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Cabinets ministériels : La cure d’amaigrissement sera plus importante…

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Peu après le Conseil des ministres du 21 juin, le Porte-Parole de la présidence de la République avait indiqué, le 25 juin,  que les effectifs des cabinets des membres du Gouvernement seraient ramenés à 16. Mais, le lendemain, 26 juin, le Premier ministre avait, dans une circulaire parvenue jusqu’aux réseaux sociaux, accordé aux ministres d’Etat des cabinets de 25 membres, dont 8 Conseillers, et aux ministres un nombre de 22 personnes pour leur cabinet, dont 7 Conseillers. Le Conseil des ministres a été plus  »coercitif » : chaque ministre (à l’exception des ministres délégués qui n’en disposent nullement) aura tout juste 6 Conseillers. Dans ces mouvements, c’est la communication qui trinque, avec la suppression du poste d’attaché de presse, même chez les ministres délégués ! 

Comme nous l’avons écrit la semaine dernière, le Gabon touche le fond ! Les mesures dites d’austérité tombent les unes après les autres. Entre le 21 juin, date du premier Conseil des ministres y relatif, le 25 juin avec la conférence de presse d’Ike Ngouoni Aïla Oyouomi, le 26 juin avec la sortie d’une circulaire du Premier ministre adressée aux membres du Gouvernement, et le 29 juin, date du dernier tour de table gouvernemental, il y a eu une pluie de mesures dont certaines ont pu paraître contradictoires ou imprécises.

300 personnes, dont beaucoup de non-Fonctionnaires, sur le carreau

Le sentiment que tout cela donne dans l’opinion est une forme d’impréparation et de cacophonie. Parce que la présidence de la République et la Primature ne s’étaient pas mises d’accord sur ce coup-là, l’opinion en a conclu que ces décisions qui arrivaient de plusieurs centres de décisions démontraient l’incapacité des uns et des autres à travailler ensemble, quitte à donner du Gabon l’image d’un bateau ivre…

Quand la seconde annonce 8 conseillers et 4 chargés d’études pour les 11 ministres d’Etat, et 7 Conseillers pour les 17 ministres, et que la première a la  »main plus lourde », le Conseil des ministres du 29 juin, lui, ramène à 6 le nombre de Conseillers pour l’ensemble des ministres titulaires. La cure d’amaigrissement pour les cabinets ministériels sera donc plus fortes. Dans cette cure d’amaigrissement, il y a la disparition pure et simple de la fonction d’attaché de presse. Une fonction sacrifiée ! Le plus incompréhensible est que même les ministres délégués n’y ont plus droit. Il s’agit d’une économie de bout de chandelle, car un attaché de presse a un net à payer de 450.000 FCFA. Les 40 attachés de presse ne  »pesaient » donc dans la masse salariale que 18 millions de francs par mois, et donc tout juste un peu plus de 200 millions par an. Le Conseil des ministres a gardé le chef du protocole, les chargés de mission et les chargés d’études, bien qu’il en ait réduit le nombre, mais il a dissous la fonction d’attaché de presse. Est-ce vraiment le secteur qu’il fallait sacrifier ?

Derrière les portes capitonnées et les couloirs feutrés des cabinets ministériels, c’est  »bonjour tristesse »…

En tout cas, les conséquences sur le plan social ne vont pas manquer de se faire sentir bientôt. Avec 3 Conseillers en moins, 3 chargés d’études en moins et 3 chargés de mission en moins également, et avec la suppression des postes de chef de cabinet et d’attaché de presse, ce sont environ 300 personnes qui vont être mises à la touche (en ce qui concerne les cabinets déjà formés). On ne le sait peut-être pas, mais un grand nombre d’entre eux ne sont pas des fonctionnaires. Comme les cabinets ministériels disposaient de soldes fonctionnelles, ils pouvaient recruter en dehors de la Fonction publique. Conséquence : beaucoup vont repartir s’asseoir à la maison ! Derrière les portes capitonnées et dans les couloirs feutrés des cabinets ministériels, c’est bonjour tristesse… parce que même pour ceux qui vont rester, il y a la réduction des émoluments qui les attend à hauteur de 10 % ! Pour un salaire net à payer de 700.000 FCFA  (brut 750.000 F) pour un chargé d’études par exemple, le net à payer va être dorénavant de 615.000 F. L’IRPP, les impôts, la cotisation pour la retraite et la cotisation CNAMGS passent par là.

Les cabinets déjà formés vivent des heures cruciales. Beaucoup de leurs membres sont fébriles. Qui va rester ? Qui va partir ? Quand va-t-on partir ? Comme l’a dit un ancien conseiller de ministre,  »l’économie du Gabon tournait déjà au ralenti, la situation politique était déjà incertaine, et maintenant place à la fébrilité des hauts fonctionnaires ». Pour les chancelleries occidentales et africaines,  »la situation est à suivre avec une attention particulière ». Avec un environnement si chaotique,  »le Gabon saura-t-il rester un pays de stabilité ? »

 

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