Les tontons flingueurs de l’Afrique francophone

Les tontons flingueurs de l’Afrique francophone

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Dans une interview récemment donné à RFI, Loïc Le Floch Prigent, l’ancien directeur général d’Elf Aquitaine a déclaré que la plupart des chefs d’Etat africains, à son époque, étaient tous des corrompus.

 Quand on connaît l’action occulte d’Elf auprès des régimes africains d’Afrique francophone ; notamment au Gabon, au Congo Brazzaville et même au Cameroun, la déclaration de l’ex-directeur vient confirmer ce qui a toujours été la règle. Par contre, ce sur quoi il convient de réfléchir, c’est l’action néfaste de toutes ces grandes compagnies françaises qui ont pignon sur rue dans les pays africains. Comme le dit l’adage : « il ne peut y avoir de corrompus, sans corrupteurs. » Et qui sont donc ces fameux corrupteurs ?

La société Elf Aquitaine, dès les années 60, fut le fer de lance de la politique néocoloniale de la France sous la férule de De Gaule et Jacques Foccart. L’expérience de la Guerre d’Algérie fut tellement traumatisante pour l’élite politique et militaire française que le général de Gaule décidait que plus jamais, la France ne perdrait économiquement et politiquement une de ses ex-colonies. Ainsi, la création d’Elf répondait à consolider économiquement, financièrement et politiquement la présence de la France en Afrique. On eut même jusqu’à créer officieusement, un service de renseignement au sein de la compagnie. D’ailleurs, plusieurs ex-directeurs de la DGSE vont diriger ce service. Des personnalités comme Michel Roussin, Alfred Sirven, Albin Chalandon, Jérôme Jaffré et d’autres passeront par Elf avec évidemment la bénédiction de l’Elysée.

L’épisode de la guerre du Congo Brazzaville en 1997 montre toute l’étendue de l’influence politique et militaire d’Elf à l’époque. Denis Sassou Nguesso est soutenu sans réserve par Elf contre Pascal Lissouba. C’est l’ange noir qui aura le dessus sur le professeur de génétique, qui finira par s’exiler à Londres, au terme d’une guerre que lui livra Sassou, aidé par ses amis.

Pour sa part, le président Omar Bongo avait toujours eu des liens forts avec toutes ces entreprises françaises, qui n’avaient qu’à se « servir » au Gabon. Pour peu qu’on lui garantissait le pouvoir éternel. Plus proche de nous, des patrons comme Vincent Bolloré et d’autres ont toujours les portes des palais présidentiels africains grandes ouvertes ; négociant de gré à gré des marchés qui ne participent en rien au développement du continent.

Le récent drame ferroviaire au Cameroun montre que ces tontons flingueurs en ont cure de l’Africain. Bien que Bolloré a repris le chemin de fer camerounais, cela n’a en rien amélioré l’outil de production. L’essentiel c’est le profit à tout va.

Loïc Le Floch Pringent semble oublier les situations boueuses dans lesquelles il s’etait englué ; toujours dans des pays  africains…

S.B

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