Accueil Politique Crise institutionnelle au Gabon: L’inévitable restauration

Crise institutionnelle au Gabon: L’inévitable restauration

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©DR.

Le président de la République, Ali Bongo Ondimba, est apparu diminué par la maladie lors de son adresse à la nation de fin d’année. Ce, contrairement aux assurances du gouvernement, par la voix de son porte-parole, Guy-Bertrand Mapangou et du secrétaire général du PDG. Ces derniers qui s’adonnent à un exercice pernicieux qui n’augure rien de bon pour le pays, encore moins pour le chef de l’Etat lui-même.

Pour s’en convaincre, il suffit d’observer que depuis la tentative de putsch manqué des militaires, le 7 janvier dernier, aucune réaction ne provient de Rabat. Pourtant, la gravité de la situation que vient de traverser le pays, et qui s’est soldée par la mort de deux éléments des forces de sécurité et de défense, était suffisante pour faire sortir, un tant soit peu de son silence, un Ali Bongo Ondimba dont l’état de santé, dit-on, s’améliore significativement. Le président de la République ne devait-il pas apparaître, à nouveau, non seulement pour permettre aux Gabonais de se rendre compte de l’amélioration de son état de santé, afin de mettre en place les institutions de la République ?

Or, le silence du chef de l’État gabonais, après ces événements malheureux, vient conforter un peu plus la thèse de l’inaptitude du fils d’Omar Bongo à assumer les devoirs de sa charge. En effet, la succession des faits, d’octobre dernier à ce jour sur l’état de santé préoccupant du chef de l’État gabonais devrait amener  le gouvernement à solliciter la Cour Constitutionnelle pour une vacance de pouvoir au sommet de l’État. Ne pas le faire traduirait une certaine volonté d’entretenir le floue. Toute chose qui viendrait conforter les assertions des militaires putschistes qui évoquent et dénoncent les manœuvres visant la conservation du pouvoir par des thuriféraires tapis au sein du pouvoir.

Aux Etats-Unis d’Amérique, la candidate des Démocrates à la dernière élection présidentielle a vu son élection non validée par la chambre des représentants, pour avoir présenté les signes d’une légère affection clinique. Ce, malgré l’onction populaire dont bénéficiait alors Mme Clinton. Au Gabon, on a un chef de l’État dont les séquelles de la gravité de l’affection clinique sautent à l’œil nu. La Cour Constitutionnelle ne lit plus la Constitution, elle efface ce qui peut paraitre anormale.

Lucka Martial

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