Après le dialogue d’Angondjé : Le plan ‘’B’’ de René Ndemezo’o...

Après le dialogue d’Angondjé : Le plan ‘’B’’ de René Ndemezo’o Obiang tarde à se concrétiser!

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L’ancien député de Bitam est-il démonétisé ? Ses prises de position, ses appels du pied, voire ses menaces voilées à Ali Bongo ne reçoivent aucune réaction de la part de ses  »partenaires » du Dialogue d’Angondjé. Alors qu’Ali Bongo tarde à donner corps aux Résolutions d’Angondjé deux mois après la fin du Dialogue politique du Stade de l’Amitié sino-gabonaise, René Ndemezo’Obiang, 70 ans, est au front pour revendiquer la place de l’opposition dans le Gouvernement. Dans des cercles fermés à Paris il y a dix jours, il a dit à ses proches  »ne pas comprendre personnellement pourquoi les choses traînent », laissant ainsi entrevoir un certain agacement…

Au dancing bar  »Le Pentagone » situé à quelques mètres du carrefour GP à Nzeng-Ayong, un client a affirmé avec un humour sarcastique que  »si Ping, lui, n’a pas de plan B, Ndemezo’Obiang, lui, en avait :  »je reste loyal à Ping s’il est au pouvoir (plan A), je cours chez Ali s’il se maintient au pouvoir quoi qu’en serait la forme (plan B) ». Et il n’y a pas que dans ce dancing que cela se dit…C’est un euphémisme de dire que René Ndemezo’Obiang n’a pas bonne presse dans la ville de Libreville et ses environs depuis qu’il a pris la décision d’aller  »dialoguer ».

Dès le 5 octobre 2016 en effet, moins de dix jours après la proclamation de l’élection présidentielle par le président de la Cour constitutionnelle, et alors que plusieurs cadavres des militants tués au QG de Jean Ping dans la nuit du 31 août au 1er septembre n’étaient pas mis en terre, René Ndemezo’Obiang affirmait, lors de l’inauguration du siège du parti Démocratie Nouvelle (DN), qu’il acceptait de prendre part au Dialogue politique d’Ali Bongo.

Pour se faire entendre d’Ali Bongo, l’étoile pâlie de la politique bitamoise tacle Jean Ping : à quoi cela sert-il ? 

Cette déclaration provoqua un séisme au sein de cette formation : trois vice-présidents, à savoir Philibert Andzembé, Joseph John Nambo et Radégonde Djenno, se désolidarisèrent de lui, et des fédérations entières quittèrent le parti, à l’instar des responsables et membres du secrétariat provincial de l’Ogooué-Maritime (que dirigeait Guy-Serge Ogoula). Après cette opération de rabibochage avec Ali Bongo et ses amis de la majorité, le président de DN est sur le terrain pour dire tout le mal qu’il pense aujourd’hui de Jean Ping et de la Coalition pour la nouvelle République. Pour lui, tout est bon pour gêner aux entournures  »le Président élu », même les coups les plus bas ! L’homme pour lequel Alfred Nguia Banda, vice-président du parti Les Démocrates, a affirmé qu’il n’a pas de conviction chevillée au corps, et qu’il qualifie de  »démarcheur toujours à la recherche d’une rétribution » fait feu de tout bois sur ses anciens amis. Mais,  »dans le même temps, Ndemezo ne voit pas les choses se dérouler comme il l’avait prévu ou espéré », soupire un de ses proches.  »Depuis la fin du Dialogue, Ali Bongo nous tient à distance », ajoute-t-il. Ni le Gouvernement recommandé dans les Actes d’Angondjé, ni la Commission paritaire de suivi-évaluation des Accords, ne sont mis en place.

Mais à la différence des autres chefs de parti  »dialogueurs », tels que Pierre-Claver Maganga Moussavou (PSD) et Séraphin Ndaot Rembogo (PDS) qui sont devenus taiseux après le Dialogue d’Angondjé, René Ndemezo’Obiang, lui, montre des signes d’impatience et parle, parle, parle. Sur la chaîne de télévision Africa 24, il a indiqué sa volonté de voir les résolutions du Dialogue politique se réaliser dans le sens de l’intérêt du pays. Il considère que les résolutions auxquelles sont parvenus les deux bords politiques sont appelés à être une bouée de sauvetage, un gage de stabilité, pour le pays. En bon politicien (n’est pas homme d’Etat qui veut), il  »tape » naturellement sur Jean Ping et ses proches. Il a par ailleurs laissé entrevoir, en diverses occasions, sur diverses tribunes, qu’il était en campagne pour un poste éminent de la République. Il quémande, il revendique, il menace… et de conclure par un éloge appuyé à Ali Bongo.

 »Le démarcheur sans conviction et toujours à la recherche d’une rétribution » montre des signes d’impatience : vite, qu’un Gouvernement nouveau se mette en place !

On entrevoit ainsi que l’ancien élu de Bitam,  »le démarcheur dépourvu de conviction et toujours à la recherche d’une rétribution », ne savait pas qu’il attendrait plus de deux mois après la clôture des assises politiques d’Angondjé   »sans se voir conforté dans de nouveaux habits ». Lors d’une récente rencontre avec la Ligue Patriotique des Jeunes de son parti, il a lancé :  »Si l’opposition n’intègre pas le Gouvernement, il peut y avoir problème ». Cette menace voilée a fait beaucoup rire au dancing-bar Le Pentagone, où un autre client a affirmé que  »le plan B de Ndemezo tarde à se concrétiser ; après les menaces voilées, il va bientôt menacer ouvertement ». Ses propos menaçants ayant inondé abondamment les colonnes des journaux, l’ancien élu de Bitam va essayer de se rattraper dans une interview accordée au journal Mibana en  »canardant » les responsables de la Coalition pour la nouvelle République qu’il présente dorénavant comme des personnes violentes et irresponsables.

 »Si René Ndemezo’Obiang venait à accéder au poste de VPR, cela serait du plus mauvais effet »

En réalité, pour Ndemezo’Obiang, étoile pâlie de la politique locale à Bitam, le véritable test aura lieu lors des Législatives : pour convertir DN en parti de gouvernement, il doit gagner ces élections. Mais au lieu d’implanter le parti dans le pays après les récentes secousses qu’il a connues dans sa jeune et (déjà) tumultueuse histoire, René Ndemezo’Obiang mène campagne pour des postures politiques.

L’ancien leader politique de Bitam, qui a joué un rôle-clé   -et pour le moins controversé- dans la tenue du Dialogue d’Angondjé, constate, impuissant, que son plan  »B » prend du temps à se réaliser, oubliant que les hommes d’Etat ne se montrent pas impatients, ont du discernement et des nerfs d’acier  -des traits que RNO ne possède pas. Dans l’opinion, surtout à Louis et dans les milieux politiques de la majorité,  »si René Ndemezo’Obiang venait à accéder au poste de vice-président de la République, cela serait du plus mauvais effet ». En fait, le discours cassant et toujours vindicatif du leader de DN ne passe pas au sein de la majorité. L’opinion le voit plutôt comme un président de la Commission paritaire de suivi-évaluation des (264) Actes d’Angondjé, qui participerait aux travaux des Conseils des ministres…

B.M

 

 

 

 

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