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Carmen Ndat et les cotisations du PDS  »Si vous ne cotisez pas pour le parti de mon père, notre collaboration ne pourra se poursuivre »

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Dans le Cabinet de Carmen Ndaot, l’atmosphère est fiévreuse et tristounette. La bonne ambiance du début de l’aventure est enterrée. Après les moments d’euphorie entre les 32 membres de l’équipe, place à la  »réalité » : on les a nommés pour leur extorquer leur argent, pour les racketter, pour les spolier. Au vu et au su du Chef du Gouvernement, Emmanuel Issozé Ngondet et, certainement, du Palais du bord de mer, Carmen Ndaot a décidé de faire d’un ministère de la République, une écurie du parti créé par son père. Elle a décidé de faire du ministère du Travail le prolongement du PDS ! Précurseur de la spoliation des cadres dans un ministère, le Parti pour le développement et la solidarité sociale (pourtant d’essence socialiste) de Séraphin Ndaot, devrait être mis au ban de la communauté nationale, car c’est la première fois que cela se produit sous nos cieux. C’est un scandale !  »Spolier, extorquer, racketter », telle semble être la (vraie) devise du PDS qui ne se contente plus d’exiger de fortes cotisations à ses élus locaux !

Ali Bongo a été ministre de la République pendant plus d’une dizaine d’années. Il n’a jamais demandé aux membres de son Cabinet de  »consacrer » 15% de leurs émoluments au Parti démocratique gabonais (PDG, le parti créé par son père). Simon Oyono Aba’a, président du Mouvement de Redressement national (MORENA), et ministre de la République n’a jamais exigé des contributions des membres de son cabinet pour le fonctionnement de sa formation politique. Dieudonné Pambo, ministre de la République et président de l’Alliance démocratique et républicaine (Adere), ne l’a jamais fait. Max Mébaley, ministre de la Fonction Publique et président du Rassemblement des Républicains (RDR), n’a jamais exigé des cotisations aux responsables et membres de son cabinet. Max Rémondo, ministre d’Etat Garde des Sceaux, ministre de la Justice et éminent membre du Parti Gabonais du Progrès (PGP), n’a jamais exigé de l’argent aux membres de son cabinet pour renflouer les caisses du PGP. Plus près de nous, jamais Bruno Ben Moubamba, vive-Premier ministre, puis ministre d’Etat chargé de l’Urbanisme, l’Habitat et du Logement social, et président de l’Alliance pour le Changement et le Renouveau (ACR), ne l’a fait. A-t-on entendu Eloi Nzondo, ministre du Travail et n°3 du Centre des Libéraux Réformateurs (CLR), demander des cotisations pour son parti aux membres de son cabinet, lorsqu’ils ne figuraient pas sur les listes de militants de son parti ? Ces membres du Gouvernement, à différentes époques, se contentaient d’apporter leur contribution à eux au parti dont ils étaient les leaders ou des membres des instances. Ils n’ont jamais dit à leurs collaborateurs :  »parce que je vous ai fait nommer, vous devez renflouer les caisses de mon parti ». Jamais…

Alors, pourquoi Carmen Ndaot se croit-elle obligée de spolier ses collaborateurs ? Depuis quand, dans ce pays, on paie des cotisations à un parti parce qu’on est directeur de cabinet, chef de cabinet, conseiller ou chargé d’études, secrétaire particulière, secrétaires de cabinet ou chargé de mission ? On cotise pour un parti en tant que membre du Bureau politique, membre du Conseil national ou membre du Comité central (ou ce qui en tient lieu dans  diverses formations politiques) ou en tant que militant. Ce que fait Carmen Ndaot, sous la dictée de son père (?) Séraphin Ndaot Rembogo, est proprement scandaleux. Spolier des collaborateurs, leur exiger de reverser à la caisse du PDS 15% de leurs émoluments est scandaleux. Le directeur de cabinet doit débourser 200.000 francs, les conseillers 175.000 francs, la secrétaire particulière 100.000 francs, les chargés d’études 75.000 francs, qu’ils soient membres ou pas du PDS…

 »Spolier, extorquer, racketter » – telle semble être la vraie devise du PDS de Séraphin Ndaot Rembogo 

La ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et de l’Insertion des Jeunes a été formelle :  »qui ne paie pas les cotisations pour le PDS ne pourra continuer à siéger dans son cabinet ». Pourquoi le Parti pour le développement et la solidarité sociale a-t-il besoin d’autant d’argent ? Pourquoi  ne se limite-t-il pas à exiger des cotisations à ses élus locaux de Port-Gentil et d’Akanda  ? Carmen Ndaot, cette bonne amie proche de Biendi Maganga Moussavou, sait pourtant que le ministre de l’Agriculture, lui aussi membre du parti de son père, le Parti Social-Démocrate (le PSD de Pierre-Claver Maganga Moussavou), n’a jamais exigé aux membres de son cabinet qui n’ont pas la carte de ce parti de payer une quelconque cotisation…Sans mot dire, les 32 membres du Cabinet, surtout ceux qui ne sont pas encartés PDS sont sous le choc. Ils sont traumatisés. Ils sont abattus parce qu’ils se sentent spoliés par la  »maîtresse des lieux ». Créer un parti politique pour extorquer à de  »pauvres gens » leur argent, alors qu’ils ne militent pas dans le parti, mais tout juste parce qu’ils ont été nommés au cabinet de la ministre du Travail n’est pas normal. Transformer un ministère de la République en un lieu de captation des revenus de  »pauvres gens » qui ne peuvent se défendre et qui n’ont que leur salaire pour acheter du pain chaque matin à leur progéniture, c’est faire montre de cruauté. On leur dit que  »ce n’est pas le président de la République qui vous a nommés, mais mon père et moi qui vous avons placés là ».  »Donnez, donnez l’argent, sinon je ne peux poursuivre ma collaboration avec vous ».

 »Spolier, extorquer, racketter », c’est la devise du PDS ? Les Ndaot ne sont habités ni par la simple et saine ambition de gérer le bien commun, ni par le souci de l’intérêt général. Profitent-ils de leurs positions actuelles (et éphémères) pour extorquer des fonds, pour prendre avec force l’argent qui n’est pas le leur ? Ils sont certainement obsédés par l’idée d’arracher ce qui ne leur appartient pas. Ténébreuses obsessions ! Les membres du cabinet de Carmen Ndaot vivent un  »tsunami spoliateur ». Les plus faibles d’entre eux pleurent chez eux, mais une fois au bureau, ils font montre de dignité,  »parce qu’il faut quand même nourrir la famille ». Si on était vraiment dans un pays qui exalte la dignité en toutes circonstances, il y aurait eu une démission collective des membres (non PDS) de ce Cabinet. Si certains ont choisi de spolier les veuves et les orphelins, les Ndaot, eux, ont fait le choix de spolier de  »pauvres gens » qui ne demandent qu’à remplir leurs tâches administratives. En réalité, au PDS, tout le monde se plaint. Quand ils n’ont pas encore versé leurs cotisations, les élus locaux du parti sont directement appelés par  »l’autorité » pour régulariser la situation. Sur ces méthodes cavalières, il n’y a rien à dire, ils sont des élus du parti et ils occupent, pour certains d’entre eux, des positions dans certaines collectivités locales, à Port-Gentil et à Akanda, mais exiger des cotisations comme le font père et fille aux membres d’un cabinet ministériel est insupportable.

Monsieur le Premier ministre, ne laissez pas s’installer ces mauvaises habitudes au cœur même de la République ! La fonction de l’Etat consiste à assurer le succès de l’ordre sur l’anarchie et la chienlit ! 

Laisser faire ça, c’est laisser l’anarchie s’installer au cœur même de la République. Monsieur le Premier ministre, rien ne vous empêche de sanctionner Carmen Ndaot. Si tant est que le PDS, pour des raisons obscures ou non, doit demeurer au Gouvernement, que Séraphin Ndaot Rembogo propose une autre personnalité, et qu’il vous promette que la prochaine personnalité siégeant pour son parti ne poursuivra pas ce racket !  »La fonction de l’Etat, disait le Général de Gaulle, consiste à assurer le succès de l’ordre sur l’anarchie ». Monsieur le Premier ministre, veuillez remettre de l’ordre dans ce cabinet ministériel qui donne une piètre image de la technocratie républicaine et de la politique.

 

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