APPEL DE JEAN REMY YAMA

APPEL DE JEAN REMY YAMA

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« Par le biais de ses avocats, Jean Rémy YAMA nous parle de l’élection présidentielle du 27 Août 2016 au Gabon »

Le Samedi 9 juillet 2016, j’ai été arrêté par des agents de sécurité en civil alors que je me trouvais au rond-point de la démocratie. Ceux qui depuis 2015 cherchaient à m’arrêter, ont atteint leurs objectifs. On m’accuse d’avoir :
– Troublé l’ordre public par un attroupement (groupement) non armé, je ne sais lequel puisque j’ai été arrêté seul au milieu de plusieurs pédégistes ; – Détruit des biens publics ou privés (motif imaginaire, puisqu’il il n’existe aucune vidéo, aucun témoignage me montrant en train de détruire des biens) ; – Incité à la violence. En me considérant comme l’instigateur des violences, il n’existe aucun message vidéo adressé à la foule ou témoignage, encore moins de mes relais (lieutenants) chargés de faire passer le message.
Au rond-point de la démocratie, les forces de l’ordre et de sécurité ont arrêté vingt-quatre (24) personnes, dont trois syndicalistes seulement : moi Jean Rémy YAMA, Roger ONDO ABESSOLO et Cyrlin KOUMBA MBA ESSIANE. Les trois quarts des personnes interpellées étaient des jeunes enrôlés pour prendre part au meeting du candidat du P.D.G à l’élection présidentielle d’août 2016, BONGO ONDIMBA Ali, et munis de tee-shirts à l’effigie de ce dernier distribués pour la circonstance. C’est à leur endroit qu’on devrait parler d’attroupement non armé ayant troublé l’ordre public. Les fumées qu’on observait, émanaient des tee-shirts distribués que ces jeunes brulaient. Ce sont eux qui ont cassé et brulé, car mécontents de ne pas avoir reçu l’argent promis pour assister à ladite manifestation.

Le samedi 9 juillet, jour de notre arrestation, le Procureur général de la République, Steeve NDONG ESSAME, a planté le décor en tenant les propos suivants à la police judiciaire (P.J.) : « Ne pensez pas que je vais choisir la procédure de flagrant délit. Non, monsieur YAMA je peux vous garder par un jeu de procédure six (6) mois renouvelable une fois c’est-à-dire un an ».
Lorsqu’on nous présente le 13 juillet au parquet, le même procureur a effectivement choisi de nous envoyer chez le juge d’instruction, alors que le cadre d’un trouble à l’ordre public, dans 99% des cas, pour des magistrats censés, la procédure adaptée est le flagrant délit qui ne donne au procureur le pouvoir d’enfermer que pendant au maximum un mois avant jugement. En nous envoyant chez le juge, le procureur Steeve NDONG ESSAME a l’intention de nous garder en prison plus d’un mois, c’est-à-dire qu’il veut exécuter son intention dévoilée le 9 juillet à la P.J.

Il est bon ici de noter que le législateur a voulu séparer le pouvoir du procureur de celui du juge. Mais, les faits montrent malheureusement que très souvent, les magistrats agissent de connivence à tel point que c’est le procureur de facto qui « commande les juges ». Nous ne sortirons de prison que lorsque le procureur « fils de Dieu » voudra nous faire sortir. C’est ici l’occasion pour moi de saluer certains juges qui ont libéré onze (11) personnes parmi les vingtquatre (24) arrêtées le 9 juillet pour les mêmes chefs d’accusation.

Chers compatriotes,

Je suis serein, je me suis préparé psychologiquement pour rester là où je suis jusqu’au 13 juillet 2017 comme le veulent l’alpha et l’oméga incarné par le Procureur général. Dans tous les cas, nous sommes ici pour des raisons politiques, et non pour des raisons de droit. L’objectif de ce procureur « illuminé » est de nous garder un (1) an comme ses propos l’illustrent : « Monsieur YAMA, on vous a arrêté au voisinage du meeting d’Ali, (…) pourquoi vous voulez l’empêcher d’être candidat, laissez-le se présenter et si vous le battez dans les urnes et s’il s’impose toujours, alors vous aurez le droit de manifester et de violer la loi ».

Nous sommes des prisonniers politiques, – parce que le président du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), BONGO ONDIMBA Ali, le veut, – parce que le Ministre de la justice, Séraphin MOUNDOUNGA, le veut, – parce que le Ministre de l’intérieur, Pacôme MOUBELET, le veut. Leur objectif principal est de m’empêcher de jouer un quelconque rôle pendant cette période électorale jusqu’aux législatives de décembre 2016. Et si ces politiques reviennent au pouvoir, ils décideront s’il faut me tuer ou me garder en vie. Dans tous les cas, il est donné des instructions pour qu’il ne m’arrive rien pendant le processus électoral. Mon élimination pourrait intervenir après ce processus.
C’est pourquoi, je m’adresse aujourd’hui aux Gabonaises et Gabonais, aux fidèles des différentes confessions religieuses, à mes amis, frères et parents.

Aux Gabonais,

Cette élection présidentielle n’est pas celle où vous devez choisir le candidat que vous aimez. Non ! Mais celle où vous demandez à Dieu de vous donner le discernement, car il y aura parmi les candidats en lice, un qui est la véritable réincarnation du diable, celui qui représente le mal, l’injustice. L’objectif est de

l’empêcher d’être Président de la République.

Chers compatriotes, ne nous trompons pas d’objectif, car celui qui vote pour le mal, est un enfant du malin. Aux hommes et aux femmes de Dieu ou ceux qui croient l’être, toute personne qui prie le Dieu Vivant, le Dieu de Justice, ne peut voter pour BONGO ONDIMBA Ali. Laisser Dieu vous guider vers qui vous irez. Entre deux maux, il faut choisir le moindre mal. BONGO ONDIMBA Ali est le plus grand mal de notre pays. Enfin, je vous invite à lire et à méditer sur le livre d’Esaïe au chapitre 19 : « La prophétie sur l’Egypte » est la nôtre.

Chers compatriotes, ne nous trompons pas d’objectif, je vous demande de voter utile. En réalité, il ne devrait avoir que deux catégories de Gabonais :
1) – Ceux qui veulent libérer le Gabon des griffes de la légion étrangère. A leur attention, il importe de souligner avec force que car voter BONGO ONDIMBA Ali, c’est établir au trône ACROMBESSI Maixent, SOULEYMANE Liban, KANE Seydou, etc. BONGO ONDIMBA Ali n’est qu’un pion. Alors, ne donner pas vos voix aux candidats qui ne représentent rien. Choisissez Jean PING ! Que vous l’aimiez ou pas, votre envie de libérer le Gabon doit être plus forte. Votez pour celui qui peut vous permettre d’atteindre cet objectif. Jean PING est le candidat du consensus pour lequel Guy NZOUBA NDAMA et Casimir OYE MBA ont fait taire leur ego, et ont décidé de le désigner comme porte-étendard de la libération de notre pays Ils doivent être encouragés, félicités et doivent bénéficier de notre soutien. Pour cela, nous devons voter massivement Jean PING. Leur courage et leur abnégation doivent nous galvaniser. Leur choix porté sur Jean PING atteste de leur maturité politique, de leur vision et de leur sagesse. Car, il faut avoir à l’esprit qu’un village qui tue les vieux pour ne garder que les jeunes, est voué à la destruction, et l’histoire nous apprend qu’il n’y a qu’un ancien du système pour détruire le système. Alors, pourquoi condamner celui qui reconnaît qu’il s’est trompé et a quitté le bateau pour l’empêcher de couler. Ayons en mémoire dans la Bible que de nombreux prophètes ont servi à leur époque des rois pour la plupart cruels, avant de sauver le peuple de Dieu. A ce sujet, ce qu’on retient de l’apôtre Paul, ce n’est pas le temps où il persécutait et tuait les hommes de Dieu, c’est ce qu’il a apporté à l’humanité à travers ses épitres. Plus près de nous, l’histoire nous enseigne qu’au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso et en Côte-d’Ivoire, d’anciens dirigeants ont participé à l’émergence de nouveaux régimes. Entre deux maux il faut choisir le moindre mal.

Chers compatriotes, ne posons pas des actes que nous regretterons plus tard. Nul ne peut être plus dangereux qu’ACROMBESSI Maixent, SOULEYMANE Liban et KANE Seydou. Saviezvous que BONGO ONDIMBA Ali est le plus ancien des hommes politiques encore en service ? C’est lui qui représente le mal absolu, c’est l’incarnation du diable, et je suis triste pour les jeunes qui se laissent séduire par le serpent.

Chers compatriotes, libérons notre pays, plutôt que de le vendre à la légion étrangère. Choisissez Jean PING ! Le choix est clair. Nous sommes détenus pour des raisons politiques, non pour des raisons de droit. Pour nous sortir il faut une action politique. C’est pourquoi, j’invite tous les parents des détenus politiques à agir contre celui qui est responsable de notre détention en votant « utile ». Celui qui veut que BONGO ONDIMBA Ali parte du pouvoir ne peut voter que Jean PING, le seul capable de le battre. Si vous votez les pseudo-opposants, votre voix va à vau-l’eau. Aucune voix ne doit se perdre inutilement.
Enfin, je demande aux citoyens qu’il ne suffit pas de voter Jean PING et de rentrer chez soi. Que la consigne soit donnée de rester aux alentours des bureaux de vote jusqu’à la proclamation des résultats pour empêcher la fraude. L’objectif du pouvoir est d’acheter les représentants des bureaux de vote. Soyons vigilants et appliqués.

