Réforme constitutionnelle en Côte d’Ivoire Un retour en arrière ?

Réforme constitutionnelle en Côte d’Ivoire Un retour en arrière ?

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Lors de la dernière campagne présidentielle, Alhassan Ouatarra avait promis une nouvelle constitution. Selon lui, cela permettrait de consolider la paix en Côte d’Ivoire.

Cette offre politique visant à modifier l’armature institutionnelle du pays ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique ivoirienne. Les partis politiques de l’opposition comme le Front Populaire Ivoirien, dénoncent une dérive autocratique, voire monarchique quant au contenu de cette nouvelle constitution qui prévoit le poste de vice-président et la création d’un sénat. Il est reproché à Ouatarra d’avoir créé le poste de vice-président afin de préparer en toute quiétude sa succession. Les membres du futur sénat seraient élus au 2 /3 par le suffrage universel direct et nommés au 1/3 par le président de la République.

Le FPI a attiré l’attention de l’opinion publique sur le fait que dans ce projet de nouvelle constitution, il n’est nullement fait mention de la limitation des mandats et d’une réforme de la Commission Electorale Indépendante. Pour les partisans de M. Ouatarra, la constitution du 1er aout 2000 ne répondait plus aux exigences de l’environnement économique, social et politique dans lesquels s’inscrit la Côte d’Ivoire. Il faut une troisième république qui permettra de consolider la réconciliation nationale .A  contrario, le FPI estime pour sa part que la constitution de 2000 est progressiste et tend vers l’évolution d’un Etat moderne. Par ailleurs, pour les pro-Gbagbo, ce projet de nouvelle constitution ne vise qu’à effacer toute trace des années Gbagbo.

Pour le RDR, cette nouvelle constitution aura le mérite de faire table rase du concept d’ivoirité, qui a été à l’origine des perturbations politiques dans les années 90.

Comme d’autres présidents africains, Alassane Ouattara, veut une nouvelle constitution pour son pays mais, on constate quand même que ce n’est pas pour s’accrocher au pouvoir comme l’a fait Sassou Nguesso par exemple. Face à une légère grogne sociale des ivoiriens qui ne bénéficient pas encore des retombées de la croissance économique du pays, une nouvelle constitution peut ramener un peu d’accalmie, selon les proches de Ouatarra. Le bilan économique du dirigeant ivoirien est quelque peu encourageant mais nombre d’ivoiriens peinent encore à sortir de la précarité. C’est là tout l’enjeu de son deuxième mandat : réduire drastiquement les poches de pauvreté existant encore dans la société ivoirienne.

Serge Bibang

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