A vos brigades antifraudes, toutes !

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En 42 ans de bongoïsme, les Gabonais n’ont obtenu leurs droits que par la pression qu’ils ont su exercer sur le pouvoir des Bongo. Celle de leur nombre, de leur unité, de leur organisation, et de leur capacité à lutter. Les droits de s’exprimer, de s’organiser, et de manifester, en fait, leur droit de dire non au pouvoir. C’est la tradition du peuple gabonais. Une mémoire que les plus anciens ont le devoir de transmettre aux plus jeunes, Cette lutte s’est menée de 1968 à 1980, de 1980 à 1990, de 1990 à 2009 d’abord contre Omar Bongo, et de 2009 à  aujourd’hui contre Ali Bongo qui est en train, lui, de s’organiser, comme hier, Omar le fit tout au long de son règne, pour piétiner ces droits-là. Même s’il n’est pas le fils biologique d’Omar, il est bien le produit de ce système qu’il veut maintenir ad vitam aeternam. Pour résumer, ce que les plus anciens ont appris tout au long de ces années de lutte, c’est que sans force on ne peut prétendre aller nulle part. Et cette force, c’est le nombre. Et les Gabonais sont beaucoup plus nombreux que le dictateur et ses complices. C’est cela la force des Gabonais. Mais tant que cette force demeure à l’état brut, à l’état de matière première, sans sa transformation en outil de combat, elle ne sert à rien. Depuis le 16 août 2016, seconde date historique pour l’opposition après celle du 19 juillet 2014, la dispersion de la force vient d’être anéantie. Le Rond-Point de Nkembo a parlé. Le nombre s’est retrouvé. Il a réalisé l’unité. Il s’agit désormais de s’organiser pour lutter et devenir les maîtres du jeu jusqu’au 27 août 2016 et au delà.

Le 19 juillet 2016, Jacques Adiahénot, et 15 autres personnalités, dont André Mba Obame, étaient bien conscients qu’Ali Bongo ne pouvait que préparer la fraude pour la prochaine présidentielle. Ces mots résonnent encore dans les oreilles des Gabonais : « Chers Compatriotes, dès à présent, chacun de nous pressent que la prochaine élection présidentielle, normalement prévue pour 2016, sera mal organisée et volontairement bâclée, avec le seul objectif d’assurer le maintien du pouvoir établi. » Et d’insister en clamant : « Chers compatriotes, parce qu’il a volé l’élection de 2009 et que sa gestion des affaires publiques entraîne le Gabon à la faillite, à la dégradation continue des conditions de vie des populations, à une pauvreté jamais égalée dans notre pays et, donc, à une impopularité de ses dirigeants, nous avons tout lieu de croire que le pouvoir mettra tout en œuvre pour frauder  lors de la prochaine élection présidentielle. Tout le monde est, là-dessus, d’accord : ce jeu de dupes, ce cirque ne peut plus durer. » Et, c’est pourquoi « tirant les leçons des expériences passées », le FRONT fut créé, de fermes principes d’unité établis, et de nouvelles stratégies de lutte redéfinies. Chacun des membres de cette nouvelle coalition de l’opposition comprenait que c’était bien cette cohésion dont dépendait l’avenir de l’opposition.

Allant beaucoup plus loin, les assermentés de Ntchoreret s’engageaient à ne présenter et ne soutenir « qu’un seul et unique candidat à la prochaine élection présidentielle. » Un serment « sur l’honneur, devant Dieu, devant la Nation, devant la République et devant l’Histoire » faisant « le pari de la Cohésion, de la Confiance et de la Sincérité » pour crédibiliser leur action et ouvrir les portes de l’espoir. » Parce qu’ils étaient convaincus « qu’un Gabon nouveau, libéré de la peur, du besoin, des chaînes de la dictature et de la dévolution monarchique est possible et imminent. » Et, il n’y avait aucun doute pour eux sur le fait que c’est avec le « Peuple Gabonais, que nous allons mener cette importante bataille pour la Liberté, la Dignité et l’Instauration au Gabon d’une République moderne, solidaire et véritablement démocratique, dotée d’institutions fortes, au service du peuple. »

Et tout a été accompli au Rond-Point de Nkembo, ce 16 août 2016. Il s’agit désormais de se mettre en ordre de bataille pour empêcher que la fraude ne l’emporte, samedi prochain.

C’est pourquoi l’affaire des Brigades Anti-Fraudes doit être prise très au sérieux. Ces brigades ne tomberont pas du ciel. Elles seront le fruit des initiatives de ceux qui auront pris la décision de les créer. Dès leur création, leurs initiateurs doivent prendre attache avec les représentants de la coordination de campagne de Jean PING ou avec l’un des états-majors politiques proches de Jean PING présents dans votre quartier ou circonscription pour aider à leur structuration. Comme dans ces tournois de football inter quartiers, chaque quartier forme d’abord son équipe avant d’entrer en compétition. Et les organisateurs les intègrent dans le championnat, dans la compétition. Il est donc temps de former ces Brigades Anti-Fraudes et de les signaler le plus rapidement possible aux équipes de campagne, aux partis et personnalités politiques proches de Jean PING pour rapidement aider à leur structuration.

Le rôle de ces Brigades Anti-Fraudes vise, avant le vote, donc dès maintenant répandre, dans une circonscription donnée et couverte par la brigade, le message suivant : SEULS LES GABONAIS DE 18 ANS ET PLUS ONT LE DROIT DE VOTE. Il leur faut débusquer, de maintenant jusqu’au 27 août prochain, les bureaux de vote clandestins. Ces BAF doivent, dès maintenant, expliquer et convaincre le plus grand nombre qu’il faut être nombreux, très nombreux, très très nombreux à chaque bureau de vote, le 27 août prochain. Que ce jour-là, il faudra y passer la journée, en très très grand nombre. Qu’en très très grand nombre, toujours, il sera nécessaire d’accompagner les résultats des bureaux de vote jusqu’au lieu de centralisation des résultats pour leur proclamation. Avant de fêter la victoire qui est une obligation également. La BAF, il faut le comprendre, est un organe de lutte pour neutraliser la fraude organisée par Ali Bongo et ses complices.

Stéphane MWAMEKA

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