Ali Bongo doit être sanctionné par l’Union Africaine

Ali Bongo doit être sanctionné par l’Union Africaine

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Le chef de l'Etat, Ali Bongo Ondimba.

Avec lui, toutes les personnes impliquées dans le coup d’Etat militari-électoral du 31 août dernier qui ont vu plusieurs Gabonais tombés sous les balles du régime.

Il est étonnant que l’Union Africaine reste sans réaction face à la situation que vit le Gabon, depuisque la junte au pouvoir conduite par Ali Bongo, y a perpétré un coup d’Etat militaro-électoral. Et pourtant, toutes les conditions sont réunies, pour qu’il en soit ainsi. Seule la mauvaise volonté des dirigeants de cette organisation panafricaine peut expliquer la situation actuelle, faite de mutisme et de connivences. Alors que juridiquement, elle a toute possibilité d’agir, ce qui la mettrait en phase avec ses propres résolutions. Elle l’a déjà fait. Ce ne serait donc pas une première.

En effet, suite  au coup d’Etat militaire qui avait stoppé net le processus électoral devant pourvoir au remplacement du président Blaise Compaoré, renversé par le peuple, l’Union africaine à l’issue d’une réunion de son Conseil de paix et de sécurité (CPS) avait « décidé de suspendre le Burkina Faso de toutes les activités de l’UA avec effet immédiat ». De même des sanctions avaient-elles été adoptées à l’encontre «  de tous les membres du soi-disant Conseil national pour la démocratie » qui avaient mené le putsch. Ces derniers furent frappés d’une interdiction de voyager et d’un gel des avoirs dans tous les Etats membres de l’organisation panafricaine. Ce n’était là que la stricte application des mesures édictées par UA, et qu’appelait l’acte illégal posé par les putschistes.

Même si comparaison n’est pas forcément raison, il reste que le coup d’Etat militaro-électoral qui s’est produit au Gabon, n’est en rien différent de celui condamné et puni par l’Union africaine. Par certains aspects, il interpelle, assurément, encore plus cette organisation continentale. En effet, du seul fait que ses observateurs l’ont suffisamment renseignée et documentée sur toutes les péripéties dolosives et anticonstitutionnelles qui ont permis le coup de force d’Ali Bongo, elle ne saurait ne pas agir. D’autant que, par son inertie, elle accepterait que sa crédibilité soit mise à mal, à travers la non prise en compte du rapport de ses propres observateurs.

Sauf à vouloir prendre parti pour Ali Bongo et ses affidés, l’Union africaine se doit de réprimer la violation de la loi commise par ces forbans.Tout comme l’ont été les putschistes du Burkina-Faso, ceux du Gabon méritent également d’être sanctionnés. En l’espèce, la politique du deux poids, deux mesures serait très mal venue. Ali Bongo a pris le pouvoir en usant de la violence, en massacrant à l’occasion de nombreux Gabonais et Gabonaises. Cela est inadmissible et inacceptable. Contre lui, l’UA doit sévir ! Sa charte lui en fait obligation. En effet, selon celle-ci, tout Etat membre dans lequel se produit un « changement inconstitutionnel de pouvoir », doit être suspendu de l’organisation jusqu’au retour de l’ordre constitutionnel. Or, il est avéré, ce dont témoigne non seulement le rapport des observateurs de l’UA mais aussi celui des observateurs de l’Union européenne, que la junte, à la tête de laquelle se retrouve Ali Bongo, est arrivée au pouvoir en violant la volonté du peuple gabonais, traduite par le verdict des urnes. Ce que n’autorise pas le processus légal de dévolution du pouvoir au Gabon, et que condamne, sous toutes ses formes, l’Union africaine.

Lorsque pareille violation de la légalité avait eu lieu au Burkina-Faso, le président sénégalais MackySall, qui dirigeait, à l’époque, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et son homologue béninois, Thomas Boni Yayi, s’étaient empressés de rencontrer le chef des putschistes, le Général Diendéré, afin de le ramener à la raison. Serait-ce là, une particularité des pays de cette partie de l’Afrique. A ce jour, rien de tel ne s’est produit dans la sous-région Afrique centrale. Et cela est bien curieux. C’est plutôt au contraire que l’on a assisté. Les Présidents de cette zone géographique, bien que connaissant la forfaiture commise par Ali Bongo et ses affidés, sont venus prendre part à son investiture, soit personnellement, soit par des représentants interposés.

Cette manière de faire est d’autant plus regrettable qu’elle vient confirmer la détestable, mais néanmoins largement partagée vision que la majorité des peuples africains qui voit en l’Union africaine un club de dictateurs, prompts à se soutenir en toute circonstance. Mais, doit-on, pour autant, se renier au point de déconsidérer ses propres observateurs ? S’il en est ainsi, et pour être en cohérence avec elle-même, l’Union africaine devrait, à l’avenir, ne plus s’occuper de veiller à la régularité des élections. D’autant qu’elle n’a pas le courage d’assumer les actes de ses mandataires. Surtout quand ils sont défavorables à l’un des membres du syndicat. A croire que l’UA est un « machin » qui ne sert à rien. Ce qu’elle confirmera, en ne  faisant pas sien le rapport de ses propres observateurs. Que ce serait dommage, non point pour l’image des chefs d’Etat africains, ils sont nés avant la honte, mais pour l’Afrique et les peuples africains !

Cicéron MWAMBA

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