2000 fonctionnaires sous bons de caisse : Pouvoir contre syndicats

2000 fonctionnaires sous bons de caisse : Pouvoir contre syndicats

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Emmanuel Issoze Ndondet, Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

Pour tordre le cou à la grève illimitée des enseignants de l’Education nationale, le gouvernement gabonais avait rayé plus de 800 d’entre eux des effectifs de la Fonction publique, début 2017. Trois mois après, ce sont les agents grévistes des ministères de la Santé et des Affaires sociales qui paient le pot cassé. Plus de 2000 d’entre eux ont été mis sur bons de caisse à compter de la paie du mois de juin 2017.

C’est la méthode choisie par le gouvernement pour rompre la grève illimitée déclenchée dans les services de Santé publique et des Affaires sociales depuis le 15 mai dernier. Les revendications, légitimes à n’en point douter, des agents de la Santé, plus nombreux, portent sur la régularisation de leur situation administrative et financière, l’ouverture des écoles de santé sur l’ensemble du territoire national et de formation continue du personnel, le paiement de la dernière Prime d’incitation à la performance (PIP).

En optant pour le bras de fer face aux syndicats, le pouvoir vient, une fois de plus, de montrer son incapacité à apporter des réponses idoines aux préoccupations essentielles des Gabonais, et dans des secteurs aussi prioritaires.  C’est une preuve de plus que le Gabon va mal.

Les raisons avancées par le gouvernement pour justifier cette mesure coercitive laissent transparaître une chasse aux ‘indignés’. Elles ne convainquent ni ne rassurent. Quelles sont-elles ?

Pour les pouvoirs publics, cette mesure vise à mettre de l’ordre dans les rangs. «Il s’agit d’une opération d’assainissement qui vise à mettre à jour l’effectivité des postes de travail existants tout en certifiant et en créant des codes d’établissement pour ceux qui n’en ont pas. Cette opération vise également à connaître la taille réelle de chaque structure administrative à travers les agents qui y sont affectés et de justifier le coût salarial de chaque agent et de chaque structure. Elle vise à corriger les erreurs matérielles contenues dans les situations administratives de chaque agent», poursuit le communiqué du Trésor public qui a annoncé cette décision.

Tuer l’action syndicale

Pour le gouvernement, il est question de repérer les électrons libres, les déserteurs, ceux qui continuent à proroger volontairement leur temps de stage, stopper le paiement des fonctionnaires expatriés et qui continuent de percevoir un salaire une fois retournés dans leurs pays respectifs, dresser une cartographie des effectifs et maîtriser la masse salariale.

«Cette opération vise aussi à identifier les agents qui travaillent effectivement et qui, une fois les informations mises à jour, seront immédiatement remis dans leur mode de règlement habituel pour compter du mois de juillet 2017», précise le Trésor Public. Cependant, ceux ayant abandonné leurs postes pourront subir des sanctions encore plus sévères. «Les autres par contre seront maintenus en bons de caisse, voire suspendus dès le mois de juillet s’il n’y a ni reprise de service, ni identification claire de leurs positions», prévient le communiqué. «Le gouvernement rappelle que la mise en bon de caisse constitue simplement un changement du mode de règlement, habituellement usité par l’Administration pour des besoins de contrôle de l’effectivité de la présence au poste des agents, de la réalisation des missions de service public par ces agents et de la vérification de la localisation géographique de chaque agent», conclut le communiqué.

Loin d’être une initiative des ministres du Budget, Mathias Otounga Ossibadjouo, et de la Fonction publique, Jean Marie Ogandaga, cette mesure de mettre ces agents sur bon de caisse a été prise en application de la Loi, sur instruction du Premier ministre. Pour ceux qui ont violé la règle, c’est-à-dire ceux qui ont troublé l’ordre public, leurs salaires seront suspendus et leurs bons de caisse vont retourner au trésor public.

Cela ne signifie pas autre chose que vouloir interdire l’action syndicale, ce qui est illégal.

N.T

 

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