Les dessous d’un disque philharmonique: Comment ABO et Gassita ont floué Issac...

Les dessous d’un disque philharmonique: Comment ABO et Gassita ont floué Issac John

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Les Gabonais et l’ensemble des téléspectateurs ayant regardé l’émission « Complément d’enquête » sur France 2, consacrée au Gabon, se souviendront longtemps des révélations et scandales exposés dans le film.

On voit par exemple, dans une de ses séquences, le Président du Gabon rouler les mécaniques dans le studio d’enregistrement londonien le plus prestigieux, où il enregistrait un disque jazz qui promet de faire un tabac. Mais ce disque a sa petite histoire que le documentaire n’a pas révélée.

En effet, l’idée de cette oeuvre discographique est venue du duo Ali Bongo-Frédéric Gassita, le fameux jazzman gabonais. Pour la concrétiser, Frédéric Gassita a pris l’avion pour Paris afin d’y rencontrer Isaac John, un Gabono-Ghanéen très calé dans le son et le jazz, pour obtenir son expertise technique. Marché conclu, et Gassita rentre au Gabon pour faire une compilation des rythmiques traditionnelles du terroir. Il repart à Paris avec les sons qu’il confie à Isaac John, à charge pour ce dernier de préparer les maquettes. C’est sur ces maquettes que l’orchestre philharmonique de Londres, loué par Ali Bongo, a joué dans le studio d’enregistrement.

Le documentaire a montré Ali Bongo faire l’intéressant pendant l’enregistrement, tandis que Frédéric Gassita jouait le métronome. Isaac John, lui, était dans l’ombre. Selon le commentateur du film, cette séance d’enregistrement a coûté 35.000 euros au jazzman Ali, soit plus de 25 millions de F CFA. Isaac John, quant à lui, n’a perçu, pour son travail d’expert, que la ridicule somme de 700 euros, soit moins de 500.000 F CFA, en deux tranches, des mains de Frédéric Gassita. Qui l’eût cru? Aujourd’hui, John Isaac ne cache pas son amertume auprès de ses connaissances à Paris.

Il en veut sérieusement à ceux qui l’ont roulé comme on donne un bonbon à un gosse.

Junior Akoma

 

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