Départ de la CPI : des pyromanes qui crient au feu

Départ de la CPI : des pyromanes qui crient au feu

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L’Afrique du Sud et la Gambie ont décidé de quitter la CPI. C’est un coup dur pour la justice internationale. Fondée en 1998, la CPI a pour but de juger et condamner les ressortissants d’un pays coupable d’exactions et de crimes sur les populations du même pays, sur le territoire donné.

Déjà, depuis des années, les pays africains accusent la CPI de pratiquer une justice de « deux poids, deux mesures ». Ce sont essentiellement des dirigeants africains qui sont arrêtés, jugés et condamnés. Pour bon nombre d’africains, la CPI est un  instrument de néo-impérialisme qui évite de juger les hommes politiques occidentaux et orientaux coupables de crimes.

L’Afrique a décidé de quitter la CPI pour affirmer sa pleine souveraineté ; on se rappelle que Jacob Zuma n’a pas hésité à refuser l’extradition d’Omar El Béchir qui se trouvait sur le sol sud-africain lors d’un sommet. Le président sud-africain avait dit faire valoir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Pas étonnant donc que ce pays ait décidé de quitter cette institution judicaire internationale.

La Gambie, qui a un régime répressif, a décidé lui aussi de quitter la CPI. On peut y voir là, de la mauvaise foi car les juridictions nationales des pays africains, dans leur majorité sont incapables de juger et condamner leurs dirigeants qui se rendent coupables de crimes contre les populations. Dans ce cas de figure, l’importance de la CPI même si, il y a des améliorations à effectuer quant à son fonctionnement, est de mise.

Le Burundi qui aouvert le bal de ces départs de la CPI est tout, sauf un exemple à suivre.  Son président, Pierre Nkurunziza, veut se débarrasser « de cette contrainte » qu’est la CPI,  pour continuer dans l’impunité, à mater, tuer les Burundais à sa guise. Sans crainte de quelques représailles, internationales fussent-elles.

Le rôle préventif et punitif de la CPI gêne les dirigeants africains, car beaucoup d’entre eux commettent des exactions sur leurs propres peuples. Dans un pays comme le Gabon, où il y a eu de nombreux morts après la présidentielle, la CPI doit enquêter et dégager les responsabilités des uns et des autres dans ces exactions. Les juridictions gabonaises ne pourront jamais le faire, car inféodées au pouvoir. La mise à l’index de la CPI par les Africains doit être nuancée ; du fait que ces Etats africains ne sont pas encore outillés juridiquement, au plan local, pour juger et condamner leurs dirigeants. Qui jugera Omar El Béchir  au Soudan? Yayah Jameh  en Gambie ? Pierre Nkurunziza, au Burundi ? Ali Bongo Ondimba, au Gabon ?, etc. De véritables pyromanes qui crient au feu.

Serge Bibang

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