La violence politique organisée au Burundi

La violence politique organisée au Burundi

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Une ancienne ministre, Hafsa Morsi, proche du parti au pouvoir a été assassinée ce mercredi 13 Juillet 2016 à Bujumbura. Ancienne ministre de la communication, elle fut de 2005 à 2007, porte-parole du gouvernement. Cet assassinat ciblé ne fait que compliquer la situation politique du pays, déjà pas très bonne. Pourtant, Hafsa Morsi n’était pas considérée comme un faucon du régime, mais plutôt comme une modérée, apte au dialogue avec l’opposition.

Depuis le début de la crise, c’est la première responsable politique de premier plan qui est tuée. Jusque là, ce ne sont que des militaires de haut rang, proches de Nkurunziza, qui ont été assassinés.

A travers ce crime politique, le Burundi risque de connaître une nouvelle phase de violence politique, si le dialogue entamé entre le CNDD/FPP et l’opposition véritable incarnée par la CENARED, ne débouche pas sur un accord de paix. Cela semble difficile car le mardi 12 juillet, les membres de la délégation du CNDD/FPP  ont refusé de s’asseoir à la table des négociations avec les membres de la CENARED, plate-forme de l’opposition. Cela a été un casse-tête pour Benjamin Mpacka, le médiateur tanzanien ; il a fallu arrondir les angles à l’endroit des deux parties.

Depuis avril 2015, année où Nkurunziza a décidé de se présenter à un troisième mandat présidentiel, le Burundi est en crise. Il y a déjà près de cinq cents morts et 270 000 déplacés.

Le crime d’Hafsa Morsi est tout simplement la conséquence du comportement d’un homme. Pierre Nkurunziza comme d’autres africains a l’obsession du pouvoir. Son entêtement à n’avoir pas respecté les accords d’Arusha de 1996 qui prévoyaient deux mandats, a mis le pays dans la crise. Une bonne partie de l’opposition n’est pas pour un gouvernement d’Union Nationale, qui permettrait à Nkurunziza de rester au pouvoir. L’option envisagée, c’est la mise en place d’un gouvernement de transition, sans l’actuel chef de l’Etat.

Amnesty international a condamné fermement cet acte criminel ainsi que les autorités françaises.

On peut craindre que dans les semaines qui viennent, il n y ait pas d’accalmie, tant le régime en place ne joue pas franc jeu dans les négociations. Le CNDD ne veut pas discuter avec la CENARED mais peut-il en être autrement, quand on sait que la CENARED est la véritable opposition, donc représentative d’une bonne partie de la population burundaise. Ne pas prendre en compte son point de vue, c’est appeler l’échec des pourparlers d’Arusha.

Serge Bibang

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