Balade et bilan au milieu des ‘’éléphants blancs’’ °Tout au long d’une...

Balade et bilan au milieu des ‘’éléphants blancs’’ °Tout au long d’une ‘’tournée républicaine

112
0
PARTAGER

Lorsque l’on jette un regard sur le bilan que les aristocrates émergents font, eux-mêmes, de leur fameux ‘’Plan Stratégique Gabon Emergent’’, on se rend très vite compte qu’il ne s’agit que de littérature et de  verbiage ; avec des phrases et des formules les unes aussi séduisantes que d’autres.

D’entrée de jeu, pour se dédouaner des ses échecs, ils rappellent que ledit plan ‘’a vocation à être mis en œuvre entre 2009 et 2025 ‘’. Comme si, constitutionnellement, le mandat présidentiel, en République gabonaise, avait une durée de 16 ans, et non de 7ans.

Il s’agit là d’une conception monarchisante de la République qui exclut toute idée d’alternance au pouvoir. En 2006, Ali Bongo Ondimba avait usurpé d’un mandat présidentiel qui met un terme à son exercice du pouvoir cette année 2016, en attendant que les Gabonais lui accordent de nouveau leurs suffrages, si tant est qu’ils l’auraient fait en 2009. Ce qui ne semble pas évident.

L’économie gabonaise est devenue, semble-t-il ’’robuste’’. A en croire toujours les aristocrates émergents. Comment évaluent-ils cette robustesse ? ‘’Grâce à la diversification en cours de l’économie gabonaise qui est désormais moins vulnérable’’, répondent-ils.

Et pourtant, sur le plan agricole, la dépendance alimentaire, vis-à-vis de l’extérieur, est toujours notoire, le pays dépensant près de 350 milliards/an dans l’importation de produits agricoles qui inondent les principaux marchés et autres espaces commerciaux du pays. Lesquels marchés et espaces commerciaux sont également inondés de produits industriels manufacturés venant toujours de l’extérieur.

Quelle est alors la plus value générée par la ‘’diversification de l’économie’’, lorsqu’on sait qu’à cause de la baise drastique du prix baril de pétrole, le pays connait depuis lors de fortes tensions de trésorerie, au point même où les caisses de l’Etat seraient presque vides ?

Suffit-il d’écrire de belles phrases d’économistes pour échapper à cette triste réalité. Depuis quelques années, les différents ministères fonctionnent sans budget et les agents de l’Etat sont, eux-mêmes, obligés de s’acheter du consommable de bureau. Les fonctionnaires, tous secteurs confondus, battent régulièrement le pavé, pour réclamer une amélioration de leurs modiques soldes. Les étudiants, quant à eux, affrontent, chaque mois qui passe, de forces de l’ordre, faute de bourses impayées. Plusieurs chantiers entamés sont aux arrêts, les entrepreneurs ayant généralement mis la clé sous le paillasson. Aucune salle de classe n’est sortie de terre en 7 ans et les sureffectifs sont criards dans des écoles, collèges et lycées. Les hôpitaux de service public manquent de plus en plus de lits, ce qui fait l’affaire des structures hospitalières privées.

Toute croissance économique élevée suppose : investissements, production et emplois. Il paraîtrait que grâce à la politique qui a consisté à rompre avec l’économie de rente, la croissance de l’économie gabonaise de ces dernières années avoisine les 6%. Dans quels domaines, hors pétrole, a-t-on alors investi, pour quelle production et pour quelle création d’emplois quand on sait que 4 jeunes diplômés sur 5 sont au chômage, beaucoup se résignant même aujourd’hui à rester à l’étranger, une fois leurs études universitaires achevées ?

Il est toujours aisé de se servir de chiffres pour décrire la physionomie d’une économie. Mais la réalité quotidienne est autre. La croissance, le PIB (Produit intérieur brut) etc… il est toujours bien de se référer à tous ces chiffres. Mais quid de la vie quotidienne des populations en matière de pouvoir d’achat, de logement, de santé, d’éducation et de formation ? C’est le candidat Jean Ping qui le rappelle très souvent : « Le Gabon est un pays riche, avec des populations pauvres ».

