La situation ubuesque de la Gambie

La situation ubuesque de la Gambie

154
0
PARTAGER

Les africains se demandent avec beaucoup d’inquiétude pourquoi une certaine classe politique occidentale prospère sur la base d’un discours xénophobe, voire raciste. Ce discours tend à affirmer que l’homme africain n’est pas encore rentré dans l’histoire, que son accès à la modernité n’est pas pour aujourd’hui. Donald Trump et d’autres vont jusqu’à affirmer que les pays africains devraient encore être sous le joug du colonialisme car ils ont été dans l’incapacité d’atteindre le développement.

Loin de nous l’idée d’épouser ces thèses qui dénigrent l’homme africain mais quand on se voit ce qui se passe actuellement en Gambie, il y a lieu de se poser des interrogations, quant à la capacité pour les africains à créer par eux-mêmes les conditions du progrès social et économique. Voila, un candidat à une élection présidentielle qui reconnaît sa défaite, puis, qui , quelques jours après déclare qu’il faut reprendre le scrutin. Cela relève de l’absurde total ; Samuel Becket et Eugène Ionesco ne feraient pas mieux pour illustrer la dimension ubuesque de la volonté à tout prix de conserver le pouvoir par tous les moyens, notamment par le ridicule.

YaYa jameh , a complètement dérouté les observateurs. En faisant ce volte-face , il a montré qu’ une bonne partie de la politique en  Afrique est une forme de tragi-comédie où tout le monde a un rôle à jouer.

Adama Barrow , en laissant entendre qu’il faut que Yaya Jameh  réponde de ses actes , n’a-t-il pas amené l’intéressé à du rétro pédalage ?

Un proverbe africain dit que « on peut mettre un bois dans l’eau pendant cent ans, cela ne le changera pas ». Cet adage semble convenir à Yaya Jameh . Cependant il faut reconnaître qu’Adama Barrow a été d’une maladresse patente en se précipitant dans des déclarations dures à l’égard de Yaya Jameh . En politique, il faut apprendre à mettre de l’eau dans son vin ; cela n’est pas un signe de faiblesse mais plutôt de la stratégie pour prendre le pouvoir sans embûches. Comme beaucoup d’autocrates YaYa Jameh, s’est sûrement cru menacé et a aussitôt pris la résolution de ne pas laisser le pouvoir. Adama Barrow a fait preuve de maladresse politique en pensant que sa victoire était entièrement acquise, alors que la passation ne s’est pas encore déroulée.

Serge Bibang

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE