Crise politique : Pourtant ‘’bi bele situation en main’’

Crise politique : Pourtant ‘’bi bele situation en main’’

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Jean Ping entouré de ses soutiens/DR

Casimir Oye Mba estime que « quand un problème surgit entre des hommes, ils doivent se parler pour explorer patiemment les voies et moyens de le résoudre. C’est ce que nous enseigne la culture Bantoue. » L’ancien 1er ministre d’Omar Bongo va plus loin : «  au risque d’agacer certains, je redis ici que lorsqu’il s’est agi de retenir un seul candidat de l’opposition, Nzouba Ndama, Ngoulakia, Aba’a Minko et moi avons montré notre capacité à nous effacer ». Oye Mba rappelle, pour illustrer son propos, que certains ont su le faire comme les Oyono Aba’a pour la Conférence Nationale, Agondjo et Mba Abessole pour les Accords de Paris, et Mamboundou pour les Accords d’Arambo. Ils ont su s’effacer, aux dires d’Oye Mba, pour débloquer la situation.

Question : manifestement, le fait de se présenter en 2009 ne démontre-t-il pas que la situation n’était pas si débloquée que cela après tous ces effacements ? Nous sommes partis, en 1990, d’une élection à deux tours pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois  pour revenir à un scrutin d’un seul tour pour un séjour indéterminé des Bongo à la tête du pays renouvelable tous les 7ans. Qu’ont-ils véritablement obtenu qui n’ait été finalement revisité par les Bongo et effacé des acquis ? Ainsi, pour éviter à Omar Bongo  une issue fatale qui eut condamné aussi la Famille, ses amis et ses alliés, le système Bongo s’organisa pour que les Actes de la Conférence Nationale et les Accords de Paris ne soient pas appliqués ; que La Constitution ne limite plus la durée du mandat Présidentiel de telle manière que, seule, la mort mette fin aux fonctions du Chef de l’Etat dit Républicain ; que, seul, le Fils, exploitant les mécanismes de contrôle civil, militaire et judiciaire mis en place, remplace héréditairement OBO pour protéger l’immense butin amassé par les Bongo sur le dos des Gabonais et s’assure qu’Omar ne soit jugé, lui, sa famille et son clan, même à titre posthume, par un quelconque successeur non maitrisé, que le Fils, nouveau gardien du Temple, « entretienne la flamme », pendant 50 ans s’il le faut, et garantisse la pérennité de la dynastie en léguant à son tour le pouvoir à son fils. Nous sommes précisément dans cette logique depuis toujours.

Les exemples de personnalités politiques donnés par Oye Mba sont, c’est vrai, instructifs, mais seulement du fait qu’ils illustrent à merveille que, depuis 1990, ce sont les mêmes qui s’effacent et la même famille – les Bongo- qui se maintient. Pourquoi Casimir Oye Mba n’exige pas de BOA  qu’il s’efface lui aussi ? Peut-être parce que le vice-président de l’Union Nationale sait bien que c’est impossible. Un Bongo ne s’est jamais effacé

D’ailleurs, quelque peu fataliste, Oye Mba constate : « Ali a pris le pouvoir, il est assis sur le fauteuil, il est au palais. Le Gabon est bloqué et les Gabonais avec lui….Nous sentons tous que notre pays ne va pas bien…Le traumatisme des présidentielles n’est pas la seule cause de la situation. La baisse des revenus tirés du pétrole, les restrictions financières qui en découlent, l’étroitesse de la base économique du pays, les errements et les approximations de la gouvernance générale, tout cela contribue à plomber le Gabon. L’activité économique s’est alanguie…des grèves éclatent un peu partout dans les administrations, les hôpitaux, les écoles, et le secteur privé… ».

Certes, mais cette dégradation de la situation politique, économique et sociale date-t-elle de la crise postélectorale ou alors c’est justement du fait de cette mauvaise gouvernance que beaucoupse sont présentés à la dernière présidentielle, et même déjà en 2009 comme Oye Mba.

Et, mauvaise gouvernance de qui ? 50 ans après, on ne peut conclure qu’à la responsabilité semi-séculaire des Bongo qui jamais n’ont accepté de s’effacer.

Apparemment, un autre poids lourd de la coalition de Jean PING serait en train de suivre les pas d’Oye Mba.

Un autre poids lourd de la coalition Jean Ping, Guy Nzouba, est allé dans le même sens que Casimir OyéMba. Sur RFI, l’ancien Président de l’Assemblée nationale a exprimé le vœu que Ping et Ali dialoguent. Lui qui a démissionné du parti d’Ali Bongo par manque de dialogue au sein dudit parti. Le dit-il avec conviction.A suivre.

(Bi bele situation : On a la situation en langue fang)

 

S.M

 

 

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