Dialogue national Estelle Ondo oublie trop vite !

Dialogue national Estelle Ondo oublie trop vite !

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A l’instar d’autres pro-dialogues, Estelle Ondo, depuis qu’elle est ministre de l’Economie forestière, s’échine à faire accepter aux Gabonais le ‘’fameux’’ dialogue qu’elle a accepté de tout cœur au lieu de s’occuper des nombreux maux qui minent son département ministériel. Preuve en a encore été faite, le samedi 5 novembre dernier, à la Chambre de commerce de Libreville où cette dernière a appelé son parti et des nombreux Gabonais à tourner la page de la crise née de la dernière présidentielle. Scandaleux ! 

 «Nous devons désormais tourner la page et regarder devant nous». C’est le mot d’ordre lancé par Estelle Ondo, le 5 novembre dernier, lors d’une sortie à la Chambre de commerce de Libreville. La 4e ’ex-vice-présidente ( ?) de l’Union nationale (UN), a appelé son parti à reconsidérer sa position. Une intervention jugée tout simplement scandaleuse, voire un manque de considération de la valeur de la vie des nombreux Gabonais qui ont péri durant la crise post-électorale.

 A titre de rappel, le peuple gabonais se souviendra que l’élection présidentielle 2016 aura été la plus meurtrière de sa jeune démocratie. En effet, depuis 26 ans que le Gabon a fait son retour au multipartisme, cette élection a connu une crise qui a engendré de dizaine de morts, tués par des balles assassines de l’actuel pouvoir. Situation que, même la communauté internationale n’a pas manque de condamner. Dans ces conditions, nombre de Gabonais ne comprennent pas alors pourquoi cette dame qui était aux premières loges de cette crise tienne aujourd’hui un tel langage. Vendre l’idée aux Gabonais que c’est le dialogue qui va régler, une fois pour toute et enfin, tous les problèmes électoraux du Gabon, c’est certainement faire dans la cécité politique. A moins qu’elle croit que les Gabonais sont suffisamment stupides pour penser que quelqu’un qui a truqué si ouvertement et scandaleusement la présidentielle, aurait l’intention de faire des concessions par le dialogue.  Un pouvoir qui a, au vu et au su de tout le monde, bombardé le QG de son adversaire va soudainement devenir républicain et mettre en place un processus électoral libre et crédible ? Si l’actuel président déclaré avait en lui la moindre fibre républicaine, il n’aurait jamais eu besoin de tuer les Gabonais pour se maintenir au pouvoir. De quoi peut-on dialoguer avec lui ?

Pire, comme pour bien se moquer du peuple, cette dernière n’a pas manqué d’interpeller l’opposition : «l’opposition ne doit pas laisser passer cette opportunité historique de régler une fois pour toute la question de la Démocratie au Gabon». Diantre ! De quelle opposition et de quelle chance parle-t-elle ?  Depuis la conférence nationale de 1990, en passant par de nombreux accords et conciliabules politiques, quelles avancées politiques le peuple gabonais a eu droit ? A part quelques petites réformes qui ne dérangent en rien le maintien au pouvoir de la dynastie de Bongo. Dire aujourd’hui que c’est une chance historique de s’asseoir avec un pouvoir qui ne compte que sur la force, c’est se moquer des vieux lutteurs qui ont donné de leurs vies pour l’alternance démocratique au Gabon.

Les Gabonais ont tellement souffert qu’une compromission de la part d’un de leurs leaders est synonyme aujourd’hui d’une trahison. Le peuple aimerait savoir si, Estelle Ondo, aurait eu le même raisonnement aujourd’hui si elle n’avait pas été nommée membre du gouvernement.

LMA

 

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