flavien Enongoué concernent son appui à la plainte portée contre X par Edouard Valentin le beau-père d’Ali Bongo (c’est ce qui constitue son principal acte de gloire), ses interviews contre la Résistance gabonaise et son envie maintes fois manifestée de démontrer sa haine à l’égard des Gabonais de France qui continuent d’exiger la vérité des urnes du scrutin du 27 août 2016…

Les seules fois où l’on parle de cet ambassadeur, c’est lors de ses  »affrontements » avec les Résistants gabonais par voie de presse. On croirait qu’on a affaire au patron de la Fédération PDG de France. Il est vrai qu’en ce moment, elle n’a pas de chef depuis la démission de Dieudonné Tahiro Apérano, qui avait dénoncé le coup d’Etat électoral et demandé qu’on rende au vainqueur sa victoire. Est-ce parce qu’il est moins charismatique que ses prédécesseurs (Jean-Marie Adzé, Félicité Ngoubili Ongouori et Germain Ngoyo Moussavou) qu’il tient à en faire des tonnes pour se rendre  »visible » au détriment de son action (purement) diplomatique ? Est-ce parce qu’il ne jouit pas de la même autorité (naturelle) qu’un Ngoyo Moussavou par exemple qu’il se croit obligé de se faire entendre autrement ?

En tout cas, supportant mal la vague de contestation et l’expression soutenue des frustrations liées au dernier scrutin présidentiel manifestées dans la capitale française par ses compatriotes proches de la Coalition pour la nouvelle République, Flavien Enongoué fait face. Il est  »au front », au point d’en oublier ses missions d’ambassadeur. Il se répand, à longueur d’interviews, sur les  »actions négatives » que mènent les Panthères de la diaspora, au lieu de mettre, comme tout diplomate, une stratégie en place pour dialoguer. Il va en guerre contre les anti-régime, au lieu d’aménager des passerelles pour la paix. Et surtout, il est sur la piste des  »Résistants », ces contempteurs du régime d’Ali Bongo, comme le montre sa descente très médiatisée à l’hôtel particulier Pozzo di Borgo le dimanche 14 janvier. Après le passage des  »Panthères de la diaspora » dans cette résidence dont on ne sait plus si elle appartient vraiment au Gabon où à des individus, il a tenu à aller se rendre compte de son état, en compagnie du  »responsable de SCI ». Une SCI dans une propriété du Gabon…

Même s’il doit échouer, pourquoi ne tente-t-il pas un rapprochement des points de vue ?

Ce diplômé de philosophie politique formé à l’UOB et en France se trompe-t-il de mission ? Lui a-t-on prescrit une mission autre que celle de parvenir à renforcer la relation si particulière entre le Gabon et la France ? Une mission de veille et de surveillance par exemple ? Si tant est que c’est cette  »mission de surveillance » qui lui a été confiée, pourquoi ne cherche-t-il donc pas à rapprocher les points de vue ? Pourquoi ne cherche-t-il pas à plaider pour une ouverture progressive, même s’il doit échouer… en fin de compte. Or, ses propos ont tendance à mettre du feu. Récemment, il a traité les Résistants d’être une  »minorité bruyante ». Le lendemain, les baies vitrées de l’ambassade ont reçu des billes. Le fossé entre l’ambassadeur et une très grande partie des Gabonais de France est devenu infranchissable parce qu’il n’y a pas, à l’avenue Raphaël, un artisan de paix.

Près de huit mois après son arrivée à Paris, l’action diplomatique de Flavien Enongoué est peu visible. Peut-il pense-t-il que l’organisation, à Paris, du cinquantenaire de la mort de Léon Mba a été une bonne chose ? Autant le lui dire tout de suite : une grande partie de l’opinion n’a pas compris que ce cinquantenaire soit commémoré en France. Peut-être, pense-t-il, qu’il fera partie de la lignée des grands ambassadeurs du Gabon : Sylvestre Ratanga (en Allemagne), Denis Dangué Réwaka, Jean-Robert Goulongana (à l’UE), Léon Ndong (en Grande-Bretagne), Joseph Ngoua (à l’ONU), Dossou Naki (en France), Emmanuel Mba Allo (en Chine), Emmanuel Issozé Ngondet (à l’ONU), Jean-Christian Obame (au Japon)…) ? Pas si sûr, car au lieu de faire de la diplomatie et d’axer son action sous le sceau du renforcement de la coopération entre Libreville et Paris, Flavien Enongoué se comporte comme un membre du Conseil national du Parti démocratique gabonais. Il aurait du ne pas sécher la formation d’imprégnation diplomatique.  »Les notions comme Gabon, Gabonais, Patrie, lui échappent ; lui, c’est PDG d’abord, distingué camarade d’abord », commente un membre de la diaspora.  »Pour lui, sa présence à Paris se limite à nous pourchasser ». Flavien Enongoué ne manquera pas, c’est sûr, de réagir à cet article, comme il l’a fait dans d’autres rédactions. Nous attendons qu’il nous explique un peu pourquoi il pourchasse des compatriotes au lieu d’observer une stricte neutralité, de se mettre au-dessus des sensibilités et, plutôt, de colmater les brèches si largement ouvertes…

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