Ali Bongo met le feu aux poudres

Ali Bongo met le feu aux poudres

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En décidant de tenir un meeting le jour de dépôt de sa candidature, Libreville, notamment le lieu dit ‘’Rond-point’’ de la démocratie et ses environs, était en feu. Les jeunes recrutés, pour faire le nombre, n’ayant pas été payés comme il le fallait, ont décidé de foutre le bordel.

Ali Bongo voulait un grand show le jour du dépôt de sa candidature à la présidentielle du 27 août prochain. Malheureusement pour lui et son petit cercle, le scénario tel que voulu par les ‘’émergents’’ a tourné au vinaigre. Et l’endroit dit ‘’Rond-point’’ de la démocratie où le spectacle devait se tenir s’est transformé en un véritable champ de guerre où les grenades lacrymogène et autres coups de feu ont été entendus. Et les voitures et autres biens caillassés. C’était le sauve-qui peut général.

C’est que se sachant impopulaire, le pouvoir a toujours usé de billets de francs CFA pour recruter les jeunes dans plusieurs quartiers défavorisés de la capitale et ses environs. Très souvent, les montants prévus ne leur sont pas reversés. Pour cette cérémonie de samedi dernier : « On m’a promis 20.000 FCFA, à ma grande surprise, c’est une somme de 5.000 FCFA qui m’a été remise », raconte un jeune du 2e arrondissement de Libreville. Selon certaines indiscrétions, certaines associations auraient même promis 50.000 par personne pour assister à ce fameux meeting. Mais dans une vidéo qui fait le tour des réseaux sociaux, on voit bien chaque jeune percevoir 5000 FCFA. La scène se passe en présence des policiers et la dame qui cochait au marker sur les tee-shirts de chaque jeune ayant perçu le billet vert, serait l’épouse du petit frère d’un ministre zélé de la République. L’achat de conscience et la corruption sont devenus des vertus au Gabon.

Dans un tel contexte, les associations créées autour du clan au pouvoir par quelques ‘’profito-situationnistes’’ ne manquent pas d’idées pour se faire du beurre. Elles perçoivent de grosses sommes d’argent pour recruter les jeunes qu’elles finissent par ignorer à défaut de leur donner les miettes. Jeudi dernier, en marge de l’’’inauguration’’ du CHU d’Owendo, une bagarre s’est éclatée entre les badauds recrutés pour assister à la manifestation et des responsables d’associations, toujours pour de l’argent.

Il faut dire que samedi dernier, seules les fameuses associations ayant perçu l’argent ont été les grands gagnants d’une cérémonie à laquelle Ali Bongo aurait dû s’en passer. Ce d’autant plus que parmi les éléments à produire par les candidats à la présidentielle ne figure point de meeting. A quelques semaines de l’élection présidentielle, la casse de samedi dernier aurait dû être évitée. Mais dans sa quête de vouloir toujours perpétrer un passage en force dans le contexte où, chaque jour qui passe, Ali Bongo perd ses anciens soutiens, le pouvoir a donné le signe d’un mauvais présage.

Nelson Tchimbakala

 

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