La Minusca, à la croisée des chemins

La Minusca, à la croisée des chemins

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Prise de liaison et de renseignement avec des personnel civils.??Quartier PK5 de Bangui en République Centrafricaine, le 26 septembre 2014.??Intervention et arrestation commune MINUSCA - Sangaris ‡ PK 5. Lors d'une patrouille commune dans le quartier Fatima, composé d'une section de l’adjudant Julien DREYER du GTIA Acier du 16ème Battalion de chasseur (16ème BC) et d'un groupe de la MINUSCA camerounaise, ils ont été appelés pour vérifier un renseignement population : - arrivÈe sur la zone de PK 5 ; - prise de liaison avec des contrevenants ; - fouille de la zone; - fouilles des suspects, découverte d'armements (type grenades et pistolet en plastique) et arrestation des contrevenants ; - montée en tension de la population avec des barrages ; - tirs de sommation, repli tactique, Troop In Contact (TIC).

Avec une réduction notable des effectifs de l’opération Sangaris dans les semaines à venir, la Minusca va être dans une nouvelle configuration géo stratégique sur le sol centrafricain. Avec 12.000 casques bleus, l’ONU doit maintenant déployer plus de moyens logistiques pour stabiliser le pays. De toute façon le nouveau pouvoir n’a pas encore pu réorganiser une armée nationale qui permettrait de sécuriser tout le territoire, notamment le nord. Cela prendra du temps car il faut qu’un certain nombre de conditions soient posées ; il faut appliquer le désarmement, la démobilisation des groupes encore existant et la réinsertion de tous ces hommes dans l’armée. Il est donc clair que la Minusca doit être renforcé sur le plan du matériel technologique pour une plus grande efficacité. Celle-ci passe par l’approvisionnement en hélicoptères, en matériel roulant pour une plus grande mobilité.

Dans les prochains jours, l’enjeu va être d’amener les différentes parties à un dialogue national inclusif car malgré la normalité institutionnelle grâce à l’élection présidentielle, certains ex-chefs de la Seleka tente de reformer des groupes armés dans le nord ; c’est notamment le cas de Nurredine. Le président centrafricain est dans une situation très délicate où tout est à refaire ; une administration moribonde, des pans entiers de l’économie en faillite, des zones de non droit et le problème des réfugiés qu’il faut faire revenir au  pays.

Comme l’a expliqué  Monsieur Onanga Anyanga, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RCA, l’essentiel est que les hommes politiques centrafricains eux-mêmes comprennent la nécessité de s’asseoir autour d’une même table.

L’action conjointe des casques bleus et des soldats français de l’opération Sangaris a permis que les affrontements entre les communautés s’arrêtent. Le problème maintenant c’est de pouvoir être plus présent dans le nord du pays où il y a encore des groupes armés qui dictent leur loi en contrôlant certains trafiques, particulièrement celui du diamant, l’une des principales ressources du pays. La Minusca pourra-t-elle régler ce problème sans un apport logistique substantiel ? Il semble que non.

Il a été pris une résolution à l’Onu qui complique la tâche. Selon cette résolution, la Minusca ne doit pas intervenir militairement. C’est vrai que généralement la présence des missions de paix onusiennes n’a pas un objectif militaire mais quand on voit le nombre de casques tués lors de ces missions de paix, n’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur une redéfinition des interventions de certaines missions de paix.

Serge Bibang

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