Aux urnes citoyens ! . L’heure n’est plus aux tergiversations

Aux urnes citoyens ! . L’heure n’est plus aux tergiversations

182
0
PARTAGER

Depuis plus d’un quart de siècle, les Gabonais piaffent d’impatience de vivre l’alternance au sommet de leur Etat, après un autre quart de siècle de dictature du parti unique. Que de rendez-vous manqués ! 1993 et 2009 pour ne citer que ceux-là. Ils y avaient cru, les Gabonais, avec Paul Mba Abessole et André Mba Obame. Bien malheureusement, le système Bongo-PDG appuyé par la nébuleuse franç’Afrique en avaient décidé autrement en perpétrant des coup d’Etat électoraux. Les deux années suscitées, les verdicts des urnes avaient donné Paul Mba Abessole et André Mba Obame vainqueurs. Hélas, ce furent feu Omar Bongo Ondimba et son ‘’fils Ali Bongo Ondimba qui s’installèrent dans le fauteuil présidentiel du Palais de marbre du bord de mer de Libreville.

De 1993 à 2009, déçus, les Gabonais, s’étaient résignés à ne plus voter, avec la conviction que les résultats des différents scrutins étaient connus d’avance. D’une élection à une autre, les taux d’abstentions battaient des records. Nuls ne croyait plus au verdict des urnes tant que feu Omar Bongo Ondimba était à la tête du pays et l’opposition de l’époque s’était retrouvée incapable et impuissante de remobiliser les populations.

Il a fallu le décès d’Omar Bongo Ondimba en 2009 pour que se produise l’effet André Mba Obame. Et le 3 août 2009, ce fut un engouement sans précédant devant les bureaux de vote. Les Gabonais avaient vite oublié que celui qui était devenu leur libérateur, AMO avait, pendant de longues années, collaboré avec le régime et qu’il en fut même le Raspoutine. Tout le monde ne jurait plus qu’au nom d’AMO et cela se concrétisa dans les urnes. Ce dernier fut le vainqueur dans les runes du scrutin présidentiel anticipé de l’année suscitée, avant qu’Ali Bongo ne perpètre son coup de force avec l’onction de l’Elysée.

Après une résistance à Port-Gentil qui se solda par le massacre de dizaines de personnes, les Gabonais rentrèrent de nouveau dans leurs coquilles et ne croyaient plus à l’alternance avant que ne naisse le Front de l’opposition pour justement l’alternance. Et il eut un regain d’espoir, notamment avec l’arrivée de Jean Ping de cette opposition qui donnait l’impression de somnoler.

Puis, après la constitution dudit Front, la même opposition a longtemps tergiversée sur la conduite à savoir face au pouvoir dictatorial d’Ali Bongo Ondimba malgré les résolutions adoptées à l’esplanade du complexe scolaire Ntchoreret le 19 juillet 2016, les lignes sont restées longtemps figées entre ceux qui soutenaient qu’il fallait préalablement destituer Ali Bongo Ondimba avant d’aborder toute question relative à l’organisation de l’élection présidentielle et d’autres qui tout en estimant légitime le combat de la destitution de la disqualification du dossier de candidature du Chef de l’Etat sortant, se préparer à aller aux urnes, le moment venu.

Le 15 août 2016 dernier, les lignes ont commencé à bouger et les uns et les autres ont convergé vers le ‘’Rond point de Nkembo’’ pour adouber Jean Ping comme candidat unique de l’ensemble de l’opposition.

Il ne reste donc plus qu’aller aux urnes le 27 août 2016 prochain. Fort heureusement que d’aucuns s’y sont activement préparés en demandant aux citoyens Gabonais de s’inscrire massivement dans la liste électorale, en faisant le tour du Gabon pour sensibiliser les populations sur les enjeux du scrutin, en formant des scrutateurs afin d’être présents partout dans les bureaux de vote, et en constituant des brigades anti-fraude.

Le rôle de ces Brigades-Antifraudes est déterminant aussi bien avant et le jour de scrutin.

Ils doivent veiller à ce qu’aucun non Gabonais n’aille voter et le répandre partout dans les différentes circonscriptions électorales. Elles doivent également débusquer et dénoncer tout bureau de vote clandestin ou pirate.

Elles doivent aussi sensibiliser les populations sur l’impérieuse nécessité d’être présentes et sur place au moment du dépouillement des urnes et de la proclamation des résultats, avant de veiller au grain sur l’acheminement des urnes vers les différentes commissions électorales. L’heure n’est donc plus aux débats d’école, dans des bistrots. Tous ceux qui aspirent à l’alternance et au changement doivent désormais s’armer de courage et de détermination.

FB

 

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE