Dialogue politique: deux mois pour ça?

Dialogue politique: deux mois pour ça?

655
0
PARTAGER
Les participants au dialogue politique/ DR.

Appelé par Ali Bongo, le  dialogue politique prendra officiellement fin aujourd’hui et le rapport remis à son initiateur, qui sort grand gagnant de ces assises.

  »On n’est mieux servi que par soi-même », dit l’adage. Le dialogue politique initié par Ali Bongo, conforte les pouvoirs de ce dernier. En effet, le mandat du président de la République, selon les conclusions du dialogue, garde son mandat à 7 ans renouvelable autant de fois, comme prévu par la constitution actuelle. De plus,  le président de la République a toujours la latitude de nommer 3 membres de la cour constitutionnelle, voire plus, puisque en qualité de président du conseil supérieur de la magistrature, il peut encore influencer le choix sur les autres membres que la haute juridiction aura désormais à désigner. Mieux, en cas d’une majorité au parlement autre que son parti, c’est le président qui oriente la politique du gouvernement. Une cohabitation douce.

«C’est la plus grande escroquerie politique de l’ère post conférence nationale gabonaise. On ne peut pas se réjouir de telles conclusions d’un conclave politique dans un pays qui a connu une constitution comme celle de 1991», estime une personnalité d’un parti de la majorité qui a pris une part active dans l’une des quatre commissions du dialogue. Très remontée, elle poursuit: «Comment penser que l’opposition ait pu accepter une telle mascarade qui n’a fait que conforter le pouvoir d’un individu. Je comprends finalement que cette opposition qui a pris part à ce conclave était de connivence avec le pouvoir».

Pour ce qui est de la commission électorale décriée par les populations, elle a été rebaptisée Centre gabonais des élections (CGE) en lieu et place de la commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP) dont les membres sont nommés pour une période de 2 ans renouvelable une fois: «On a juste déshabillé Paul pour habiller Jean. Les accords de Paris avaient inventé le commission nationale électorale (CNE), pour les mêmes fraudes décriées», explique un membre de la coalition de l’opposition incarnée par Jean Ping, qui a refusé de prendre part aux assises d’Andondje.

Le mandat de la cour constitutionnelle est de 9 ans non renouvelable. Mais le mode de désignation de ses membres n’a pas fondamentalement changé pour ne pas soupçonner la partialité de ses membres. «La montagne a accouché d’une souris. Et ceux qui ont  refusé de prendre part à cette réunion politique ont été visionnaire. Le pouvoir ne peut pas organiser un dialogue pour se faire hara-kiri», indique un ancien candidat à la dernière présidentielle.

Avec un tel échec sur un dialogue auquel était suspendue une grande opinion, toute la question est de savoir si les assises d’Angondje pourront permettre au Gabon de sortir de la crise sociopolitique qui le secoue depuis de longs mois.

Junior Ojukwe

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE