De ‘’l’avenir en confiance’’ à ‘’l’égalité de chances’’. Encore une grande utopie

De ‘’l’avenir en confiance’’ à ‘’l’égalité de chances’’. Encore une grande utopie

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Dans les lycées et collèges, cela s’appelle la ‘’pompe’’. Il s’agit, soit de copier chez le voisin lors d’une épreuve, soit alors d’avoir préparé, au préalable, de petites fiches contenant des réponses aux questions qui pourront être posées.

Manifestement, Ali Bongo semble être champion de ce genre d’exercice, sa source d’inspiration étant plus particulièrement le Sénégal. Chaque fois qu’il se retrouve empêtré dans des difficultés, il n’hésite pas de faire appel aux génies du pays de Léopold Sédar Senghor pour le sortir du pétrin. Il en fut ainsi en 2009, avec le concept de l’’’Emergence’’. Il en est également de son nouveau slogan ‘’Ensemble changeons le Gabon’’. Ce dernier fut inspiré à l’ex Chef d’Etat sénégalais, Abdou Diouf en l’an 2000 par le publicitaire français, Jacques Séguéla, au moment où ce dernier fut sur le point de perdre le pouvoir, après quarante ans de règne socialiste sur le Sénégal.

Il faut dire qu’Ali Bongo se retrouve aujourd’hui, à quelque chose près, dans la même situation. Il a perdu, presque tous ceux qui l’ont porté au pinacle en août 2009 et qui comptaient parmi ses fidèles : Jean François Ntoutoume Emane, Guy Nzouba Ndama, Eloï Rahandi Chambrier, Raymond Ndong Sima et bien d’autres encore, et non des moindres, venus renforcer et grossir les rangs de l’opposition. Il ne lui reste plus qu’un petit cercle de va-t-en guerre, opportunistes, situationnistes et sécurocrates  qui lui suggèrent de passer en force. Un passage que ce dernier voudrait habiller avec des opérations de ‘’com’’ et de charme, à l’exemple de la fameuse ‘’tournée républicaine’’ (sic) qu’il effectue actuellement, le tout s’accompagnant d’un déploiement, sans précédents de forces de défense et de sécurité sur l’ensemble du territoire nationale.

Toujours dans cette logique d’un passage en force, et après avoir promis ’’l’avenir en confiance de 2009’’, la campagne électorale de cette année 2016 sur fond ‘’d’égalité de chances’’. Les hommes naissent biologiquement et physiologiquement égaux, sauf handicap survenu avant l’accouchement. C’est le milieu social dans lequel ils viennent au monde qui façonne leur existence. Il est de ce fait évident qu’un enfant né dans les ‘’mapanes’’ de Libreville, au milieu des cafards et des moustiques, et des rats a moins de chances de réussite dans la vie qu’un autre né à la Sablière, le quartier le plus huppé de Libreville. Il est tout aussi évident qu’un jeune qui se retrouve dans une salle de classe dont l’effectif dépasse 100 élèves, a moins de chances de réussir un examen qu’un autre affecté dans une salle de classe de moins de 30 élèves. De même, un Gabonais habitant Medouneu, Minvoul, Moulingui-Bindza, Malinga, Iboundji, ou tout autre coin enclavé du pays, a beaucoup plus de chance de succomber d’une crise de paludisme ou d’une morsure de serpent, qu’un autre résidant là où il peut facilement être soigné dans un hôpital.

 C’est donc dire à quel point ‘’légalité des chances’’ relève de l’utopie, surtout dans la situation actuelle de Gabon, caractérisée par des inégalités criardes. Il y a dans la notion  de ‘’chance’’, quelque chose d’aléatoire, une part d’imprévu. Il s’agit d’une probabilité pour que quelque chose  se produise ou qu’elle ne se produise pas.

Avec ‘’l’égalité de chances’’, on est donc dans le domaine de la probabilité. Et dans un pays structuré de manière très hiérarchique comme le Gabon, cette inégalité de chances apparaît comme un creux et simple slogan de campagne électorale, comme l’a été ‘’l’avenir en confiance’’ devenu 7 ans après ‘’l’avenir en confiance’’.

Par contre dans une république, ce qui doit être promis et assuré aux citoyens, c’est l’égalité devant le droit : à l’éducation et à la formation ; au travail, à la bonne santé ; à un logement décent, à l’eau potable et à l’électricité ; à circuler librement ; d’exprimer ses opinions.

C’est donc disions nous l’égalité devant tous ces différents droits qui doit être promise et assurée aux citoyens d’un pays tel le Gabon, et non ‘’l’égalité de chances’’, cette dernière étant, rappelons-le encore, une donnée aléatoire.

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