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Analyse : Dialogue politique : ces opposants qui semblent regretter d’être allés ‘’faire le nombre’’ à Angondjé

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 Près de 25 jours après sa formation, le Gouvernement post-dialogue continue de faire débat. Il fait même des vagues. Il y a d’abord eu, il y a quelques jours, la dénonciation retentissante, par une trentaine de partis politiques sur les cinquante-quatre (54) ayant pris part au dialogue d’Angondjé, de ce Gouvernement  »qui n’a pas tenu compte des équilibres » et qui a créé  »en son sein des dynasties familiales »…

Vendredi dernier, dans une émission diffusée sur Gabon Télévision, certains de ces leaders politiques sont revenus à la charge. Gérard Ella Nguéma, président de l’UN-AMO, et Bonaventure Nzigou Manfoumbi, président du FER, qui a repris ses accents d »’opposant radical » comme dans l’UPG 1990-1992 qu’il animait avec Sébastien Mamboundou Mouyama, ont dénoncé avec force la mise en place de ce Gouvernement dans lequel l’opposition  »participative » ne compte plus de ministre d’État » et  »le désordre qui s’est installé au sommet de l’État ».

Ils ne l’ont pas dit formellement, mais les deux  »opposants » ont donné le sentiment de regretter d’être allés  »faire le nombre » au stade de l’Amitié sino-gabonaise.  »Pourquoi nous a-t-on donc invités au Dialogue ? », s’est interrogé Bonaventure Nzigou Manfoumbi.  »Si le PDG savait qu’il allait appliquer tout seul les résolutions du Dialogue, pourquoi ne l’a-t-il pas organisé tout seul ? », s’exclame Gérard Ella Nguéma, très amer.  »Pensez-vous qu’au sortir de ce dialogue qui s’est tenu dans les conditions que vous connaissez, les Gabonais sont heureux de voir, après les troubles post-électoraux, le gouvernement qu’on leur présente, avec les enfants, neveux et nièces de…? », rajoute le chef de l’UN-AMO.

 »Ce Gouvernement ? Un scandale », affirme un parti de l’opposition participative

Depuis l’annonce officielle du Gouvernement et des nominations dans certaines institutions, il n’y a que Pierre-Claver Maganga Moussavou, Patrick Eyogo Edzang, Carmen Ndaot, Estelle Ondo et Jonathan Ndoutoume Ngome pour être contents. Chez les autres, en très grand nombre, à commencer par l’ancien élu de Bitam, c’est la désillusion, c’est  »bonjour tristesse ». D’où la question la plus posée dans l’opinion : que sont-ils donc allés chercher au Dialogue d’Ali Bongo ? Pensait-il que celui-ci allait transformer son cœur ? Déjà, l’hebdomadaire Ezombolo affirme que certaines de ces personnalités recommencent à aller chez Jean Ping… Est-ce pour se faire pardonner de l’avoir trahi pour aller chez quelqu’un qui ne respecte point la parole donnée ? En tout cas, un de ces leaders affirme que  »ce Gouvernement est un scandale ; on y fait la promotion du népotisme ».

Ali Bongo et Issozé Ngondet avaient promis à l’opposition participative de leur réserver un tiers des postes du gouvernement post-dialogue, soit 12 ou 13 ministres sur 38. Le 21 août, ils ne leur ont donné que sept postes, dont un ministre d’État, quatre ministres et deux ministres délégués. Premier coup de canif dans l’accord politique qu’ils avaient  »signé » avec le pouvoir. Le 7 septembre, éviction du seul ministre d’État que comptait l’opposition. Ils ne sont donc plus que six, sans ministre d’État ! Deuxième coup de canif dans l’accord.

L’accord politique d’Angondjé est mort. Cadavéré.

 »Que faudra-t-il de plus pour qu’ils claquent tous la porte ? », se demande un membre éminent de l’UNAF, un des partis dits d’opposition ayant pris part au dialogue d’Angondjé. L’accord politique pouvoir-opposition d’Angondjé est mort.  »Cadavéré ». Le PDG a encore floué ses partenaires de l’opposition. Comme il l’a toujours fait, et comme il fallait s’y attendre ! Car, quand Ali Bongo dit  »Je vous ai attendu », il ne le pense pas, il lit juste un discours qui lui a été écrit par des collaborateurs. Jean Ping les avait prévenus.                       

NT

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