Accueil Politique Assemblée nationale: Un autre député dans le viseur du scorpion ?

Assemblée nationale: Un autre député dans le viseur du scorpion ?

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Le député PDG de la circonscription politique de Lolo-Wagna, département de la Lolo-Bouenguidi, à Koula-Moutou, province de l’Ogooué Lolo, pourrait bientôt voir son immunité levée, pour se mettre à la disposition de la justice. Il lui serait reproché de fortes présomptions de détournements de deniers publics, pendant qu’il occupait le poste de directeur des équipements au ministère de l’Education nationale, à l’époque de Séraphin Moundounga.

 Le  député du canton Lolo-Wagna, département de la Lolo-Bouenguidi, l’honorable Simplice Mouango Bouguendza, est abondement cité   dans une affaire de détournement de fonds publics. L’implication présumée de l’ancien directeur des équipements du ministère de l’Education nationale serait la conséquence de la mise au goût du jour de l’affaire du bâtiment inachevé, devenu un  « bunker », à l’université Omar Bongo et récemment détruit dans des circonstances qui restent à élucider.

De sources concordantes, Simplice Mouango Bouguendza aurait joué un rôle déterminant dans le décaissement de plusieurs millions de francs au bénéfice de l’une des nombreuses entreprises de dame Ntoutoume Obame, ancien secrétaire général du ministère des Travaux publics, dernièrement placée en détention à la maison d’arrêt de Libreville. Le directeur aurait apposé sa signature sur le document de contrôle de l’effectivité des travaux de construction du bâtiment à palabre de l’UOB. Un subterfuge visant le détournement présumé des deniers publics au profit de la patronne de l’entreprise adjudicataire du marché, et au grand dam du ministère de l’Education nationale qui ne réceptionnera jamais les travaux pourtant grassement payés par l’Etat.

La suite de ces malversations financières  est connue, sauf que l’un des auteurs ayant acquis l’immunité parlementaire, le député Mouango Bounguendza, se trouve toujours à l’abri de toute poursuite judiciaire. Pour les proches de dame Ntoutoume Obame, si cette dernière devait répondre des chefs d’accusations qui pèsent sur elle, il apparait impérieux que celui qui a favorisé le décaissement de l’argent, doit, le plus sérieusement du monde, se mettre à la disposition de la justice pour répondre de ses actes. « Nous ne comprenons pas que dans une affaire où sont impliqués deux personnages, la justice s’intéresse à celle qui est présentée comme la responsable des entreprises ayant reçu de l’argent. Alors que, dans le même temps, celui qui a authentifié l’effectivité des travaux et permis le décaissement de l’argent des caisses de l’Etat, lui, n’est pas inquiété par la justice », déplore un cadre des Travaux publics visiblement ahuris face à ce qui apparait comme une justice à deux vitesses.

Loin de nuire à la personne, à ce qu’il semble, de nombreux autres chantiers à travers l’ensemble du territoire national, auraient connu le même sort. Il ressort que ce dernier avait entrepris une tournée nationale à la tête d’une délégation constituée essentiellement des chefs d’entreprises, dont la plupart étaient des syro-libanais, en vue de recenser les besoins en travaux des établissements scolaires de l’arrière-pays, ainsi que la construction de nouvelles écoles. Au terme de cette tournée, l’Etat aurait procédé au décaissement de plusieurs centaines de milliards dans l’optique de réduire au maximum le déficit criard de salles de classe et de nouveaux établissements primaire et secondaire. Seulement, avancent certaines indiscrétions, une fois ces fonds sortis des caisses de l’Etat, la manne était partagée entre lui et les promoteurs d’entreprises écrans.

On parle également, avec insistance, du lycée public de Diba-Diba qui n’a pas vu sortir de terre l’entièreté des bâtiments prévus, y compris la clôture, mais dont les travaux auraient pourtant été payés. Bien d’autres établissements et de chantiers, non réalisés, mais payés sont recensés dans la province de l’Estuaire et l’hinterland, notamment  au lycée d’Etat Jean-Jacques Boucavel de Mouila, dans la province de la Ngounié, dont les travaux de revêtement des murs de l’établissement n’auraient été conduits à leur terme. Idem dans les provinces de la Nyanga et du Woleu-Ntem où les sites réservés, pour abriter la construction des écoles sont aujourd’hui pris d’assaut par la végétation. Dans la province de l’Ogooué-Lolo, le site de l’ancien cimetière, dans la zone dite des TP qui avait fait l’objet d’un vaste terrassement pour abriter une nouvelle école, s’est vite transformé en un vaste champ désertique.

 Fort de tout ce qui précède, Faustin Boukoubi, le président de l’Assemblée nationale, pourrait avoir à gérer, dans un proche avenir, un énième cas de levée de l’immunité parlementaire d’un député, après celles de Ndoudangoye et de Tony Ondo Mba.

Affaire à suivre.

Serge du Palvier

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