Situation tendue au Mali

Situation tendue au Mali

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La signature, il y a un an, d’un accord de paix à Alger, entre les différents groupes rebelles et le gouvernement malien laissait entrevoir la consolidation de la paix sur tout le territoire malien. Un an après, il semble que le Mali n’est pas entièrement sortie de l’ornière. Au nord du pays, les groupuscules continuent de mener des actions contre l’autorité légale. Par ailleurs, ces derniers temps, on constate des dérapages dans certaines localités, de la part de l’armée régulière et de la police. C’est ainsi qu’à Gao, la police a tiré sur deux jeunes maliens ; une bavure ou une volonté manifeste de montrer qui fait la loi. On peut dire sans ambages que l’actuel pouvoir n’arrive pas à consolider la sécurité nationale. N’eut été la présence de la force MINUSMA, la situation serait pire. Les groupes terroristes se déplacent maintenant du nord vers le centre du pays ; cela complique les choses. Selon le chef de la MINUSMA, il faut plus de moyens logistiques. Le renseignement doit être densifié  car le problème auquel est confronté la MINUSMA, c’est la carence de renseignements. N’oublions pas que le Mali est un immense territoire où le désert occupe une place importante. Ce désert permet paradoxalement une mobilité accrue de ces groupuscules terroristes. C’est vrai que l’opération Barkhane a permis de renforcer la sécurité, mais elle a pour objectif de couvrir plusieurs pays, pas seulement le Mali. Chaque pays a ses spécificités en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme ; le Mali n’échappe pas à cette donne. La particularité de l’organisation administrative du nord Mali où des localités comme Kidal ont une semi-autonome de gestion fait que l’action sécuritaire doit être adaptée. 2000 militaires et 200 policiers, selon le chef de la MINUSMA, sont nécessaires pour mieux sécuriser certaines localités telles que Tombouctou et Kidal.

Un an près les accords d’Alger, le processus de paix se caractérise par une certaine lenteur. Avec la situation difficile de la Libye, le problème Boko Haram à la lisière du Niger et du Tchad, le Mali demeure une poudrière, d’autant plus qu’il se trouve dans une région où la notion de frontière est très relative ;c’est un continuum de pays où la mobilité des hommes et des armes est présente. Le terreau est donc fertile pour le terrorisme

Serge Bibang

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