Crise post électoral Mborantsuo : l’interview de la partialité

Crise post électoral Mborantsuo : l’interview de la partialité

110
0
PARTAGER

Dans une interview accordée la semaine dernière à Jeune Afrique, la présidente de la cour constitutionnelle s’est mise à la place de l’accusation.

L’interview accordée par Marie Madelheine Mbourantsuo à Jeune Afrique dans sa version électronique et qui sera certainement mise dans sa version papier, vient de démontrer  aux Gabonais qui avaient encore un  peu d’espoir sur l’impartialité de  la Cour Mado,  que cette institution est une institution inféodée au pouvoir en place. En lisant de bout en bout cet entretien, les gabonais eux même peuvent en déduire de ce qui pourra être le résultat attendu cette semaine.

 Saisie dans le cadre d’un recours introduit par le candidat Jean Ping, la cour qui en principe se penche pour étudier les pieces jointes dans ce recours, a étonné plus d’un Gabonais, avec cette interview. Surtout que le moment n’est pas propice, au regard des tensions qui ont suivi la déclaration des résultats par le ministre de l’Intérieur, Pacome Moubelet Boubeya. Tensions qui, est-il encore besoin de le rappeler, ont endeuillé nombre de familles gabonaises.

 En accordant cette interview,  la présidente de la plus grande juridiction de notre pays n’est-elle pas entrain de piétiner la constitution de la République gabonaise, qui dispose en son article 90 alinéas 3, à l’occasion de rentrée en fonction aucours de laquelle, les membres de la Haute Cour doivent preter serment. « Je jure de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans le strict respect de ses obligations de neutralité et de reserve et de le conduire en digne et loyal magistrat ».

Or, les obligations de  neutralité et de reserve ont été simplement et purement bafouées par la gardienne des lois. Ce d’autant plus qu’en lisant entre  les lignes de cette inetrview, madame Mbourantsuo fait  également siens, les arguments d’Ali Bongo Ondimba. Ali Bongo a pourtant dit qu’il devait saisir la cour pour les fraudes qu’ils auraient eues dans les  provinces de l’Estuaire, du Woleu Ntem et de l’Ogooué Maritime. Au lieu de cela, il a établi une procédure reconventionnelle, qui vise à faire de reclamations dans certaines villes où son adversaire aurait  obtenu  100% de suffrages. Il semble que et comme elle le dit à nos confrères de Jeune Afrique, la patronne de la haute cour va aller au-delà de la province du Haut-Ogooué, en vérifiant les résultats des autres provinces. Alors que le recours introduit par le camp Jean Ping demande simplement un recompatage dans la province du Haut Ogooué. Reserve et neutralité ? Mborantsuo défend, bec et ongle, les propos d’Ali Bongo, lorsqu’elle dit qu’il y a des candidats qui se sont autoproclamés président de la République.

Telle une militante très engagée du PDG, Mbouratsouo a surtout étalé son impartialité lorsque Jeune Afrique lui pose la question suivante : quelle analyse fait-elle de la crise que traverse le pays. « L’élection n’a été qu’un détonateur. Dépuis plus d’un an et démi les acteurs politique se sont engagés dans une voie faite d’invectives  et de diatribes. En fait cela n’avait rien avoir avec l’élection en elle-même. Ce sont des règlements de comptes personnels, des questions d’intérêt familial où d’un intérêt personnel qui ont conduit malheureusement le Gabon vers cette crise que nous vivons »

On ne peut être plus clair.

Boris Biyoghe

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE