«Complément d’enquête» Ali Bongo crucifié sur France 2

«Complément d’enquête» Ali Bongo crucifié sur France 2

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L’émission «Complément d’enquête», diffusée jeudi 6 juillet 2017 par la chaîne publique de télévision France 2 et focalisée sur le Gabon, a certainement battu le record d’audience au Gabon et auprès de sa diaspora. A travers elle, les téléspectateurs  qui l’ignoraient encore ont découvert, abasourdis et irrités, le système de prédation des richesses nationales mis en place par feu Omar Bongo Ondimba (OBO), à son profit personnel et à celui de sa descendance.

L’émission a révélé qu’Elf Gabon (Total) est le poumon non seulement de l’économie gabonaise, mais également de l’enrichissement ahurissant des Bongo.  En effet, en plus de reverser annuellement à l’Etat gabonais 25% de sa production pétrolière, cette société française virait chaque année 18% de son produit financier dans un compte personnel du président Omar Bongo. Ce système de pot de vin a ainsi fonctionné jusqu’en 1997, année où, l’appétit venant en mangeant, le ‘’roi’’ du Gabon a corsé ses exigences. Il a imposé à Total un virement de 10 millions de dollars US (6,3 milliards de F CFA) par trimestre. Tout cela, indépendamment du pécule qu’il tirait des autres sociétés de la pieuvre Delta Synergie, une nébuleuse créée par le bénéficiaire pour gérer les prébendes qu’il exigeait de toutes les grandes sociétés installées au Gabon.

C’est avec ces milliards illicitement gagnés qu’OBO a assuré sa longévité au pouvoir, par un savant mécanisme de corruption généralisée. C’est aussi avec cette cagnotte monumentale qu’il s’était permis d’acquérir, pour lui-même et pour sa progéniture, 33 résidences somptueuses dans les quartiers les plus chics de Paris et deux autres à Monaco. Ce magot a également alimenté plus de 80 comptes ouverts dans des banques en France, sous différents noms.

Ali Bongo mis à nu

Après la mort du ‘’roi’’, le ‘’roitelet’’ Ali Bongo Ondimba (ABO) a repris les commandes de ce système de prédation impitoyable et quasi scientifique. Celui qui a été présenté dans cette enquête journalistique comme un élève «très moyen» ayant obtenu son Bac de manière téléphonique est apparu aux yeux des téléspectateurs non pas comme un homme d’Etat ayant le tact, la finesse et la souplesse politiques de son défunt père, mais comme un gamin cleptomane et avide de gâteries, un président de la République irrationnel.

Il dépense les yeux fermés l’argent des Gabonais pour s’acheter 29 voitures de magnat, après une seule année de pouvoir, des avions et jets privés, des résidences princières en France, aux USA et en Angleterre. Et dire qu’à son accession au ‘’trône’’, ABO a trouvé le parking de la Présidence débordant de voitures les plus prestigieuses du monde, sans compter les avions laissés par son prédécesseur !

Il s’offrira même l’organisation de deux Coupes d’Afrique des nations de football (CAN) en l’espace de cinq ans seulement, à coups de plusieurs dizaines de milliards de F CFA dans un pays où tout est à l’arrêt et où le peule crie famine. Les téléspectateurs gabonais ont également été effarés de voir leur Président  rouler les mécaniques dans le meilleur studio d’enregistrement londonien, celui des célèbres Beatles, où il enregistrait un album, accompagné par l’orchestre philarmonique de Londres. Coût de ce violon d’Ingres: 23 millions de F CFA. Les Gabonais attendent avec impatience la sortie de chef-d’œuvre.

Enfin «Complément d’enquête» a montré, pièces et images choc à l’appui, qu’ABO a bénéficié d’un tripatouillage électorale flagrant pour se maintenir au pouvoir en août 2016 et que sa soldatesque a bel et bien canardé les Gabonais dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2016, pour les réduire au silence.

La diffusion de cette émission deux mois seulement après l’entrée en fonction d’un nouveau chef d’Etat en France et un mois après le passage à Libreville des experts de la CPI, et sa concomitance avec les sévères sanctions réclamées par le procureur de la 2ème Chambre correctionnelle de Paris à l’encontre du vice-Président Equato-guinéen, Théodorine, dans le procès des «biens mal acquis», doivent interpeller la conscience des ‘’émergents’’ et du peuple Gabonais. Et si c’était un signal de rupture émis par la France en direction de la «Bongolie»?

B.M

 

 

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