2) – Ceux qui veulent vendre le Gabon à la légion étrangère, seront démasqués. Les Gabonais qui pour de l’argent, disent le contraire de ce qu’ils pensent, induisent les populations en erreur. Ils doivent savoir que si BONGO ONDIMBA Ali échoue, ils seront poursuivis pour trahison par le peuple, pour avoir mis à la disposition de la légion étrangère les ressources du Gabon.

A mes amis,

Ne soyez pas en colère envers le procureur ou le juge qui me garde ici, je ne crains pas la justice des Hommes. Laisser la justice s’appliquer comme le dit la Bible dans Deutéronome à son chapitre 16, verset 18-19 :
« Tu établiras des juges et des magistrats,… et ils jugent le peuple avec justice. Tu ne porteras atteinte à aucun droit, tu n’auras point d’égard à l’apparence des personnes et tu ne recevras point de présent, car les présents aveuglent les yeux des sages et corrompent les paroles des justes ». Un mois après ma détention, j’ai été appelé au tribunal pour me notifier l’ordonnance de refus de ma demande de liberté provisoire. Dans cette ordonnance, le juge déclare qu’il n’existe aucune preuve, mais on me garde encore en prison pour leur laisser le temps de chercher des preuves. Je pensais qu’on allait en prison parce que le procureur et les juges avaient les preuves de ma culpabilité. Dans mon cas, ils cherchent les preuves jusqu’au 13 juillet 2017, conformément à la préméditation du procureur. J’ai compris que ce n’est pas le procureur et encore moins le juge qui me libérera. C’est vous chers compatriotes, travailleurs, étudiants, amis et parents qui allez me libérer au soir du 27 août avec l’aide du Dieu vivant. En effet je demande à toutes et à tous de s’investir à la campagne électorale pour empêcher celui qui est responsable de ma détention de revenir au pouvoir. On ne peut pas m’aimer et aimer mon bourreau.

A mes parents,

L’heure est grave et il est plus que nécessaire de s’unir et d’être solidaire. Aussi :
– j’interpelle ceux avec qui je partage les mêmes tribus, le même sang, lesquels sont repartis sur toute l’étendue du territoire et ailleurs ; – j’interpelle les clans Bassemba (ma mère), Boundzengue (mon père), Maghamba (mon grand-père maternel), Mboundou (mon grand-père paternel), – j’interpelle les ressortissants de l’Ogooué Lolo, les départements de Mulundu et de la Lolo Bouenguidi, les cantons Leyou, Poungui, Ogooué aval et basse Lombo,
à sanctionner BONGO ONDIMBA Ali. Il est le responsable de l’incarcération de votre fils et vraisemblablement attentera à sa vie s’il est miraculeusement élu.
A Mes enfants, petits-enfants, neveux et autres dans les veines desquelles coule mon sang et ceux qui se reconnaissent de nos ancêtres MBENGA, NYANGUI, BITSOTSO et autres, doivent voter utile en choisissant PING Jean et en sanctionnant BONGO ONDIMBA Ali. Dieu reniera ceux qui voteront pour celui qui veut me tuer. Les seules fois où la tristesse me prend, c’est quand je pense à mon défunt grand frère Bernard MOUNDOUMOU. S’il était encore en vie, grand pédégiste de son état, il aurait remué terre et ciel pour ma liberté, contrairement à ceux qui n’osent même plus prononcer mon nom en public et renient les liens familiaux. Je demande pardon à ma famille qui se bat pour me libérer. Je suis conscient que mes positions pourraient compliquer davantage leur tâche. Mais, je ne pouvais pas rester insensible face à cet enjeu crucial. BONGO ONDIMBA Ali m’a emprisonné pour m’empêcher de prendre part à ce scrutin.

A toutes fins utiles je vous demande à chaque instant de chanter la première strophe de notre Hymne National : « Unis dans la concorde et la fraternité, éveille-toi Gabon, une aurore se lève, encourage l’ardeur qui vibre et nous soulève,… »
Que Dieu nous protège et nous débarrasse de BONGO ONDIMBA Ali.

Jean Rémy YAMA Président du Syndicat National des Enseignants et Chercheurs (SNEC) Président de la Confédération syndicale DYNAMIQUE UNITAIRE Coordonnateur Général du Mouvement citoyen ‘’Témoins Actifs’’

 

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