Complément d’enquête : Billie By Nze : ‘‘France 2 : une émission...

Complément d’enquête : Billie By Nze : ‘‘France 2 : une émission à charge, brûlot sur commande »

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L’émission Complément d’enquête diffusée sur la chaîne publique de télévision française France 2 a connu son pic d’audience le jeudi 6 juillet dernier. Et pour cause : elle diffusait un documentaire  »Le Clan Bongo, une histoire française ».

Dans l’opinion, cette émission a reçu la mention  »Bien », parce qu’elle a évoqué un certain nombre de sujets dont, par exemple, Gabon 24 aurait du mal à traiter. Pour le porte-parole du Gouvernement,  »l’émission a manqué d’éthique, de professionnalisme et d’équilibre »…

Non seulement, cette réaction risque d’autoriser de nombreuses interprétations, mais en plus, quand on voit ce qu’il fait de Gabon 24 en terme d’éthique et d’équilibre, Bilie-By-Nzéa-t-il vraiment des leçons à donner à France 2 ? En fait, sa réaction a confirmé l’inquiétant affaissement démocratique que vit le Gabon depuis quelques années.

La réaction d’Alain-Claude Bilie-By-Nzé et son annonce sur la prochaine dénonciation de cette émission auprès des autorités françaises ont fait dire à beaucoup d’observateurs que le ministre Porte-Parole a réagi,  »comme il fallait s’y attendre, comme un digne représentant d’une République bananière ».

Pour de nombreux spécialistes de la communication, le documentaire  »Le Clan Bongo, une histoire française » diffusé par la chaîne publique de télévision française France 2 a fait montre d’éthique, de professionnalisme et d’équilibre. Ethique ? Oui, bien sûr.  »C’était un documentaire objectif relatant des événements s’étant déroulés au cours de ces dernières années », souligne un docteur en sciences de l’information.  »Il relate le cheminement d’Ali Bongo de sa scolarité à son accession à la magistrature suprême ».

Professionnalisme ?  »Bien évidemment. Ce documentaire a été d’un grand professionnalisme ». A en croire la réaction de l’opinion le lendemain, ce professionnalisme a été salué par la plupart des commentaires, à l’exception du journal Le Douk Douk (qui reparaît subitement) pour lequel c’était  »une émission à charge ».  »Le professionnalisme se manifeste ici par laquelle de la démarche, du synopsis et du contenu », analyse une journaliste de Kanal 7..

Équilibre ? Bien sûr, il y a équilibre.  »Le Clan Bongo, une histoire française » a permis à Ali Bongo de s’expliquer longuement sur les avis donnés par divers interlocuteurs sur son enfance, sa scolarité, son entrée en politique avec son éviction du Gouvernement en juin 1991 en raison de son (jeune) âge à l’époque et sur sa présidence, ainsi que sur les résultats d’août 2016 dans le Haut-Ogooué. Il a aussi permis à des personnalités gabonaises et étrangères de réagir aux propos avancés par le chef de l’État gabonais. C’était donc une émission parfaitement équilibrée, dans laquelle ni l’éthique, ni le professionnalisme n’ont fait défaut.

Ali Bongo a répondu aux critiques, et a fait des déclarations qui ont été aussi parfois   contredites : c’est cela l’équilibre et l’éthique

Il est vrai qu’Alain-Claude Bilie-by-Nzé ne peut commettre une telle émission sur Gabon 24 que l’hebdomadaire La Griffe appelle  »Bilie-by-Nzé 24 » qui est le symbole même d’une chaîne de propagande gouvernementale non ouverte aux contempteurs du Gouvernement. Les invités y sont triés afin que cette chaîne (pourtant financée par le contribuable) n’exprime que la pensée unique…

Eh ben, France 2 n’est pas  »Bilie-By-Nzé 24 ». Avant la diffusion des magazines d’information, le directeur de l’Information et le directeur des magazines d’actualités s’assurent du respect de l’éthique et de l’équilibre de l’émission concernée pour prévenir d’éventuels procès. La réaction d’Alain-Claude Bilie-By-Nzé a donc suscité, comme on l’a vu plus haut, une réprobation immédiate dans l’opinion. Le Porte-Parole du Gouvernement s’est par ailleurs largement trompé sur des dates et des événements. Lorsqu’il affirme qu »’en 1981, après l’arrivée des Socialistes au pouvoir en France, il y eut la publication du livre Affaires Africaines par Pierre Péan, certains compatriotes avaient déclenché des manifestations ayant débouché sur les événements de la Gare routière ». C’est une erreur. Un mensonge. Les événements de la Gare routière ont eu lieu le 1er décembre 1981 ; le livre de Pierre Péan, lui, n’a paru qu’en 1983 ! Bilie-by-Nzé truque-t-il les dates pour justifier sa haine des médias et des journalistes français ?

Bilie-By-Nzé fait mine de se tromper de date…

Ce n’est pas non plus après la réélection de François Mitterrand en 1988 que  »l’Affaire Elf » est survenue. Ce vaste scandale politique et financier éclate plutôt en 1994 à quelques mois de la fin du second mandat de François Mitterrand, et sa révélation prend de l’ampleur à partir de 1995 à l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République française. Les procès et condamnations (notamment de Loïk Le Floch-Prigent, ancien PDG d’Elf Aquitaine) débuteront en 2002 et 2003, toujours sous Jacques Chirac. Si Omar Bongo a été éclaboussé dans cette affaire, c’est parce qu’une enquête interne menée par le successeur de Le Floch-Prigent avait révélé que des personnalités du clan Bongo (Georges Rawiri, Edith-Lucie Bongo,…) percevaient de l’argent issu des revenus du pétrole gabonais.

En provocateur averti, Alain-Claude Bilie-By-Nzé ne manque pas une occasion de rappeler que la France en veut à Ali Bongo parce que celui-ci a décidé de diversifier l’économie gabonaise en… diversifiant les partenaires du Gabon. Constat puéril. Propos puéril. Pour le Professeur d’Histoire politique,  »dans ce documentaire de France 2, on parle  »des gens, des vies, des drames » et on dresse le portrait d’un président qui se comporte comme un joueur qui, exclu par l’arbitre, continue de vouloir jouer, quitte à sa faire huer par le public ».

Les Émergents avaient pourtant promis qu’ils changeraient les paradigmes, mais ils ont plutôt renforcé l’affaissement démocratique que vit le Gabon depuis quelque temps ! Ils refusent l’objectivité des médias étrangers, parce que les chaînes publiques qu’ils dirigent sont des médias à pensée unique. France 2 n’a pas déchiqueté le bilan d’Ali Bongo, ni sali son action, ni ridiculisé sa personne. Ils ont dit ce qu’il se passe au Gabon. Tout simplement. Pour un universitaire gabonais,  »nous avons appris ce jour-là que France 2 n’est pas Gabon 24, la boîte de la pensé unique ».

N.T

 

 

 

 

 

 

 

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