Nouveau Gouvernement: pas de surprise. AliBongo et les 40…

Nouveau Gouvernement: pas de surprise. AliBongo et les 40…

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On ne saurait dire s’ils l’ont fait exprès mais ils sont bien 40 comme dans la bande d’Ali Baba. A laquelle ne cessait, tout au long de la campagne de Jean PING, de se référer Me Mayila pour accabler l’équipe d’Ali Bongo.  D’Issozet Ngondet, PM  à Lucie Akalane ministre déléguée auprès du ministre de l’Éducation nationale, chargé de l’Enseignement primaire, en passant par Bruno Ben Moubamba, Paul Biyoghe Mba, Régis Immongault Tatangani, ou encore Edwige Essoukou, épouse Betha, le gouvernement totalise 40 ministres. Le constat que l’on peut établir, c’est que la pêche à la ligne dans les rangs de l’opposition n’a pas fait recette. Menu fretin, Bruno Ben Moubamba, selon les chiffres officiels de Marie Madeleine Mborantsuo, ne pèse même pas 1%, tout comme les 3 autres qui sont allés féliciter Ali B, lors de l’officialisation de son imposture : Ndong Sima, Minlama Mintoghe, et Ella Nguema. Et, c’est le bon sens d’un prof de maths qui rappelait une vérité basique dans sa matière : une fois zéro donne zéro, quatre fois zéro aboutit à la même chose : zéro.  Qui ou que représente Bruno Ben Moubamba ? Manifestement inexistant au plan politique, BBM est le prototype parfait qui convient à un pouvoir déjà extrêmement minoritaire, donc incapable d’engager un véritable dialogue inclusif et sans tabou qui, en partant de la volonté du plus grand nombre, ferait nécessairement bouger les lignes et lui serait fatal.

Ce pouvoir est particulièrement doué pour les nominations à titre exceptionnel, les avantages et les privilèges qu’il vous octroie, vous, son ancien ou supposé ennemi pour vous démasquer quelque temps après auprès du peuple gabonais et faire perdurer le système. Mais, il faut croire que Bruno Ben Moubamba appartient à cette race d’oiseaux qui n’attendent qu’une seule chose, d’être pris au piège. Et on comprend bien que dans un pays où rente et politique marchent ensemble, beaucoup s’y laissent prendre.

Depuis les années 1980, mais surtout lors du premier dialogue, presque souverain, la Conférence Nationale de 1990, les Gabonais veulent arrêter cette collusion entre le fait de contrôler la réception des rentes par les mêmes qui tiennent le pouvoir politique, notamment les Bongo. Ces derniers s’opposent fermement, et depuis toujours, d’une part à une réglementation consensuelle du processus de conquête du pouvoir, de sa durée mais aussi à la multiplication de contre-pouvoirs dans une juste répartition des pouvoirs entre ceux qui dictent les lois de fonctionnement de la société, ceux qui font exécuter ces lois et ceux qui jugent l’action des hommes au regard de ces lois.

Viscéralement rébarbatifs au principe d’alternance régulière des gouvernants et des gouvernés, les Bongo ont tout fait pour bafouer les grandes conclusions de la Conférence Nationale sur ces questions.

Et, aujourd’hui, le Gabon se retrouve aux mains d’un « Fils » qui contrôle le civil, le militaire et le judiciaire et qui a, héréditairement, succédé à Omar Bongo. Protégeant ainsi l’immense fortune amassée et qui ne cesse de s’amplifier tant qu’il sera à la tête du pays. Pour ce faire, il faut bien que les Bongo s’éternisent, un demi-siècle si nécessaire, et assurent la continuité de la dynastie par…un autre fils, à nouveau. Marie Madeleine Mborantsuo a, une fois de plus, fait le job. Là est l’enjeu des Bongo.

Ce n’est pas à autre chose qu’à ce projet-là, celui de la pérennité des  Bongo que Bruno Ben Moubamba est venu s’associer en rentrant dans le gouvernement des 40 d’Ali B. Alors, si c’est déjà comme çà pour le vice-premier ministre, on peut aisément imaginer que les 38 autres ne sont que des envieux.

L’ouverture d’Ali, c’est cela et pas autre chose.

Stéphane MWAMEKA  

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