Accueil Politique Dialogue d’Angondjé avec René Ndemezo’O. Le CGE avec les autres

Dialogue d’Angondjé avec René Ndemezo’O. Le CGE avec les autres

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Lundi dernier, David Mbadinga a accordé une interview au quotidien pro-gouvernemental « l’Union ». Au nom de la Conférence des Président des Partis de l’Opposition, il a fait le point sur certaines questions qui traduisent des évolutions notables tant du côté du pouvoir que de celui de l’opposition. Déjà, il est indéniable de constater qu’il existe désormais  des oppositions.

Ancien membre de la Coalition Jean PING 2016, David Mbadinga, par ailleurs Président de l’Union des Patriotes Gabonais Loyalistes (UPGL) préside dans le même temps une Conférence des Présidents des Partis de l’Opposition. Au sein de laquelle on peut souligner les présences remarquées de Guy Nzouba Ndama, Oye Mba, Barro Chambrier, et bien d’autres qui font encore partie de la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) dont la Conférence

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des Présidents est conduite actuellement par Jean Eyeghe Ndong. Or, dans le contexte actuel, les 44 partis qui ont choisi David Mbadinga comme porte-parole savent pertinemment que ce dernier ne s’était pas privé, en juillet 2017, de qualifier Jean PING de tricheur : « nous savons tous que Mr Jean PING aussi a triché pendant cette élection [présidentielle] même si  lui-même refuse de l’admettre aujourd’hui ».  Il en avait, d’ailleurs, profité pour tracer une ligne de démarcation assez nette entre son parti et Jean PING : « les objectifs poursuivis actuellement par Jean PING s’éloignent de notre ligne politique de départ.  Il ne faut pas faire de l’élection présidentielle d’août 2016 une affaire personnelle ». Des propos d’une clarté telle qu’il n’y a plus aucun doute sur les clivages qui divisent désormais ceux qui les pro-PING et le groupe des 44. En fait David Mbadinga semble avoir dit tout haut ce que l’entourage immédiat de PING pensait  déjà tout bas et, apparemment, depuis plus longtemps que ne le pensait Jean PING. Ou qu’il ne faisait mine de le penser.  En effet, lors d’un entretien récent avec l’hebdo français « Paris Match », début avril 2018, PING, sur la question des clivages nés au sein de sa coalition à propos des législatives organisées par le pouvoir actuel, répondait sereinement que la CNR est un espace de liberté auquel il reste attaché et dont il veut absolument préserver l’unité.  Une unité des contraires qui risque d’être soumise à rude épreuve à en croire l’assurance affichée par David Mbadinga quant à la décision finale du gouvernement de BOA en ce qui concerne le débat entre les deux listes de l’opposition pour  la mise en place du Centre Gabonais des Elections. Celle des 44 et celle des 3 (DN/PDS/PSD).

Question de « l’Union » : «  A quoi doit-on s’attendre si jamais le ministère de l’Intérieur venait à préférer une liste autre que celle que vous avez déposée ? »  Réponse de David Mbadinga : « il est difficile d’imaginer  que cela puisse se faire. Ce à quoi nous nous attendons par contre, et nous le savons très bien, c’est que le ministère de l’Intérieur demande à nos trois amis [DN/PDS/PSD] de se rapprocher de nous afin de pouvoir harmoniser nos positions. Histoire de nous entendre sur nos représentants. Le bon sens voudrait en effet, que l’on tienne compte de la majorité écrasante que nous représentons »

Et, cet appui possible et manifestement attendu -par les 44 s’entend- du ministre de lIntérieur serait tout bénef pour BOA qui, après avoir réussi à étêter  la « garde rapprochée » politique de Jean PING, en captant René Ndemezo’Obiang,  signe aujourd’hui avec d’éminentes figures  de l’entourage officiel immédiat de PING et membres fondateurs de sa Coalition. Nzouba Ndama, Oye Mba,  Ngoulakia,  et, depuis deux jours, Barro Chambrier.  La plupart d’entre eux présentés par PING lui-même, en mars 2017, à Oyem, comme des soutiens essentiels qui lui ont permis de l’emporter en août 2016. Des irréprochables en quelque sorte. BOA se sera finalement servi à plusieurs reprises dans la marmite de PING et semble avoir choisi les gros morceaux.

C’est pourquoi les ruades actuelles et compréhensives des trois qui exigent quelque part que leur liste prime celle des 44 moins 3 ne peuvent que très difficilement prospérer. Dans la mesure où DN, PDS, et PSD sont des poissons qui gisent déjà dans la gibecière de BOA, il est question pour ce dernier de pêcher ceux qui frétillent encore dans l’eau. Autrement dit, BOA a tout intérêt à signer un accord en bonne et due forme avec les 44. D’où la visible sérénité de D. Mbadinga.

Toutefois, toutes ces tractations qui demeurent avant tout des négociations d’états-majors pourraient ne pas recueillir l’assentiment de la majorité des Gabonais qui n’y percevraient que des arrangements de superstructure au service des mêmes équilibres, notamment de la préservation de la stabilité du système-Bongo. Le risque que le peuple assimile les 42, le PDS, le PSD, DN au système dominant est tout à fait réel. C’est déjà fait en partie. Mais, en revanche, il n’est pas garanti que cette posture populaire profite à la CNR dans la mesure où Jean PING, à force de couper la poire en deux sur des questions centrale comme la participation ou pas aux prochaines législatives pourrait se couper progressivement de ce peuple qui l’a assurément toujours soutenu. D’autant que les récentes déclarations de Barro Chambrier annonçant la participation d’Héritage&Modernité aux prochaines législatives affirment que cette décision a été prise après mûre réflexion et plusieurs entretiens avec « le président élu », Jean PING. Il aurait tout à gagner à ne pas brouiller son image ni à donner à d’autres le soin de la brouiller. A bon entendeur….

 

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