Accueil Politique Cour constitutionnelle : Le Conseil supérieur de la magistrature pris de court?

Cour constitutionnelle : Le Conseil supérieur de la magistrature pris de court?

PARTAGER
©DR.

Dans certains milieux judiciaires, on indique qu’on s’attendait à ce que le prochain Conseil supérieur de la Magistrature (CSM), prévu début-octobre, désigne ses trois membres, quelle n’a pas été la surpraise de l’opinion de lire dans le Journal Officiel les noms des nouveaux membres de cette institution. Y aurait-il eu, comme on le dit, quelques batailles au sommet de l’Exécutif dans le dossier relatif à la désignation des nouveaux membres de la CC?

A quel moment le Conseil supérieur de la Magistrature s’est-il réuni pour désigner ses représentants au sein de la Cour Constitutionnelle ? On sait que le CSM de juillet dernier s’est occupé uniquement des affectations de magistrats dans les tribunaux et cours d’appel, cour des Comptes et cour de Cassation. Nulle part, il n’avait été fait mention. A quel moment l’Assemblée nationale et le Sénat ont-ils été saisis pour envoyer le nom des personnes devant y figurer pour leur compte ? Tout Libreville en parle…sans que personne ne comprenne réellement ce qui s’est passé.

Selon des observateurs de la vie politique gabonaise, il y aurait eu d’âpres discussions sur le départ ou non de Marie-Madeleine Mborantsuo de la tête de la Cour Constitutionnelle. Plusieurs noms ont même été avancés pour lui succéder. Entre autres, Pierrette Djouassa, Denise Mekam’ne et Francis Nkéa Ndzigué, mais le favori de ces dernières semaines semblait être Gilbert Ngoulakia, dont le nom aurait été proposé par d’éminents membres de la présidence de la République. Puis, finalement, patatras…fumée blanche : c’est Mborantsuo !

Après avoir dirigé l’institution pendant 28 ans, soit quatre mandats de sept ans depuis sa création en 1991, Miss Franceville 1972 rempile pour le mandat unique de 9 ans. Et avec elle, Louise Angué (G9), Hervé Moutsinga (G5), puis, parmi les derniers arrivés, Afriquita Dolorès Agondjo (G8), Christian Bignoumba Fernandes (G4) et Jacques Lébama (G7) sont reconduits. Par contre, Adiwa-Antony (G1), Baptiste Quentin (G3) et Claudine Menvoula me Nzé (G6) ont été appelés à prendre la porte de sortie pour faire place respectivement à deux juristes Edouard Ogandaga, Lucie Akalane et un psychologue Sosthène Momboua.

Après Omar Bongo à la présidence de la République qui aura mis 42 ans à la tête de l’Etat, Marie-Madeleine Mborantsuo est la femme qui aura passé plus de 35 ans comme président d’institution – des records imbattables !

Après le Dialogue d’Angondjé de mars-mai 2017, on a vu des institutions ou autorités administratives indépendantes être renouvelées entièrement, à commencer par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), la Haute Autorité de la Communication (HAC), la Commission nationale de Protection des Données à caractère personnel (CNPDCP), puis récemment la Commission nationale de Lutte contre l’Enrichissement illicite (CNLCEI). La Cour Constitutionnelle, elle, n’a été renouvelée qu’au tiers. Selon certaines sources proches du dossier, cette reconduction avant terme (six semaines avant la fin du mandat et un mois avant la tenue du Conseil supérieur de la Magistrature), il a fallu, pour certains, avancer les échéances pour que d’autres ne les prennent pas au dépourvu ! Qui donc avait intérêt à ce que Marie-Madeleine Mborantsuo ne soit reconduite ? Et qui donc voulait la remplacer par Gilbert Ngoulakia ou par une autre personnalité ? Autant de questions qui font dire que plus qu’auparavant, dans cette désignation subite des nouveaux membres de la Cour constitutionnelle, ce sont les plus avisés qui ont pris le dessus.

Marie-Madeleine Mborantsuo, première femme président d’une institution dans le pays, va donc rester aux commandes de la Cour Constitutionnelle jusqu’en octobre 2028 ! Elle aura, à ce moment-là, 73 ans, et pourra alors s’occuper un peu plus de ses affaires privées, notamment son lycée et de son université situées à Essassa dans le 2e arrondissement de la ville de Ntoum. Après 37 ans comme président d’institution, elle sera la personnalité qui sera restée le plus longtemps à la tête d’une institution après Omar Bongo et ses 42 ans à la présidence de la République !

PARTAGER