A propos des chiffres, il est révélé par les aristocrates émergents qu’entre 2010 et 2015, l’Etat gabonais a investi plus de 4579 milliards dans l’économie nationale, plus que le montant cumulé, des investissements publics entre 1980 et 2009 (…) ».

On croit rêver ! Et tout porte à croire que nous ne vivons pas tous dans le même Gabon. Dans quelques secteurs d’activités économiques ont été investies ces colossales sommes ? Dans secteur agricole par exemple, les Gabonais continuent de consommer essentiellement ce qu’ils ne produisent pas. Le pays est toujours un désert industriel malgré le tapage médiatique orchestré à propos de la zone de Nkok. La qualité des services n’est pas toujours attractive pour les touristes et la destination-Gabon n’est guère prisée. Et malgré la diversification de l’économie tant glorifié, on reconnait tout de même, au niveau du ‘’Bureau de coordination du Plan Stratégique Gabon Emergent’’ que «  le problème c’est que malgré tout cela, les contreperformances du secteur pétrolier continuent d’être très préjudiciables aux finances publiques, contraignant les ambitions d’investissement de l’Etat. Retard dans le paiement de sa dette, indisponibilité de Fonds de contre partie pour certains projets. La contraction des recettes de l’Etat corsète (sic) presque mécaniquement la volonté et les moyens du secteur privé à investir. Du coup, l’option, avancée par beaucoup, est de mettre un coup d’arrêt à certains projets d’investissement, quitte à fragiliser le processus de diversification en cours ».

Il s’agit là d’un aveu d’échec qui vient après avoir soutenu que : « grâce à la diversification en cours, l’économie gabonaise est désormais moins vulnérable ». Elle serait même ‘’robuste’’, soutiennent les mêmes auteurs qui font le constat d’échec ci-dessus repris.

Allez-y comprendre quelque chose. Ou : « l’essoufflement du secteur pétrolier a été compensé grâce au renfort d’autres secteurs (mines et métallurgie, forêt-bois, agriculture et agro-business, BTP…) ;signant par là même, une mutation de l’économie gabonaise, marquée du sceau de la diversification, et forgée à coup de mesures énergétiques dans la structure productive de cette économie », au point qu’en terme de chiffres : «  en 2010, le pétrole représentait, 45 % du PIB, il ne représentait plus que 24 % en 2015, les services représentaient 39 % en 2010, ils représentaient 53 % en 2015 ; le secteur industriel comptait pour 9% dans le PIB en 2010, il s’était établi à 16% en 2015 » ; ou alors, et c’est là le grand paradoxe : « Les contreperformances du secteur pétrolier continuent d’être préjudiciables aux finances publiques, contraignant les ambitions d’investissement de l’Etat. Retards dans le paiement de la dette, indisponibilité des fonds de contrepartie pour certains projets…La contraction des recettes de l’Etat corsète presque mécaniquement la volonté et les moyens du secteur privé à investir. Du coup, l’option, avancée par beaucoup, est de mettre un coup d’arrêt à certains projets d’investissement, quitte à fragiliser le processus de diversification en cours ».

Il faut alors être un aristocrate émergent pour soutenir une chose et son contraire. Une contradiction ayant le mérite de justifier et d’avouer l’existence ‘’d’éléphants blancs’’ sur l’ensemble du territoire national. Des ‘’éléphants blancs’’ entre lesquels le candidat-Président s’est baladé tout au long de sa tournée dite républicaine qui, en réalité et cela saute aux yeux, a des allures de campagne électorale.

Dans notre dernière édition (Nku’u le messager n° 463 du mardi 19 juillet 2016) nous avons répertorié toutes les promesses faites par Ali Bongo en 2009, lors des conseils des ministres dits délocaliser. Il était question, dans cette édition, des provinces de l’Ogooué Maritime, de l’Ogooué Lolo, de la Ngounié et du Woleu Ntem. Et tout le monde s’est aperçu que ce ne fut que du vent vendu.

Nous nous intéressons, cette fois-ci, aux provinces de l’Estuaire, du Moyen Ogooué et du Haut Ogooué (voir  tableaux).

FO

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE